‹ Résection intra-fébrile du genouChapitre 11 sur 25 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous avons recueilli dans le service du D' Azouter 26 observations de « Résection Intrafébrile du genou avec écartement temporaire », observations échelonnées pendant les années 1916 et 1917. Nous avons pratiqué personnellement 5 résections.

Il est intéressant d'étudier la proportion des résections par rapport au nombre total d'opérations primitives conservatrices pour plaies ostéo-articulaires du genou. Nous laisseronsnaturellement de côté les résections et les amputations primitives.

. En 1916 on a pratiqué dans le service : 78 interventions primitives : arthrotomies suturées primitivement ou secondairement, arthrotomies avec arthrostomies de décharge suivant la technique indiquée par TANTON, ALQUIER et VILLEMIN.

Ces 78 opérations ont donné 27 échecs soit 66 0/0 de succès et 34 0/0 d'échecs. Les 27 échecs ont évolué de la façon suivante. À

10 fois le drainage large avec ou sans irrigation s'est montré suffisant.

17 fois, il a fallu pratiquer la résection, ce qui donne un pourcentage de 21 o/o de résections intrafébriles.

En 1917, 84 interventions conservatrices ont donné 14 échecs,

soit 84 0/0 de succès et 16 o/o d'échecs.

Ces 14 échecs se décomposent ainsi :

5 échecs relatifs, c'est-à-dire guérison par l'arthrotomie de draînage après une période de suppuration plus ou moins longue.

9 résections, ce qui donne un pourcentage de 10 0/0 de résections.

Donc en 1917, par rapport à 1916, les échecs sont moilié moins nombreux, ce qui s'explique facilement par les perfectionnements de la technique et la meilleure organisation des évacuations. Parallèlement le nombre des résections intrafébriles a diminué de moitié.

A ces 26 observations. nous ajouterons 2 résections pratiquées avec la même technique dans un service voisin par le docteur RÉCAMIER que nous tenons à remercier de l'obligeance et de l'amabilité dont il a fait preuve en nous communiquant ses observations et en nous permettant de suivre ses opérés.

Les 28 résections intra-fébriles ont donné :

26 guérisons : c'est-à-dire survie avec conservation du membre,

1 amputation de cuisse suivie de guérison,

1 mort après amputation, soit au lotal 7.1 0/0 d'échecs et 3,1 0/0 de mortalité.

Un de nos blessés (Obs. XXV), mulliblessé (arthrile suppurée du genou malgré une rotulectomie, fracture comminulive des deux os de l’avant-bras gauche, plaie pénélrante du sinus frontal avec hernie cérébrale) chez lequel nous avons pratiqué une réseclion intra-fébrile en juin 1917, a succombé le 14 septembre 1917 à un volumineux abcès cérébral du lobe frontal consécutif à sa hernie. Son genou était cicatrisé indolent, presque solide.

Cette observation ne saurait donc être portée au passif de la’ résection.

Nous ne rapporterons pas in extenso ces 28 observations qui présentent beaucoup de points communs : nous nous efforcerons

simplement de mettre en relief les caractéristiques importantes.

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de chacune d’entre elles et de les grouper.

Nous étudierons successivement :

1°) Les interventions pratiquées avant la résection.

2°) La date de la résection par rapport à la blessure.

3°) Les lésions ostéo-articulaires et paraarticulaires.

4°) Les symptômes généraux observés chez les blessés …

1° Interventions pratiquées avant la résection

Dans tous les cas, la résection n'a été pratiquée qu'après la mise en œuvre de toutes les ressources du traitement conservateur.

L'intervention primitive de désinfection avait consisté après excision du trajet en l'ouverture large de l’article, l'extraction des. éclats et débris vestimentaires, nettoyage du foyer osseux (curettage ou esquillectomie économique). Dans 5 observations, on avait pratiqué la fermeture primitive complète de l'article.

Dans 6 observations, on avait lerminé l'intervention par une arthrostomie de décharge uni ou bilatérale.

Pour lereste des observations enfin l’article avait été laissé largement ouvert avec drainage au moyen de mèches au contact ou de drains irrigateurs.

Ces 28 observalions sont donc toutes des échecs de l'inter-vention primitive de désinfection.

Cependant, malgré la suppuration de l'article la résection nefut pas pratiquée immédialement. Dans la majorité des cas sauf” quelques-uns dans lesquels, la gravité des phénomènes généraix réclamait une intervention radicale urgente, le traitement conservateur fut institué quand même.

On rouvrit largement l'article, on compléla un drainageinsuffisant, on tenta la désinfection chimique au moyen d'anti-

septiques variés. (Liqueur de Dakin, alcool camphré, éther,) on

pratiqua une large arthrotomie en V avec section des ligaments datéraux comme le recommande le Professeur DELBET, puis “après une synovectomie complète on installa le genou en flexion avec irrigation.

Ce n’ést qu'après l'échec certain de ce traitement devant l'état

général grave que l’on se décida à réséquer.

2° Date de la résection par rapport à la blessure.

Nos observations se classent tout naturellement en résections -intrafébriles précoces et réseclions intrafébriles tardives.

11 sont des résections secondaires précoces, c'est-à-dire prati- -quées dans la première semaine après la blessure.

1 au 2° jour.

2 au 3° jour.

2 au 4° jour.

2 au 5° jour.

1 au 6° jour.

3 au 7° jour.

17 sont des réseclions secondaires lardives.

1 au 9° jour. \ 2 au 10° jour.

3 au 11° jour.

2 au 15° jour.

1 au 18° jour.

l'au 19° jour.

au 20° jour.

‘l'au 22° jour.

1 au 32° jour.

1 au 40° jour.

1'au 42° jour.

1 au 90° jour:

1 au 92° jour.

sg —

Ces interventions tardives sont évidemment plus graves que les réseclions secondaires précoces puisqu'elles ont donné deux échecs : 1 mort et 1 amputation ; mais les 15 guérisons prouvent que la condamnation de l’intrafébrile tardive est imméritée et que cette intervention réussit en général à sauvegarder

l'existence et le membre.

3° Lésions ostéo-articulaires et para-articulaires

a) LÉSIONS OSTÉO-ARTICULAIRES. — Dans 24 cas sur 28, il existait des lésions osseuses. Ces 24 cas se décomposent ainsi : es cas, Obs. 1, 7,9, 12, 19. Lésions du tibia avec projectile inclus et fissure intra-articulaire.

10 cas. obs. 2, 3,5, 8, 14, 16, 18, 20, 26, 27. Lésion d'un des deux condyles fémoraux.

1 cas, obs. 28. Eclatement d’un plateau tibial.

? cas, obs. 6 et 23. Eclatement d’un des condyles fémoraux.

1 cas, obs. 11. Tunnellisation de la région bulbaire du fémur.

2 cas, obs. 17 et 24, Eclatement de la rotule.

.1 cas, obs. 10. Fracture de la rotule et du tibia.

1 cas, obs. 21. Fracture de la rotule et-d'un condyle fémoral.

1 cas, obs. 4. Fracture verticale double du condyle fémoräal interne et du plateau tibial interne.

Dans 17 cas. il existait donc des lésions osseuses peu considérables ou tout au moins limitées (fracture isolée d'un condyle, de la rotule). Les 7 autres blessés au contraire étaient porteurs de graves lésions osseuses souvent multiples ce qui explique facilement l'échec de l'intervention primitive.

Dans 2 observations, l’on constata au moment de l'opération de l'ostéomyélite diffuse des épiphyses.

Obs. I. L'épiphyse tibiale est criblée de petits abcès aréolaires.

Obs. XXIV. Les condyles fémoraux sont transformés en éponge

purulente.

b) LÉSIONS PARAARTICULAIRES AU MOMENT DE LÀ RÉSÉCTION :

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