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CHAPITRE LXV

Elle est & temps de nous sauver par la vertu.

Voici les paroles qu’un grand homme prononçait il y a cinquante-quatre ans, dans une position analogue :

# II n’y a point de hasard dans le monde. Le désordre même est ordonné par une main qui le force de concourir au but. Une des lois de la révolution française est que les Émigrés ne peuvent l’attaquer que pour leur malheur; ils sont totalement exclus de l’œuvre qui s’opère. Depuis les premières chimères d’une contre-révolution

l’ordre social.

jusqu’à l’entreprise lamentable de Quiberon, ils n’ont rien entrepris qui ait réussi, et même qui n’ait tourné contre eux.. Non-seulement ils ne réussissent pas, mais tout ce qu’ils entreprennent est marqué d’un tel caractère de nullité, que l’opinion s’est enfin accoutumée à jeter sur eux une défaveur dont leurs amis même s’aperçoivent. Or cette défaveur surprendra peu les hommes qui pensent que la Révolution française a pour cause principale la dégradation morale de la noblesse. Les causes de ce qu’elle souffre sont bien antérieures à l’émigration. En un mot, la noblesse française ne doit s’en prendre qu’à elle-même de tous ses malheurs : lorsqu’elle en sera persuadée, elle aura fait un grand pas... Aujourd’hui, l’exception, c’est-à-dire la noblesse malheureuse, doit courber la tète et se résigner. Elle ne doit plus faire d’efforts extérieurs. Je m’en tiens au fait, qui est évident : les Émigrés ne peuvent rien ; on peut même ajouter qu’ils ne sont rien '. »

Nous citons ces graves paroles de M. de Maistre; mais en en dirigeant sur la bourgeoisie l’enseignement si lumineux, nous venons leur faire conclure le contraire sur le rôle quelle est appelée à jouer. Par des raisons assez visibles, tout aujourd’hui dépend à peu prés de cette classe.

Elle est à temps de nous sauver par la vertu. On peut prédire quelle réussira en tout ce quelle entreprendra dans ce sens. C’est un fait éviJent qu’une fois régénérée, elle est directement appelée à l’œuvre qui s’opère; que l’opinion jettera sur tous ses efforts une faveur qui triplera sa puissance ; quelle ne doit nullement courber la tète et se résigner ; mais, écoutant l’impulsion du noble sang

(1) Considérations sur la Franct, par le C" J. de Maistre, publié eu 1188.

français, elle doit sauver la France et, avec elle, la civilisation européenne.

Plus de retard 1 Si la bourgeoisie laisse encore la Révolution reprendre les devants sur elle, on ne sait ce qu’il en arrivera ; elle tombera dans une situation plus grave encore que celle des Émigrés... De là, sa fin.

Quand Dieu, réduisant la noblesse à l’impuissance, l’écarta si rudement des affaires publiques, ce fut certainement pour offrir à la bourgeoisie l’occasion d’y apporter ses vertus. Or elle y apporta tous ses vices... Il faut pourtant que l’une ou l’autre des deux classes rétablisse chez nous la vérité et la iertu : sinon le peuple tombe totalement en ruines et la France est à la veille de périr.

Comme le peuple ne peut rien de lui-même, parlons de l’Aristocratie.

L’ARISTOCRATIE

L’ARISTOCRATIE

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