‹ Résection intra-fébrile du genouChapitre 14 sur 25 · LEUR · texte numérisé non relu

LEUR

A l'espoir hypothétique d'une récupération fonclionnelle tardive par la mobilisation ou par une arthroplaslie il faut opposer les séquelles de ces ostéo-arthriles suppurées.

Bien souvent l'ostéo-arthrile devient chronique, le genou reste gros, douloureux ou bien l'ostéomyélile chronique s’installe s’il existait des lésions osseuses. I} faut réopérer, enlever un séquestre, cureter le Lissu spongieux épiphysaire si propice à la dissémination de l'infeclion et si peu aple à la restauration et cela à plusieurs reprises ; dans certains cas, l’on aura recours finalement en désespoir de cause à la réseclion tardive.

Nous avons pu suivre dans un hôpital de l'arrière 4 blessés arthrotomisés porteurs de lésions osseuses, qui après plus d'un an de traitement et d'interventions successives élaient encore alités avec un genou douloureux et fistuleux. Les observalions de ces 4 blessés ont élé rapportées dans un article de G. Colle (Zyôn chirurgieal, janvier-février 1916) et l’auteur conclut en disant: « Pour notre part les faits que nous avons eu l’occasion d'observer nous ont donné la conviction que la consolidation ainsi oblenue après de longs mois de suppuralion laissait souvent après elle de l'ostéomyélile ou de l'arthrite avec des fistules ou des douleurs qui rendaient le résultat beaucoup plus aléatoire. »

Nous avons actuellement dans le service du docteur Alquier un blessé dont l’observalion est bien démons-

tralive à cet égard.

P..., blessé le 27 septembre 1917, à 19 heures, Opéré le 28 septembre 1917, à 1 heure.

D. d'entrée. Plaie en seton du genou avec éclatement des

condyles. <

Intervention (à l'avant). Excision des orifices, arthrotomie en U avec section transversale de la rotule, on constate alors une fracture sus et intercondylienne, ablation des esquilles, nettoyage du foyer. Fixateur fort de Bouchon {formol à 40 0,0,. eau de Javel, 2 tubes de Carrel pour Dakin.

Suture de la rotule, suture de la peau au niveau de l'incision en V ; on laisse l'incision de débridement interne au niveau de l'orifice du projectile largement ouverte. ? tubes de Dakin.

Les huit premiers jours la température oscille entre 38 et 390.

6 octobre. La température monte à #0, oscillations de température de 38 à 40 pendant un mois et demi, puis sous l'influence de contre-ouvertures, de débridements, de lavage à l’éther, elle s'abaisse et vers le 5 décembre elle ne dépasse guère 38°.

Le ? janvier le blessé entre dans le service.

Blessé très faible, très amaigri O = 38. Volumineux œdème du mollet. Persistance de ? trajets fistuleux suppurant très abondamment. (Il faut panser le blessé tous les jours). Les trajets conduisent sur le condyle interne complètement dénudé et friable. 6

La fracture sus condylienne n'est pas consolidée.

La radiographie montreune nécrose des condyles surtout de l’interne qui apparaît flou, les lrabécules à peine distinctes. L'interligne articulaire est à peine visible.

Les jours suivants la température oscille entre 37°5 et 385.

Le 6 janvier on pratique la résection du genou.

Le lambeau en U relevé, on aborde l’ancien foyer de fracture qui n'est pas consolidé. Il existe une bascule considérable en arrière des condyles.

Le fragment supérieur est complètement nécrosé, en partie

pee

séquestré. Le canal médullaire rempli de pus et de fongosités. Réseclion diaphysaire juste au dessus des lésions.

L'interligne articulaire est très difficile à trouver. Les condyles fémoraux, l'épiphyse tibiale supérieure, la rotule sont transformées en une éponge purulente très friable que l'on enlève par morcellement. 1] ne persiste plus que de petits flots de car-

tilage articulaire, érodés et verdâtres.

Tous ces fails nous permettent maintenant de conclure et de poser neltement les mdications de la REéSEc- TION INTRA-FÉBRILE DU GENOU.

Si l'infeclion se déclare el st malgré l'arlhrotomie large, la mise à plat aussi complète que possible de l'arlicle, la lempéralure resle élevée, l'élal général grave, surtout s'il exisle des lésions osseuses importantes, il fault pratiquer la résection.

À quel moment précis faut-il intervenir, il est impossible de le dire? C’est affaire d'espèce el de sens clinique, il faut savoir ne pas lrop attendre, car alors on arriverait trop tard el l’on serait conduit à .une amputalion. La résection secondaire précoce donne cerlainement les meilleurs résultats, mais nous rappellerons que dans 17 cas l'intervention a été faite tardivement du 10 au 90° jour après la blessure avec les résultats suivants : 15 succès, 1 amputation, 1 mort.

Il faudra essayer la résection même si le cas parait très grave, nous rappelerons que dans plus d’un 1/3 des observalions il existait des contre indications classiques à la résection {ostéomyélite diffuse des extrémités fu-

sées purulentes, gangrène gazeuse au début), l’exérèse

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: semblait s'imposer, la résection a donné des résullats inespérés et beaucoup de ces reséqués guéris sont des res-

pe Lee de ! ‘ampulation: ; La résection secondaire doit donc précéder l'amputare lion qui n'a due êlre pratiquée elle-même après résection que dans 7,1 pie des cas, proportion réellement . Ps infime. | s LES L'ampulalion secondaire pour arthrile suppurée du #4 S = genou est donc devenue une intervention exceplionnelle.

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