‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 45 sur 94 · S■XI · texte numérisé non relu

S■XI

Telle est la pente sur laquelle on pourra se guider pour dresser le devis de la construction des seuils à établir sur l'atterrissemeot du barrage n" 3.

Eh résiimi!, si l'on veut avoir pour la confection des projets de

ÉTUDE KN VUE DE LA COURECTION 191

correclion des iSléments aussi sérieux que le comporle la question, il sera bon :

1° D'établir une station d'expériences par chaque tronijon soumis au mf'me débit.

2° De choisir, pour i'umplaccmenl de ces stations, les régions où la pente de fond et la section sont à peu prùs constantes sur une centaine de mètres.

3° De relever, dans chaque station, la hauteur de chaque crue et la vitesse moyenne k l'époque du maximum.

i° De faire de fréquentes observations relativement à la grosseur dos pierres entraînées,

5* De faire un certain nombre d'expériences pour la détermination du poids spécifique moyen de ces pierres.

Nous donnerons, dans le chapitre XVI, la série des problèmes que l'on peut résoudre en se basant sur les éléments que nous venons d'indiquer.

^ •■, Choix de l'emplacemcut des barrage». —Le choix dc

■ remplacement des barrages est une question 1res importante, " qui doit primer toutes les autres. Les considérations sur lesquelles on se base pour fixer ce choix ne sont pas les mêmes pour les barrages de retenue que pour ceux de consolidation.

Nous nous occuperons d'abord de la âxation de l'emplacement ;de ces derniers.

Barrages de consolidation. — Les barrages de consolidation doivent être situés eu aval des talus en éboulement. On doit toujours choisir, quand c'est possible, l'emplacement qui présente le plus de garanties pour la solidité de l'ouvrage à établir. Des berges rocheuses et un fond ïnalTouillable sont très propices à l'établissement des barrages. Malheureusement on ne rencontre s souvent des circonstances aussi favorables ; mais quand on pourra se placer dans des conditions semblables, il sera préférable de reculer un peu le barrage au risque de lui donner plus de hauteur ; les garanties de solidité et de durée seront ainsi plus considérables, sans un grand accroissement de dépenses.

Si l'on ne trouve pas de fond iiialTuuillable.cequi sera le cas ordinaire, on le remplacera par un fort radier établi comme noua e verrons plus loin. En effet, la masse de boue et de blocs qui tombe du sommet du barrage tend à produire au pied un alTouillemcnt Considérable, et tout barrage afTouillé est perdu.

Quant aux berges, od trouvera assez souvent des pi rocliers tiui pourront servir d'appui aux ailes du barrage. Si l'on n'en trouve pas, ou choisira des parties où la berge est stable, et où elle présente une cohésion et une résistance suffisamment grandes.

Si aucun de ces cas no se rencontre, il faudra bien appuyer le barrage contre le talus en mouvement; mais, comme nous l'avons dit, cette cîrconslance esl très défavorable, en raison de la poussée considérable que ce dernier exerce sur le barrage. 11 faudra, en tous cas, chercher le point où la poussée du Lalus pourra 8'exercer suivant la longueur du barrage. U n'est pas difficile de déterminer la direction de celte poussée. On n'a qu'à planter un piquet en un point quelconque de la berge en mouvement, en ayant soin de le repérer à des objets situés sur l'autre berge qu'on suppose fixe. Au bout de quelque temps on vient relever la position du piquet, on le repère de nouveau, et ainsi de suite. Ce piquet trace lui-même la direction de la poussée.

U va sans dire que si les deux berges étaient en mouvement, il serait bien diflicile d'y placer un barrage; mais ce cas se présente rarement.

Barrages de retenue. — MM. Philippe Brelon et Scipion Gras qui, chacun de son cAlé, se sont occupés des barrages de retenue, onl différiS d'opinion sur le choix de l'emplacement de ces ouvrages.

a. Breton fonde ses barrages dans la gorge et, comme il ne dispose dans cette région que d'un espace restreint, il cherche à gagner en hauteur ce qui lui manque en largeur.

Une fois que l'alterrissement (fig. 76) commence à atteindre le couronnenienl du mur AB, il l'exhaussejusqu'enBDjClainside suite, continuant de la sorte l'oshaussemcnt au Fur et à mesure de 'apport de nouveaux matériaux.

Cet exhaussement peut être remplacé par une série B.D', D,F,... de murs disposés en gradins et construits en tête des allerrisscments successifs. Ce systi^me devra être employé chaque fois qu'on craindra, pour un motif ou pour un autre, de donner de trop grandes hauteurs aux barrages. M. Brelon ne considère, du reste, ces ouvrages que comma

FIg. 76.

KTLinK RN VUE DK LA. CORBRCTIO.N

un expédici)ltransiloirEï,et il reconnaît iieltomcnt, comme l'avait fait M. Surell, que la végétation seule a le pouvoir d'éteindre les torrents.

Le procédé qui consisterait à établir des murs CC et EE' à rextrémité de chacun des alterrissemenls est à rejeter ; il suffit, eneiïcl, do regarder la figure pour remarquer que la quantité des matières retenues par nue cerlaine hauteur cumulée do barrages sérail bien plus Faible qu'en employant l'un quelconque des systèmes précédents.

Il résulte de la formule établie au chapitre XI que la capacité du bassin de rolenuo varie comme le carré de la hauteur, qu'elle augmente doublement avec la largeur moyenne, el qu'elle est d'autant plus grande que la pente du lit est plus faible.

Ce sont ces considérai ions qui doivent nous guider dans le choix des emplacements des barrages de retenue du système Breton. On prendra, do préférence, ces emplacements en amont des cascades qui se rencontrent fréquemment, notamment dans les régions élevées des torrents.

C'est là, en elTel, que l'on aura le plus de chances de rencontrer une assicUe solide et inébranlable, ce qui pcrmiHtra de donner une grande hauteur aux murs. En second lieu, la gorge présentant un rétrécissement à l'origine des cascades, la dépense sera diminuée. Kn troisième lieu, le sommet de la chute étant înaffouillable, la compensation s'est établie en arriître, et par suite la pente du lit est généralement douce. Enfin c'est habituellement à l'amont des cascades que la gorge se rélargit.

M, Scipion Gras, tout en reconnaissant que la végétation serait capable de produire l'extinction, soutient que ce procédé est impraticable dans la plupart des cas, et il se préoccupe surtout des moyens de modifier la marche naturelle des graviers. Après avoir indiqué les ouvrages à l'aide desquels on pourrait, k son sens, arriver à déplacer le cAne de déjection (digues ou barrages), il se prononce eiipressémenl pour les barrages. 11 en distingue deux systèmes, suivant qu'il veut obtenir la retenue complète ou la rciejmc partielle des graviei's; il recommande des barrages insubmersibles pour le premier cas, et des barrages submersibles pour le second.

Les barrages qu'il appelle insubmersibles ressemblent aux barrages de retenue ordinaires, et nous ne nous y arrêterons pas. Quant aux barrages submersibles, idée dont M. Scipîou (iras rc-

ClUi'irlIK ÏUKIZIKMK

vendique la priorité, nous allons en faire ressnriir Ips avantages en en emprunlanl la deacriplion â lexcellent ouvrage que rémînenl ingénieur a publii? sous le liire de : Elude sur ies torrents des A Ipes.

Il choisit, pour l'emplacement de ces barrages, la partie supérieure du dépôt qui rcmoiile dans l'iolérieur des berges, el qu'il appelle le canal de déjection. Les eaus, divaguant sur ce dépôt, se portent tantôt sur une rive el tantôt sur l'autre, et prodaîseot ainsi un élargissement considérable hors de proportion avec le volume du courant; il eu résulte, que celui-ci n'occupe qu'une partie du canal, même au moment des grandes crues ; le torrent finit par se concentrer sur une faible largeur du lit, s'approfondit et acquiert une puissance irrésistible.

Si l'on jette, en travers do ce caual, un barrage dont le couronnement soit horizontal, les eaux ne peuvent plus, comme auparavant, se concentrer sur un seul point ; elles seront obligées de s'étendre et de couler en nappe, el il en résultera un élargissement eonsidérable dans la section aussi bien qu'une diminution proportionnelle dans la profondeur. Comme ces modifications sont de nature à alTaiblir très notablement la puissance d'cnlr&lnement du torrent, on doit en conclure qu'elles auront pour fel de provoquer le dépôt des matières charriées.

La fornintiou de cet alterrissemcnl comprendra deux périodes':^ pendant la première, Tespaco BAC (fig, 77), compris entre le fond du lit AE et le plan horizontal BC passant par le couronnement du barrage, se comblera de matériaux de toute grosseur ; pendant la deuxième il s'accumulera, au-dessus de ce plan, un prisme de matières DBC qui s'élèvera jusqu'à ce que te torrent puisse s'y encaisser. A partir de ce moment ratlerrissement fera encore des progrès, mais ils ne seront plus continus comme auparavant, h cause de l'action opposée des crues qui, suivant leur degré d'intensité, seront les unes aiïouillanles et les autres encombranlos.

Supposons d'abord qu'il survienne une crue faible toile que le courant puisse s'encaisser en entier sur une petite largeur, dans l'épaisseur du prisme d'alliivious BCD ; comme une pareille crue

FIg. TV.

fiTLlDE EN VUE li LA CORRECTION 19S

devient bîonlAt alTouillanle pour peu qu'elle ae prolonge, elle se creusera u» lit. La barrage dlaiit alors sans inllueuce pour diminuer la puissance ilenlralnement îles eaux, celles-ci coiiliaueront à exercer leur action érosive sur les alluvjons déjà déposées et en foronl disparaître une partie.

Considérons maintenant une crue trop forte pour que les eaux, en se creusant un lit dans le sein des alluvions, puissent y être conlcnuos t'iililTomenl. Dans eu cas, leur dispersion sera forcée; la puissance d'cnlrainement diminuera, cl le prisme BCD s'exhaussera.

C'est ainsi, ou ù peu prl'S, que les choses se passent sur un c6nc de déjection. Seulement, lorsque, sur le cAne, les eaux d'une criio modérée attaquent un dépôt, elles ne tardent pas k s'y encaisser profondément, de sorte que toutes les crues qui viennent apri-s sont obligées de suivre tes niâmes traces. Comme la résislaiice du lit ainsi creusé va toujours en croissant à cause de l'accuniulalion dos gros cailloux qui restent en place, il arrive bienlûl un moment où l'érosion ne Fait plus de progrès. Quand il y a un barrage, au contraire, les eaux ne peuvent pas alTonillcr beaucoup, eu profondeur, mais rien ne gi^ne leur action érosive latéralement ; el dans ce sens la résistance ne va pas en augmentant. En outre, le sillon tracé par une crue étant peu profond, celui de la crue suivante peut eti dilFércr. Toute la surface des alluvions est, par conséquent, exposée successivement à l'érosion,

Il est essentiel de remarquer que les cailloux amenés par une forte crue étant ordinairement d'un volume Irfcs inégal, ce sont les plus gros qui se déposeront de préférence, et lorsqu'il surviendra des crues afTouillanles un nouveau triage se produira encore ; les plus petits matériaux seront enlevés, tandis que les plus gros resteront sur place. Ceux-ci s'entasseront donc avec le lemps el formeront à la longue un atterrissement diflïcilement atTouilIable, dans lequel le torrent pourra s'encaisser d'une manière permanente.

M. Cézanne, ingénieur des ponts el chaussées, tout en reconnaissant que le système de M. Scipion Gras est fondé sur une analyse très délicate àn l'elTel des crues, regrette que l'auteur fasse complètement abslraclion de la considération si essentielle de la penle-limilc. Il ajoute que les barrages, lorsqu'ils n'ont pas pour effet d'arrêter l'écroulemenl des berges, ne sont qu'un ex-

CIlAl'ITIIi: TllEIZitME

pédicnt Iransiloire, cL que leur Ibéoric paraît se réduire k ceci : (>he['clier le lieu où, moyennant la plus faible dépense, on produira la plus grande retenue de graviers.

C'est ainsi que nous envisageons la question des emplacements des barrages do retenue. Nous avons indiqué, dans le chapitre XI, comment on peut calculer le volume de l'atterrissement qui se formera derrière un de ces barrages. La formule qui donne ce volume est:

Cela étant, nous déterminerons tous les emplacements propices en nous appuyant sur les considi^rations dôveloppiSes précédemment cl il ne sera pas bien diflicile de reconnaître quel est le plus (économique. Nous donnerons, dans le chapitre XVI, un exemple des calculs à faire pour arriver à. ce résultat-

ttt. nechercbr, Mur le terrain, de» él^-meuts itccea- «nireM nu enleni «Icm diincnwionH dc« bnrmgeti. — Epaisseur des bavTUfjcs. — La force dont il faudra tenir compte pour le calcul de l'épaisseur des barrages de retenue sera nécessairement la poussée du liquide qui pourra stationner derrière les murs, une fois qu'il se sera débarrassé des matériaux qu'il charriait. — C'est, en effet, pendant le remplissage des réservoirs créés par ces ouvrages que les pressions extérieures seront le plus considérables, la poussée de l'eau étant plus grande que la poussée des terres, comme nous le ferons ressortir dans le chapitre XIV. La seule donnée à recueillir, pendant la période des études, sera donc le poids moj'en d'un mi;tre cube de laves.

Quant aux barrages de consolidation, on pourra avoir avantage aies atterrir artificiellement, de manière W pouvoir réduire leurs dimensions à la valeur slriclcment nécessaire pour qu'ils puissent résister à la poussée des terres, le prix de l'atlerrissement artificiel pouvant Cire compensé par l'économie faite dans la construction de l'ouvrage. Or, dans tout calcul de ce genre, il est nécessaire de connaître le poids spécifique des terres plus ou moins mélangées de matériaux qui presserait derrière les murs, ainsi que Y angle du talus italurel de ces terres, c'est-à-dire l'angle couslanl que fait avec l'horizoutalc la ligne de plus grande pente du talus suivant lequel elles se disposent lorsqu'on les ji

ETniR ES vuK nv. L.\ cuiinK'Tirix 19-

uncs sur les autres. La di'liïrniirtalioii ilo ces deux quanliUs ik présente aucune tlifficullé.

On a fait u» corlaiii noniljre d'cxpt'rîences rolalives à la ques lion qui nous occupe, et on a trouvé les résultats suivants :

Dèâignalion îles lenvs

.Vngk du Lolus nnturol

Poids moycD

SiSiS'iiS

Même lerre légèrenienl liumi(îe

Hauteur des harrafjps de comulit f pri^ct'denl que le choix de l'empla jidalion est une question capitale de cet ouvrage élan! l'alTL'rmisscni pendra nécessairement île litdistui point que l'on veut alloiniire avec que prendra la pente du prolîl de

J'ai reconnu, par exemple, que présenté par la fig. 51 est favorab rage el je veux que l'exlrémilé de X le point D'.

Si la section du tr.rreni au po conque, le problème ne pourra et car la valeur de la pente de compe ment de cette section, el par cons barrage. Nous montrerons, dans peut traiter celte question, au suj rons de solution rigoureuse que irapéïoîdale.

La hauteur l'-tanl HéliTminér. il

alion. — J'ai dit dans l'articl emeni d'un barrage de conso Or, l'un des buts principau enl des berges, sa hauteur dé ce de l'emplacement f:hoisi ai 'atlerrissement et de la valeu e dernier.

e point A du profil en long re e à l'établissemcnl d'un bar ftltcriissemenl vienne alteindr

inl A est un polygone quel e résolu que par tâlonncmenl nsation dépend de l'élargisse queni de la bauteur même d e chapitre XVI, comment l de laquelle nous ne donne lour le seul cas d'une soclio

s'ajril 1I1-' saM'ir <i elle est C"

i» cnAPITRK TIlKlZlfcME

palible avec les conditions locales. Avec dos barrages élevas l'on a à craindre l'afTouillemont, qui aiigniisnle nécessaire menl avec la chute. Il y aura doue lieu de se préoccuper, k cliaque emplacemenl, de la hauteur maximum à allrihuerau mur,en vue de se soustraire aux dangers de rtl afrouillement : on fera, dans ce but, des sondages sérieux, qui sont, du reste, nécessaires pour connaître le volume des fondations. Si les observations font défaut, on fera des comparaisons avec d'autres barrages établis dans des conditions analogues.

Dans le cas où la hauteur trouvée serait trop grande, la première chose à faire serait de chercher s'il n'y aurait pas d'autres emplacements favorables entre les points A et D. Dans la négative, on serait bien obligi' de recourir aux barrages en gradins. La question sera la môme pour le cas oh l'on veut obtenir un relèvement du lit suivant la ligne FK [fig. 52), La hauteur AFdu premier barrage i^taiit déterminée, on calculera la pente de la ligne FG qui représente la surface supérieure de l'atlerrissement, Puis, ayant choisi remplacement a du mur secondaire ab, on en trouvera facilement la hauteur, et ainsi de suite.

La considération du relèvement du fond du Ht d'un lorrent oc sera pas le seul guide dans le choix do la hauteur des barrages ; il faudra se préoccuper aussi d'avoir, au couronnement de ces ouvrages, une largeur suflïsaule pour assurer le débouché ; or cette largeur sera évidemment d'autant plus grande que le mur sera plus élevé.

Si les matériaux ne sont abondants que sur un petit nombre de points, comme le fait remarquer M. Vaiillrin dans la note citée précédemment, il sera plus économique de construire des barrages élevés; de même, en cas de fortes pentes, des murs pou élevés seraient trop rapprochés, et les emplacements propices pourraient faire défaut.

Enfin, dans les parties do torrents où il n'y aurait lieu de se préoccuperni du choix des emplacements, ni du rolovcment du fond du lit, ni de l'élargissement de la section, il faudra se poser la question de savoir s'il n'y a pas économie à construire desbar- ^, rages peu élevés, à remplacer

parexemplela construction d'un seul mnr KT par d'autres plus petits KV,K'V',K''V'[lig. 78).

La hauteur totale de ces ouvrages sera à peu près égale à KT,

ETUDE EN VriE UF. LA CORRKCTION

mais le volume de la maçonnerie sera moins considérable, et cela pour deux raisons : en premipr lieu, les barrages élanl moins élevés, leur épaisseur moyenne devra èlrc moins grande, car celte épaisseur moyenne est sensiblement proportionnelle kla hauteur; en second lieu, leur Inngueur sera moindre, puisque lourcouronnement sera pins rapproché du fond du lit.

On pourrait objecter que l'élargissement de section obtenu à rai<le de petils bariagcs étant moins grand, la pente rie compensation des allcrrissemenls sera aussi plus faible, partant la hauteur à racheter plus grande.

Je répondrai à cela qu'il y a beaucoup de chances pour que le lit se maintienne permanent suivant le m^-me prolil que derrière le grand barrage ; tiar si, d'une part, la vitesse se trouve augmentée par suite d'un moindre élargissement do section, elle est, d'autre pari, diminuée à chacune des chutes V"K" et V K', et le Hsultal général peut être le même. Cette [{uestion de la perte de force vive aux uhutes des barrages est d'une importance majeure, et ii peut être très utile de disposer sous les chutes des chicmies -en blocs, pour que la perte soit augmentée; on arriverait à la rendre plus importante encore au moij'ën d'obstacles ménagés dans la hauteur des barrages, indépendamment de ceux de leur pied. Il y a là une étude de détail à faire, mais nous ne pourrons l'entreprendre qu'apri:<s des expériences sunisanles.

On pourra, du reste, faire une comparaison entre les frais d'établissement des deux systèmes de consolidation, en tenant compte des fondations et des radiers, ot adopter le projet le plus économique.

Quant aux barrages rustiques des ravins, il y aura généralement avantagea leur donner une faible hauteur; en augmentant, en effet, le nombre de ces ouvrages, on multipliera les chutes ; et les eaux, perdant à chacune de ces chutes la vitesse qu'elle avait acquise dans l'intervalle lr{-s court de deux murs, auront moins de tendance k ralTouillenient, ce qui permettra de maintenir la permanence du lit sur des pentes plus fortes.

Hauteur des barrages de retenue. — Lorsqu'on fondera des barrages de retonne dans des sections très larges, ces ouvrages* pourront n'avoir qu'une fitible hauteur, celle-ci dépendant du volume de matériaux que l'on veut retenir d'après la formule élablie dans le cha|iitre XI. Quand, au contraire, ils dovroni Mnt

EOO

CHAi'ITIIE TKEIZifcMK

construits dans des sections très étroites, suivant le système de M. Pli. Breton, on sera giMiérak'menl obligé, comme nous l'avons fait déjà remarquer, de les établir on g;radius.

Quel que soit, du reste, remplacement adopté, il y aura lieu de recbercher, comme pour les barrages de consolidation, la hauteur maximum à admettre, Il n'y a pas évidemment de limite inférieure à tracer, un simple cordon de maçonnerie étant suffisant pour diviser les courants el, par suite, pour provoquer des dépôts.

S3. Calcul du flt-liouclié des barra8:ei>. — Le déboucllé à donner à la cuvette d'un barrage dépend nécessairement du débit ; celui-ci étant très variable dans un torrent, nous pensons, avec M, Demontzey, que tout calcul reposant sur l'étendue du bassin el sur son état de perméabilité donnerait des résultats beaucoup trop faibles et bons tout au plus pour le régime du cours d'eau après l'extinction.

Voici, croyons-nous, le moyen le plus rationnel pour arrivera la connaissance du débouché.

Si l'on veut que ce débouché soil simplement suffisant pour le passage des crues sans laves, le problème ne présentera pas la moindre difficulté. Nous avons montré précédemment comment on peut déterminer la surface mouillée qui s'établira, à l'époqiiQ du maximum de la plus forte de ces crues, dans le profil en travers situé immédiatement en arriére d'un barrage; ce calcul est néccssaiie pour la détermination de la pente de compensation, et nous y reviendrons dans le chapitre XVI.

C'est cette surface mouillée maximum que l'on adoptera pour l'aire du débouché. On pourrait objecter que les conditions d'écoulement ne sont pas les mêmes dans un canal en maçonnerie que dans un canal dont les parois sont en terre ; le facteur de la vitesse étant plus grand dans le premier cas que dans le deuxième (voir tabic numérique I), la surface d'écoulement est plus faible à débit constant. Nous répondrons à celte objection que la cuvette d'un barrage, à cause de sa faible longueur, ne peut nullement être considérée comme un canal auquel les formules ordinaires puissent être appliquées, les conditions de l'écoulement n'ayant pas le temps de se modifier sur un trajet aussi courl. Du reste. en suivant la marche que je viens de tracer, on obtiendra un débouché un peu trop fort, ce qui ne peut être qu'une circonstance a tageuse.

EïL'DR KN vur: Di>; LA <:onnE(;TioN mi

Le problème esl un peu plus difficile à résoudre si Ion veut donner à la cuvetic d'un barrage un débouché suflisanl pour le passage des plus fortes laves, à moins, cependant, que l'on ne trouve, à proximité de remplacement adopté pour l'ouvrage, un pont ayant résisté aux plus grandes crues connues ; on adoptera pour débouché, dans ce cas, la section inférieure do ce pont au monienl des plus grandes eaux. Nous ne nous dissimulons pas, pourtant, que le déboucbé mouillé d'un pont peut ôlre influencé par bien des circonstances; de même qu'on no peut pas conclure d'un pojil à un autre pont', il est délicat de conclure d'un pont h un autre ouvrage; mais, nous ne voyons dans l'indication qui précède qu'un expédient, et nous reconnaissons qu'il faudra toujours s'inspirer des conditions essentielles du probl(?me dans chaque ca^ particulier.

A défaut de données suffisantes prises sur d'autres ouvrages d'art, et si l'on a pu relever sur les berges du toirent les traces laissées par le passage d'une crue excessive, on calculera la surface mouillée maximum, c'cst-à-dirc la surface du ravin comprise entre le fond du lit et le sommet de la crue, dans un certain nombre de profils en travers pris sur les points oii la ponte de compensation est déjà formée, sur les attorrisscments d'anciens barrages par exemple.

Les formules données précédemment ne sont pas applicables à l'écoulement de la lave ; c'est pourquoi l'on se bornera à se baser, pour le débouché des barrages d'un même tronçon, sur les moyennes des surfaces mouillées maxima releviîes dans ce tronçon en suivant le procédé que nous venons d'indiquer, si l'on ne trouve pas de moyens plus satisfaisants.

Dans le cas où la pente de compensation ne sentit formée nulle part, voici la méthode approximative que l'on pourrait suivre dans chaque tronçon soumis au même débit: ù l'aide des traces laissées parles eaux sur les berges dans la dernière crue excessive, on calculera les surfaces mouillées dans un ceriaîn nombre de sections transversales prises de dislance en dislance ; on relèvera les pentes de fond corre.spondant à chacune de ces sections, et l'on adoptera pour débouché d'un barrage quelconque la surface

1. Voir dans l'introduction placée pnr M, Lechulas du commencement du Iraitè des Ponts en maçonneries, de .MM, DegriLiid et Hésal, le tableau dt Is piffe :iS (jwnlB sur le niiûne).

CHAriTEHÎ TREIZrfîME

mouillée de la rcpIIoii qui, comme penle ol comme larpeur ( fniui, se rapprorliera le plus do celle qui s'élablira sur la partie lériciire de l'aHoiTissomiMit.

Ainsi, l'nn a projeté un barrage de 'i m, de hauteur dans la sbû^ lion MNPQ; on sait qut / penle de compensation •"'* s'établira derribro ce barraf

sera de 0,12 ; de plu:

mesuré la larg-eur AB, qui est ' do 30 m. On adoptera, pour débouchéde ce barrage lasur-

face me „^ „j mftmc tronçon, donl la penle et I >J

largeur de fond se rapprochent le plus de 0,12 et de 30 taiT (fig. 19).

Ce prof^édfî, ainsi que nous avons eu soin do l'annoncer, ma» que de priïcision : mais il n'est pas nécessaire ici d'obtenir uaftfl exactitude aussi grande que dans la d(/termination du débouchif d'un ponl '. Si la surface trouvée est un peu trop faible, il n* pourra en résulter aucun inconvénient. Car, les laves affectant unA^] iorme convexe au moment des débftelos, les barrages ont un dÔ-^ bouché effectif supérieur au débouché apparent.

61. Tableaux rfen renMelgnpmciit* A prpudre nur Ie4 leprnin. — On pourra consigner dans les labicaux suivants leB<| renseignements ù recueillir sur le terrain.

Premier tableau Fortes crues sans laves

OBSRRVATIONS

BiD da rAcsiidnn. itunt Is porgx, >ur- U Kl ils a-iecliou. dam U V11J4., Me. - K(t-.U woduiU *uc

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Ici cirronBlBncei qui peuisal rea-

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