‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 12 sur 94 · CAUSES DE LA FORMATION DES TORRENTS · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA FORMATION DES TORRENTS

très bien ressortir ce fait que les dégâts causés par les transhumants sont bien plus désastreux, en mettant même le nombre de cote, que ceux produits par les moulons du pays. « Sur le sol rocailleux des plaines de la Provence, dit-il, Therbe est rare ; et les moutons, pour y vivre, doivent, à Taide des pattes et du museau, soulever les pierres pour dévorer la racine même des plantes. Ils transportent dans les Alpes cette habitude dont les conséquences sont incalculables. De plus, ils sont afTamés par une longue route, et ils ne laissent aucune trace de l'herbe naissante. »

Ce n'est pas que les moulons indigènes soient inoffensifs ; comme les autres, ils ont les pieds coupants et Thabitude de manger l'herbe par un mouvement saccadé du museau, deux circonstances très défavorables au point de vue qui nous occupe ; les dégâts causés par leur pjïlurage viennent s'ajouter à ceux des troupeaux étrangers.

Il faut tenir compte aussi des chèvres ; celles-ci sont au nombre de 130.000; et ;i certains égards, la chèvre est plus nuisible que le mouton ; elle peut grimper sur les rochers les plus escarpr?s et causer des ravages sur des points que ne peuvent atteindre les autres animaux. Quand elle s'échappe dans les forêts qui avoisinent les pjïlurages, elle ronge les liges des jeunes arbres et leur fait d'autant plus de mal qu'elle peut les atteindre à une grande hauteur en se dressant sur ses pattes de derrière.

Ainsi, €Ji resumf?, la cause primitive de la formation des torrents dans les Alpes est le déboisement et l'abus du pâturage. Les terrains sur les(iuels reposent ces montagnes étant facilement attaquables par les agents atmosphériques une fois qu'ils sont découverts, sont à un moment donné entraînés par les eaux dont la violence, grâce k la situation climatérique, est plus grande que dans d'autres contrées.

CDAPITRE IV

Page 1