CHAPITRE IV
Indications de la résection intra-fébrile
L'étude de ces observalions nous montre nettement que, si l’arthrite suppurée est devenue une complication: rare des plaies du genou, elle reste assez fréquemment néanmoins une complicalion redoutable.
Si nous nous reportons aux chiffres donnés dans lechapitre précédent, nous voyons que 35 0/0 des arthrites suppurées observées ont guéri par l’arthrotomie de drainage ou l’arthrostomie. L’arthrotomie large en particulier, préconisée par le professeur DELBET, c'est-à-dire L'ARTHROTOMIE EN V AVEC SECTION DES LIGAMENTS LATÉ- RAUX ET EXTENSION CONTINUE DU GENOU a donné des résul- Lats remarquables. BÉRARD, qui en rapporte deux succès dus à Caurro, a enregistré cependant deux échecs. personnels, suivis d'amputalion de cuisse ; nous l'avons vue également échouer. Il ne nous a pas semblé que l'irrigation au Dakin constitue dans ces cas un adjuvant efficace. Il nous faut donc retenir que dans 65 0/0 de
nos observalions, l’arthrotomie de drainage a été 1m-
Ho ;
‘puissante à enrayer l'infection : la lempéralure restait élevée, l’état général était grave el dans ces cas la résection avec écartement à élé pratiquée systématiquement. Nous rappelons les résullals obtenus : 7,1 0/0 d'échecs, c'est-à-dire d’amputations et une mortalité de 3,1 0/0.
Celle conduite opératoire est-elle critiquable ; fautil temporiser, continuer le drainage, ouvrir une fusée purulente, pratiquer une csquillectomie économique secondaire s'il existe de l’ostéomyélile ? Nous ne le -Croyons pas.
Nous basons celle affirmation :
1° Sur les statistiques chirurgicales fournies par l'arthrolomie de drainage.
2° Sur l'observation des séquelles des ostéo-arthriles suppurées.
Les statistiques des différents chirurgiens qui ont eu à soigner des arthriles suppurées et qui les ont traitées par l’arthrotomie ne sont guère encourageantes. Cependant il ne faut pas attacher une importance trop considérable à ces statistiques, elles sont un peu anciennes, -datent du temps où l’on ne pratiquait pas encore l'arthrotomie primitive aseptique où l’on faisait l’arthrolomie classique avec drains, intervention bien illusoire pour le drainage réel de l’article. Actuellement, l'arthrotomie large donne sans conteste de bien meilleurs résultats, de même sans doute la méthode de Wilhems c'est-à-dire la mobilisation active de l'article infecté et
-arthrotomisé, méthode très séduisante mais dont nous
Le
n'avons pas encore d'expérience personnelle et pour laquelle comme pour l'arthrotomie large nous manquons encore de statistique d'ensemble. C'est pourquoi nous croyons utile de rapporter les chiffres suivants :
Auvray, sur 34 arihriles suppurées du genou accuse 29 guérisons el 5 morts soit une mortalité de 14,7 0/0 ; il à pratiqué 21 arthrolomies avec 20 guérisons et 1 mort mais il a dû ampuler 9 de ces blessés d'où la proportion de 29 o/0 d'amputalion. |
BarxsBy rapporte 35 cas d’arthrile suppurée avec une mortalilé de 25 0/0 et 17 o/o d'amputalions.
MarriN donne une mortalité de 26,6 o/o et 26,6 0/0 d'ampulalions, 9 arlhrolomies avec ? morts el ? ampulations.
BÉranb sur 75 cas à praliqué 37 arthrolomies, sa stalistique générale est la suivante : 11 morts, soit 14,5 0/0 et 23 ampulations, 30 o/o. BérarD dil avoir praliqué 2 fois l’arthrotomie large en V avec la méthode de Carrez et l'extension continue par l'élrier de Caurro. Celle technique lui a donné ? échecs, 2 ampulations de cuisse.
La stalistique de P. Duvaz donne une mortalité de 27,6 o/o et 30,8 0/0 d’ampulalions.
D'autre part ces genoux qui ont suppuré longlemps et ont fini-par guérir après de multiples incidents (poussées d’ostéomyélile, fusées purulentes) sont ankylosés ou bien ont des mouvements tellement limités qu'ils sont inutiles au point de vue fonclionnel, et en cas d'ankylose on sait qu'un membre raccourci vaut mieux pour
la marche qu'un membre aussi long quele membre sain.