TECHNIQUE
Nos observations portent sur dix-huit mois. Quelquesunes, par suite d’un court séjour, ou de cachexie avancée, ou de mort, ne comprennent que des examens peu nombreux. L'intérêt de ceux-ci est de montrer si une ou deux épreuves paraissent s’accorder avec l’évolution de la maladie et l’efficacité d’un collapsus.
Ce sont des femmes de moins de quarante ans que nous avons suivies — à l’exception de six hommes. — Nos chiffres sont inférieurs généralement à ceux de A. Lanpau, B. GLass, À. Pruszczynskt, dont les recherches s’effectuèrent sur des hommes.
Pécuer fixe le taux normal entre deux litres trois quarts et trois litres et demi chez les femmes. Le docteur RUFFIER, dans un article paru dans Clinique et Laboratoire, Mars 1935, remarque que les femmes sont souvent de grandes insuffisantes respiratoires et abaisse la moyenne en indiquant trois litres comme un chiffre très rare. Il signale comme cause la sédentarité et la tendance à l’adiposité, élément dont il faut tenir compte spécialement dans la vie au sanatorium. La décroissance de la capacité n’est indiquée normalement par PÉCHER qu'après soixante ans.
L'appareil que nous avons utilisé est le spiromètre d’Hurcxinsox. C’est une cloche de verre graduée, renver--
ob
sée sur une cuve à eau et maintenue en équilibre par un contre-poids. Un tube de caoutchouc du calibre de la trachée communique par un tube en verre vertical à la cloche, qui est soulevée par une expiration forcée. L’encombrement de cette instrumentation est un inconvénient bien minime dans les hôpitaux, cliniques et les sanatoriums. Pour le cabinet médical, on a proposé le spiroscope de Pécaer : seulement, il faut remplir d’eau le flacon avant chaque exercice. Le pulmomètre, le spiromêtre sec de BARNES corrigent cette difficulté, mais ils sont assez volumineux. Plus commode, plus transportable est le Boulitte Verdin, qui fonctionne par déplacement d’air dans des souffliets.
La technique consiste en une inspiration forcée, suivie d’une expiration forcée dans le spiromètre. L’inspiration doit être strictement nasale et l’expiration à la fois nasale et buccale. Méthode difficilement réalisable, car la perméabilité nasale parfaite n’est pas de règle chez les tuberculeux. Pratiquement, on obtient une pénétration nasale et buccale. Il faudrait, en effet, que les muscles dilatateurs ouvrent volontairement les narines. D’après RUFFIER, certains malades ne le pourront jamais : le courant d’air fait accoler les aïles du nez, qui sont aspirées. D’autres ne comprennent pas. Enfin, il en est qui ne savent pas souffler, ou qui ont peur de respirer.
Chacune de nos observations a comporté trois épreuves et nous avons retenu la moyenne. Les sujets examinés étaient assis; les uns sont fatigués et, pour tous, le relà-. chement musculaire est ainsi plus complet. Ils peuvent consacrer le maximum de leur effort à l’acte demandé. D'ailleurs, le changement de position modifie la capacité (BockrmuL), et il faut surtout éviter de laisser les patients couchés. « L'’irrégularité naturelle de l’expansion thoracique est augmentée, dit DAUTREBANDE. Au moyen de calques orthodiagraphiques, il est aisé de démontrer que l’abaissement du diaphragme est entravé. Or, un abaisse-
ment de trois centimètres du dôme diaphragmatique fait
à lui seul entrer cinq cents centicubes d’air dans les poumons. »
B3oRKMAN constate qu’en position latérale, le poumon le plus déclive, bien que comprimé, effectue des échanges gazeux plus considérables que l’organe supérieur. Ce paradoxe s’explique par une circulation sanguine hypotensive, produisant une meilleure irrigation.