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CHAPITRE XVIII

De la première Aristocratie.

Le Clergé est la première et la plus noble aristocratie d’un peuple: c’est son aristocratie spirituelle. C’est celle d’où découlent les autres.

Quand l’aristocratie temporelle s’en sépare par les mœurs, par l’esprit, par le cœur, elle s’abaisse, elle se rompt, elle se perd.

C’est pourquoi la noblesse, bien que de plus haut lignage, s’est de tout temps distinguée par une haute déférence pour le Clergé. La bourgeoisie, au contraire, ne se serait fait connaître que par son mépris pour lui.

Depuis le moindre maire faisant opposition au curé de sa commune, jusqu’au professeur en lutte contre son évoque, et au gouvernement traitant de maître à clerc avec l'Eglise, partout la Bourgeoisie aurait montré en cela son peu d'entente à diriger une nation.

Ce peu d’entente venait de sou peu de respect. L’orgueil abaisse et abrutit promptement l’homme. La Bourgeoisie ne put jamais souffrir près d’elle une supériorité

l’aristocratie.

qui ne fût pas nce des ccus. Elle ne supportait celle du mérite, celle de la science, q.ui la suivait, qu’en la blessant à sa manière.

Or la première condition pour que la Bourgeoisie se relève, c’est que, renonçant à son scepticisme et à sa triste présomption , elle rende son âme à l'Ëgliso et offre son cœur au Clergé.

Suivra-t-elle l’exemple sublime qu’a donné si longtemps la noblesse? Au retour de tant de combats, étincelante de ses munificences à la maison de Dieu, rehaussée par la gloire et les dignités de l’Etat, chez qui le dédain du pauvre ouvrier évangélique pouvait-il plus aisément naitrc qu’auprès de cette fille des aïeux? et chez qui néanmoins s’éleva plus grand ce respect sacré, qui désormais la couvrira d'un dais de respect et d’honneur jusque dans les siècles futurs !

Qui s’est cru le droit de ravir à l’Église la liberté de posséder, la liberté d’agir, la liberté de parler, la liberté d’enseigner, cl de prendre ces libertés pour soi?... Non, jamais la noblesse ne s’est donné le droit d'enseigner aux nations.

Quand la Bourgeoisie ouvrira-t-elle les yeux? Il lui semblait n’avoir autre chose à faire, qu’à surveiller cl à paralyser les membres de cette pauvre et sainte Église. Or, elle n’a autre chose à faire qu’à la servir de tout son cœur, de toute son âme, de toutes scs forces., si elle veut subsister encore..

Notre avenir dépend du concours de mœurs, d’esprit et d’actes que la Bourgeoisie prêtera au Clergé, puisqu’elle garde seule les pouvoirs d’une aristocratie.

Que la Bourgeoisie vienne se joindre à la noblesse, et que toutes deux aillent s’unir maintenant au Clergé pour

étayer la France qui s’écroule! Ce serait une preuve que la Bourgeoisie perd son orgueil, et que toutes deux gagnent la Foi. — Et, d’ici à dix ans, on peut répondre de ce peuple.

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