I. Tortues de terre ou Chersites
Avant de faire connaître les deux Chéloniens dont je viens de parler, je dois signaler les renseignements précieux que les collections rapportées de la côte occidentale d'Afrique nous ont fournis sur l'origine de la Tortue sillonnée (T. sulcata, Miller), et sur le genre que M. Th. Bell a établi et nommé Cinixys, en raison de la mobilité du disque dans sa région postérieure 2.
1. J'explique page 165, pourquoi je ne laisse pas cette espèce dans le genre Cryptopode, ains,que je l'avais fait dans un premier travail (Reçue de zoo/., 1856, p. 374, Note sur les Reptiles du Gabon).
2. De xviia, je remue, et de lombes. Cette mobilité n'est pas absolument comparable à celle du sternum, qui se remarque chez plusieurs espèces, et dont les Cistudes ou Tortues à boîte offrent un exemple remarquable. Ici, il n'y a pas de charnière aussi complèle : au niveau de la colonne vertébrale, et il ne peut pas en être autrement à cause de la moelle épinière, les pièces sont solidement réunies. De chaque côté, cependant, la ligne suivant laquelle le mouvement s'exécute est indiquée par l'écartement que laissent entre elles les V et 3' plaques costales et les 7e et 8e plaques marginales. Cette
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Nous avons, en effet, acquis la certitude que la Tortue sillonnée vit au Sénégal. Elle se trouve aussi dans les différentes parties de l'Afrique australe, (A. Smith, Illustrations of the zool. of South Africa, append., p. 1 ). Ce n'est donc ni de la Guadeloupe, ni du Démérari, que des échantillons envoyés aux Musées de Paris et de Londres étaient originaires.
Les trois espèces du genre Cinixys, on le sait positivement aujourd'hui, vivent en Afrique et, en particulier, à l'ouest.
Outre les renseignements donnés sur ce sujet par M. Th. Bell dans le t. XV des Trans. of the Linn. Soc, où il a décrit et représenté (p. 398-401, pl. 17) les C. Homeana et casteana seu erosa, qui provenaient, l'une de l'Afrique sans désignation plus spéciale, l'autre de la côte occidentale, on trouve des témoignages à cet égard dans les écrits de différents zoologistes. Ainsi, l'on doit à M. Hallowell la figure et la description d'une C. rongée, apportée vivante de Liberia (Journ. Acad. nat.sc. Philad, 1839, t. VIII, part, i, p. 161), fig. pl. 8 et 9, sous le nom de C. denticulata, (Test, dentïcul., Shaw); M. Berthold (Nova acta Acad. Cœs. Léon. nat. cur., t. XXII, 2e partie, p. 421, 1850 [1845], pl. 13-15) a représenté une C. de Home recueillie sur la côte ouest d'Afrique. De cette côte, provient également un exemplaire acquis, en 1854, par le Musée de Paris en même temps qu'une carapace de l'espèce précédente et que d'autres reptiles, qui ont été pris au Gabon commme ces tortues. Enfin, le Musée britannique a reçu des mêmes régions ces deux espèces ainsi que la Cinixys de BelL
disposition remarquable du squelette est représentée sur la fig. 1 de la pl. XIII, qui montre la face interne de la carapace où l'on voit en a la ligne suivant laquelle le mouvement s'exécute.
La substance fîbro-cartilagineuse interposée aux pièces mobiles permet le mouvement; il est dû à l'action de» faisceaux musculaires insérés à la voûte osseuse. Ces muscles, remplissant l'intervalle postérieur du sternum et de la carapace, tiennent lieu des grand oblique et transverse des autres animaux, et ont pour principal usage, chez tous les Chéloniens, ainsi que Duvernoy l'a démonlré, de contribuer à l'accomplissement des phénomènes d'expiration [Bullet. de la Soc. philomat., an xiii, n° 97, p. 279, et Leçons d'anat. comp. deCuvier, 2e édit., t. VII, p. 216). Lorsque, chez ces Tortues d'une structure exceptionnelle, les muscles dont je viens de parler te contractent en prenant leur point d'appui fixe sur le sternum, les pièces osseuses de la carapace s'infléchissent et s'abaissent vers le plastron.
Le lieutenant Friend, cioé par M. Th. Bell, a vu vivante la Cinixtjs de Home, et il a été témoin des mouvements de flexion de la boite osseuse. Plusieurs Cinixys rongées, que M. Aubry-Lecomte espérait pouvoir déposer dans notre Ménagerie, ont succombé pendant la traversée, et cous nous sommes trouvés ainsi privés de l'occasion d'étudier ce singulier mécanisme.
Celle-ci ne se trouve pas dans notre collection; M. Peters en a rapporté à Berlin un individu pris sur la côte de Mozambique (Monatsber. der Kœn. Preuss. Akad., 1854, p. 215), et M. Gray a décrit et fait figurer cette dernière espèce ( Cat. ofTortoises, iu-4°, 1855, p. 13, pl. 2).