‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 30 sur 94 · W^IT · texte numérisé non relu

W^IT

HAVACiKS CAIÎSKS l'Ail I.KS TUHIŒMS

dans quelquosgraridescalastropliestlDiilla souvenips'^tailpresquft ' effaré el dont on croviiit tt> l'elour impossible.

Ces grandes crues n'ont sévi mille part avec autant de vioteace el surtouL de conlinuilé qne dans le basslu du RhAue.

En nous restreignanl à la vallée de risî^re, nous citerons la crue du IS novembre 1840 qui inonda le faubourg Tros-CIottres de la ville de Grenoble, les eaux s'élant élevées à 3'°20 au-dessus de l'i^tiago.

Celte de 18i3 ((ui produisit l'inondation de la vallée du Drac.

l^lle du 18 juin 1819 qui fit déborder l'IsËre en amont et en aval de Grenoble.

Celle du 31 jnillel el du T'aoûl 1831 qui inonda la vallée k Voroppe et à Saiiil-Uuentin.

Celle du 13 aoùl 1852 qui Bt déborder l'Isère dans la vallée.

Celle du 31 mai 1856. pendant laquelle les eaux de l'Isère, s'élevant à S'SO au-dessus de l'éliage, inondèrent toute la ville do Grenoble.

Enfin, la plus terrible, celle du 2 novembre 1859, oii les eaux s'élevèrent & S^SS au-dessus de l'étiagc. Toute la vallée ne formait plus qu'un lac s'élcuduntdu pied de la montagne de la rive droite au pied do celles de la rive gauche ; des digues furent couplées, el les communications par chemins de fer durent être interrompues pendant quinze jours; les eaux s'dlevèrent dans Grenoble â 1"'36 au dessus de la place Grenelle; pendant deus semaines entières le service des inhumations fut suspendu et l'on enterra les morts provisoirement sur uh bastion de la porte des Alpes.

Sans'douteil serait I6m(?raire d'affirmer qu'il n'y a rien eu d'accidentel dans les grandes crues de ce siècle, el notamment dans l'immense désastre do 1840, qui en a commencé la série el qui B accumulé tant de malheurs dans une grande partie du bassin du RhAne. Mais il est hors de doute aujourd'hui qu'fi côté des causes météorologiques qui se sont manifestées par l'abondance des pluies el des neiges, deux autres causes ont joué un rôle important dans la reproduction de ces crues ; es deux causes sont, d'une part, les modifications apportées dans le lit des rivières, puis, d'autre part, le déboisement el In destruclion des pâturages qui onl amené la formation des lorrenls.

Noos reviendrons, dans la deuxième partie de cette étude, sur les effets dos endiguemcnts et des redressements qui produisent

112 CHAPITUE SEPTIÈME

une aggravation des crues jusqu'à une grande distance en aval. Quant aux funestes effets des déboisements et des défrichements sur les terrains en pente, ils ont été décrits, avec de très grands détails, pour les parties supérieures du bassin du Rliône, dans le remarquable ouvrage de M. Surell Nous avons déjà précédcmdemment dit, à ce sujet, que les eaux pluviales, en tombant sur les arbres, et en coulant sur des pentes garnies de broussailles ou de gazon, éprouvent un ralentissement très sensible dans leur vitesse. Ajoutons qu'une partie de ces eaux, s'inliltrant peu à peu dans le sol, pénètre jusqu'à une couche imperméable, et ne reparait au jour qu'après une marche souterraine qui agit encore d'une manière plus puissante. Toutes ces eaux n'arrivent doncau fond de la vallée que progressivement, et leur relard contribue à diminuer l'accélération et l'intensité de la crue. Quand, au contraire, des torrents se sont formés, la concentration se produit avec une énorme vitesse, et la hauteur des crues se trouve rapidement augmentée. Cependant tous les phénomènes doivent être étudiés de près, dans chaque cas particulier, quand il s'agit de leur influence sur les crues d'un grand fleuve ; en effet, l'accélération de l'arrivage des eaux des affluents d'aval pourrait être utile à ce point de vue, si elle avait pour effet de faire écouler leurs crues jusqu'à la mer avant l'arrivée du produit des rivières d'amont, provenant de la même série de phénomènes météorologiques.

87. EuLhanssemeiitii. — Les inondations ne sont pas les seuls désordres apportés par les torrents dans le cours des rivières et des fleuves. Si l'on suit les routes longitudinales aux vallées, on rencontrera, pour peu que ces vallées aient une certaine largeur, des parties souvent notables de cours d'eau dont le lit se présente en relief au-dessus de la plaine.

Ces exhaussements proviennent des matériaux de différentes grosseurs qui sont jetés dans les rivières, au moment des fortes crues, parles affluents secondaires alimentés eux-mêmes parles torrents. La rivière principale ayant une pente généralement inférieure à celle de tous ces affluents et une largeur souvent bien plus considérable, il se produit, au débouché dans cette rivière, une grande diminution dans la vitesse et par conséquent dans la force d'entraînement des matières, qui sont alors forcées de se déposer.

Page 1