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CHAPITRE XIV

Caractères des familles.

C’est le propre de la Révolution de méconnaître la valeur des faits. Illégitime dans sa source, fausse dans ses principes, riche surtout en impostures, elle vient nier la légitimité des causes qui perpétuent et développent les familles ! Née des chimères, elle n’a jamais pu se rendre compte d’un seul fait.

Les races sont filles de leurs œuvres. Elles sont le canal du mérite et de la réversibilité chez les hommes. La moindre famille a des racines aussi profondes, aussi lointaines qu'une nation.

C’est la tempérance qui met de l’esprit dans les familles : et c’est la chasteté qui y produit celte élévation des sentiments, celte délicatesse de chevalerie qui rehausse les Maisons d une auréole de génie ou d’honorabilité. 11 est rare, lorsqu’une famille a conservé de la continence pendant plusieurs générations, qu’elle n’arrive pas à nous donner des saints.

Quand Dieu bénit une famille, il sait, par des alliances, faire arriver successivement dans son sang les facultés dont elle a besoin. Les femmes vertueuses s’y rendent

l’aristocratie.

comme les affluents danâ un fleuve régulier. Le vice arrête au contraire bien vite les familles qui refusent tous les dons de Dieu. La sainteté couronne et souvent porte au Ciel celles dont tous les rameaux ont donné leurs fruits sur la terre.

Les conditions physiologiques indispensables à un grand homme ne suffisent pas pour le déterminer. Si la famille qui, par certaines vertus, a amassé la richesse de sang dont se nourrit la plante cérébrale, n’a point recueilli, par lcloignement do l’orgueil, un suffisant trésor de bon sens et d’élévation, elle ne produit qu’un homme apte, et rien de plus.

L’homme lettré sans conditions d’honorabilité est souvent dangereux. Il forme une caste déclassée dans le monde et très-difficile à gouverner. Les classes moyennes amènent à leur surface une grande quantité de ces sujets, jusqu’à ce que l’orgueil et le peu de vertu les fassent rentrer et disparaître dans le peuple. Heureusement, elles produisent en même temps les hommes chez lesquels les avantages du cœur dépassent ceux de l’esprit; ce sont les honnêtes gens parmi nous.

Les révolutions sortent des hommes qui, dans l’esprit, ont de la force et rien de plus. Sieyès remarquait que c’étaient les boursiers qui faisaient la Dévolution. Ne soulevons pas d’application sur le présent, parce qu’il ne faut nommer personne1. Les natures inférieures ne sont pas

(1) L’expérience en est journalière. Prenez au hasard un individu dans le peuple, donnez-lui une grande instruction littéraire; vous en ferez un ambitieux, si vous n’uvez pas choisi la famille. Ceci montre toute la sagesse de la conduite tenue autrefois. N’élevez pas trop ce qui est bas; les enfants naturels sont à craindre... Il faut laisser les familles s'élever naturellement, prendre elles-mêmes leur rang dans le monde ; on a au moins ici les garanties que Dieu établit pour leur élévation.

les plus à craindre, il n’y a chez elles qu’arrct de développement. La perversité consiste à tomber d’an état supérieur.

L’homme de génie est un produit mérité par les aïeux. Dans tout grand patrimoine, la foule ne, voit qu’un fruit du hasard ; l’économiste mesure seul les travaux et les soins innombrables que recèle un tel capital. Le fat qui considère un grand homme, le croit un fruit du hasard ; le sage admire seul les innombrables vertus qui ont amené ce rejeton dans la famille.

A vos yeux tout est fruit du hasard, et tout excite en vous une jalousie terrible. En réalité tout est le fruit du mérite sous les tendres et paternelles lois de Dieu. Rangs, fortunes, tempéraments, expression meme du visage, tout est formé cl tout dérive de la conduite tenue par l’ame. La beauté, qui revêtira toujours du don de bon accueil celui qui la porte, la beauté, à jamais prisée par les hommes, est comme la signature du mérite de la race.

Faisons le bien, et inquiétons-nous moins de la manière dont Dieu en conduit l'administration. Le scepticisme vient d’aveugler l'homme; et, dans son manque de génie, il voudrait refaire un monde qui parait renversé à scs yeux *.

(I) Par l'irréligion, les hommes ont perdu la raison à ce point qu’ils accusent Dieu de l’origine de l’inégalité des conditions humaines. Celte origine est en eux-mêmes. Ils appellent la liberté avec l'idolâtrie, et ils en récusent aussitôt les effets I

l’aristocratie.

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