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CHAPITRE VII

Les populations vivent de la terre végétale.

Le genre humain a collé ses bras aux flancs du Globe ; il vit de celte croûte appellée terre végétale. Si la couche s’augmente, les peuples s’accumulent; ils s’éclaircissent quand la couche s’épuise. Avec la terre végétale, les civilisations couvrent ou délaissent les continents. Thèbes, Babylone, Jérusalem, Athènes n’ont laissé que le sable. Jamais deux civilisations antiques ne se sont succédé au même lieu. Rome n’aurait pu porter deux fois les esclaves.

Si les peuples sortent de terre, cette terre d’où estelle sorlie? Memphis, Carthage et Athènes ont en quelque sorte apporté, puis emporté leur territoire avec elles. L’arbre secoue ses feuilles sur ses pieds, il nourrit ses propres racines ; le jour où ses branches sont mortes, un vent le met à bas, le torrent passe là quelque temps, et il ne reste que le rocher.

Telle est la loi : la population humaine est eD raison des subsistances, les subsistances sont en raison de la terre végétale. Mais en raison de quel fait est la terre végétale? Où est la main qui transfère ainsi les royaumes et les établit à son gré?

Un être a été créé libre. Les conditions de son existence doivent être à la fois son œuvre et l’origine de son progrès. Pour connaître l’homme, il faut savoir comment, au premier jour, la Terre vint à l’homme...

LIVIIE PREMIER.

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