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CHAPITRE LXI

Le peuple français s’expose A périr des suites de la Révolution.

Nous avions tous les défauts de la jeunesse, nous en perdons les qualités. C’est le moment de s’en apercevoir..

Jusqu a ce jour, peut-être, nous fimes presque tout ce mal sans réflexion. Le mal, chez nos voisins, dérive du calcul que produit une raison plus froide. Pécheurs par pétulance, nous devons être plus aisés àcorriger. Mais voulons-nous nous corriger ?

Comme l’Anglais, nous n’avons pas soixante millions d’esclaves aux Indes, produisant à trois sous par jour; et jamais nous n’eûmes la pensée de faire de ce globe un marché pour notre commerce.

Comme l’Allemand, nous n’avons pas brisé l’autorité du Saint-Pèro, afin de marier nos prêtres; et jamais notre pensée ne fut de fondre les vases sacrés pour en faire le pot-au-feu.

Comme le Russe, nous n’avons pas remis le saint pouvoir de l’Eglise à un prince; et jamais notre pensée ne fut de confier notre âme à un souverain de la terre de préférence à Dieu.

Mais à cette heure, plus imprudents, plus égarés que tous les autres peuples, nous nous plaisons à nier Dieu, et déjà nos docteurs, nos hommes politiques exigent quq^ notre athéisme s’installe dans l’Etat! Nous l’avons introduit dans nos lois et dans le Pouvoir, nous l’avons inséré

dans 1’enseignemenl et dans le mariage; maintenant nous voudrions que l’Etat se proclamât ouvertement athée, qu’il en fit l’objet d’une loi ! Voilà ce que nous attendons de la Révolution.

Nous voulons nous passer de Dieu. Prenons garde que Dieu ne nous prenne au mot! Le jour où Dieu oubliera la France, ou ne peut dire ce qui arrivera...

Notre Révolution française est une révolte à la fois religieuse, philosophique et politique. C’est un défi jeté au Ciel; elle sera cause d’un cataclysme inattendu. Le monde, dans l’anxiété, se demande qui sera le plus fort de la France égarée ou de Dieu !

Si nous nous obstinons à marcher ainsi dans l’absurde et dans l’impiété, il est à craindre que bientôt nous ne soyons la proie des peuples réfléchis de l’Europe. Si nous rentrons dans la sagesse, nous deviendrons la grande nation des temps modernes.

Nous l’avons été déjà, lorsque l’Eglise, que nous avons établie en Europe, lorsque l’Evangile, dont nous faisions notre loi, étaient défendus par lepée. Soyons encore la fille aînée à celte heure qu'il faut défendre et proclamer celle grande lumière par la vertu !

La gloire des nations ne sortira pas de la vivacité du sang, qui peut se perdre, mais de la force de la conscience et de la beauté immortelle du cœur.

La France se donne aujourd’hui tout entière à la Révolution : et elle n’a de salut à attendre que de ceux qui la combattent en tous points !

Hélas! elle ne le comprend pas : et à cette heure, nul ne pourrait le lui faire comprendre...

L ORDRE SOCIAL

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