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F0BH4TI0N DES LITS DE DÉJECTION

J'ai défîni,dans le chapitre précédent, la penlc de compensation et la pente de divagation.

Je vais chercher maintenant à expliquer comment se forme lo lit do déjec'ion d'un torrent complet.

Je supposerai d'abord que les proBls de compensation et de divagation soient des lignes droites.

On distingue trois phases dans la formation du lit de déjection,

SI. 1" PHASB. —La gorge du torrent dont l'axe est AB, ab {iig. 29) débouche au flanc d'une montagne par une échancrure,

fonSIATION DKS LI1;> DE DIUIXTION 07

au-dessus d'une plaine d'alluviuris CD occupait le fond de la vallée, J'admeLlrai lout d'abord, pour ne pas cumpliquer la fig-uro, que l'eau tombe vcrLicalcmeriL de la montagne dans la plaine, que., celle-ci se trouve à peu près en plan horizonlal, et que la surfact de séparation de la montagne el de la plaine csl un plan perpeiiy diculairc à l'a'ce de la gorge, plan dont la trace est GK.

Jusqu'alors ce cours d'eau n'a donné que de l'eau claire ; des troubles vicuacnt de se produire dans le bassin de réceptioon et des malériaux arrivent à l'extrémité de la gorge.

Ces matériaux descendent d'abord le long de la montagne en suivant la ligne de plus grande pente. Arrivés au fond, ils restent entassés eu forme de cûne comme le sable d'un sablier; il va seulement cette différence que dans le sablier il se forme un cône complet, tandis que le cône torrenliel, qui a son summet sur le ilanc de la montage, est incomplet.

11 est facile d'en déterminer les projections. Une fois que ce petit cône est complètement formiî, ses génératrices, dont l'une est EF, sont dirigées suivant la pente de divagation. Son sommet se projette borizonlalement on 6 et le point F en /, sur la trace al du plan vertical ABCD, Si donc, du point h comme centre, avec bf pour rayon, je décris une demi-circonférence cfc' , le demi-cercle bcfc sera la projection horizontale cherchée.

A mesure que les déjections viendront recharger par le sommet cet entassement conique, elles se répandront sur le cône et se répartiront sur sa surface jusqu'il ce que le sommet soit au niveau B de la gorge du torrent. Le cône total ainsi formé a pour projection verticale le triangle BGC, dont le côté BG est parallèle à EF, et pour projection horizontale le demi-cercle

Le cône final ne se trouve constitué de cette manière que s'il s'est formé dans une seule forte crue. Si, dans l'intervalle, il se produit des moments de repos ou des crues modérées, il y aura bien des atTouitlements partiels, mais le résultat sera le même.

La i" phase est terminée.

I». 2° PHASE. — Le sommet du cône n'est pas un point mathé-

j matîquc, c'est une petite surface. Quand de nouveaux matériaux

e présenteront k la sortie de la gorgo, ceux du milieu conlinuo-

tonl à être poussés en avant; mais ceux des côtés, marchant

moins vile, s'arrêteront sur les bords de réchancrurc, et comme ils sont prolég'és par les flancs de la montagne, ils formeront deux bourrelets sur le sommet des dépùts. La gorge se trouvera ainsi prolongée jusqu'à un certain point h. Menons par ce point un plan vertical dont la Irace sur le plan horizontal est mm',

La formation des bourrelets sur le sommet des dépôls aura deux conséquences : 1<* le lit du courant se trouvant encaissé tendra à prendre une direction BT parallèle à la ligne de compensation, direction qui diffère sensiblement de celle BG parallèle à la ligne de divagation ;r2° les bourrelets empêchant tout déversement latéral, il se formera en avant du plan vertical passant par le point II un cône HG'M semblable au cône BGC, c'està-dire un entassement conique dont les génératrices auront la pente de divagation et dont le sommet se trouvera sur la droite BT.

Les mêmes phénomènes se reproduisant dans le même ordre, on finira par obtenir une succession de cônes dont les sommets seront les différents points de la ligne BT, dont les bases se dérouleront sur la plaine CD, et dont les génératrices seront inclinées suivant la pente de divagation.

L'enveloppe de ces cônes est déterminée parle plan de base et par les plans tangents (BT, ^y) et (BT, tv) menés à l'un d eux (BGC, hngri) par la ligne (BT, bt).

En limitant cette surface enveloppe au plan vertical VU, vv\ on aurait une pyramide triangulaire VTU, vtv dont la base serait contenue dans ce plan vertical. Une de ses faces reposerait sur la plaine, et les deux autres, inclinées suivant la pente de divagation, se couperaient suivant une droite parallèle à la ligne de compensation ; cette dernière droite est remplacée dans la pratique par un pan coupé dans lequel s'est creusé un canal.

En réalité, Tentassement complet n'est autre chose que cotte pyramide augmentée d'une zone conique dont la projection horizontale est nvv'n.

Les choses se passeront exactement de la même manière si les eaux, au lieu de tomber verticalement dans la plaine, descendent dans celle-ci suivant un plan incliné, comme h; montre la figure 30. La seule différence à constater, dans la i" phase, c'est que les différents cônes auront pour base, non plus des demicorcles, mais de simples secteurs tels que bngn\

roitMATION DES LITS DE DtJËCTlOX «9

Quanl k la pyramide Au la 2* phase, cllct se Iraiiiirormcni égn- Icmcnt dans les mi^mcâ conditions qiio précédemment. Pour lo

lia 30 rcconniiiln', il suflil, élanl dontii-c ta position, k un instant quelconque, de la génératrice IIF (%oir fig. 31) qui forme le passage

CUAPlTRt: SIXIÈME

entre 1c cÙQO de divagation el l'une des faces latérales, do démonlrer que cette génératrice se meut parallMemcnl à elle-même. Or, le travail de déjection se produisant toujours dans les mêmes conditions doit avoir les mêmes ciïets. C'est ainsi que le plan vertical BCF sera toujours un plan de symétrie pour le cfine, et les généralrices-limitos de ce cône feront toujours le même angle avec ce plan. Elles font aussi avec le plan horizontal un angle constant; donc elles se meuvent parallèlement à ellesmêmes. Cela revient àdire que le secteur conique des déjections avance parallèlement à lui-même, son sommet se mouvant sur la ligne de compensation, cl son angle d'ouverture restant constant.

Fig. 81.

Ceci justifie la construction faite dans la figure 31 ; les projections hm et hm des génératrices IIF du cône terminal FUI se sont mues paralli'doment à elles-mêmes, depuis leur position primitive nb et bn\ et elles ont engendré la surface ènmhn'm' qui

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