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CHAPITRE XXX

Liberté illimitée de la pressa.

Donner la liberté de la presse, c’est paralyser le clergé et rétablir le règne de l’erreur. Et c’est en même temps détruire le Pouvoir, les principes, les traditions, la raison , les coutumes , et tout ce qui dépasse la portée du vulgaire.

Dieu n’a pas donné à l’homme de liberté illimitée. Au-devant de la volonté, comme au-devant du corps, il

(1) L'Europe, la moins fertile des quatre parties du rnoude, porte une richesse qui vaut plusieurs fois la richesse des autres. Que le christianisme cesse d'y prêcher le travail et la modération dans les jouissances, vous sauret ce qui restera I

l’aristoch ATIE. -J57

a déposé uh arrêt pour que du premier pas l'homme ne rentrât point dans la mort.

Cet arrêt est un renvoi pour la liberté, afin quelle recommence et que l’homme en conserve le don. C’est la multitude des actes qui fait l’homme, non un seul. Tout est disposé pour que la liberté lui soit à tout instant rendue, à mesure qu’il va la perdre, de manière qu’il puisse sans cesse réitérer l’acte libre.

La liberté n’est pas pour elle, mais pour son fruit, le mérite. L’homme qui la prend et l’emporte pour lui, la perd. La liberté illimitée serait celle qui aurait le pouvoir de s’annuler : ce n’est point la liberté de l’homme.

Chez l’homme, une liberté illimitée prouverait qu’il est parfait. S’il l’était, il ne recevrait pas la liberté afin de le devenir I La liberté illimitée n’appartient qu’à l’infaillibilité et n’existe qu’en Dieu.

Au lieu que l’homme est réservé à cette immense gloire, de n’étre rien pour pouvoir tout, avec l’aide de la grâce divine !

Maintenant nous voyons la question :

Liberté illimitée pour l’Eglise, parce quelle est l’action infaillible et paternelle de Dieu sur nous; liberté limitée de la presse, parce quelle est l’action faillible et équivoque de l’homme sur autrui.

Examinez : le monde croit à l’infaillibilité de l’Eglise, et le monde croit à la dcfectibilité de l’homme ! Par la première, nous avons trouvé la gloire et la paix ; dans la seconde, nous n’avons eu que des malheurs.

Si donc vous désirez constituer, cherchez les véritables lois. Mais vous ne voulez pas des lois du monde : vous n ’èles en quête que des vôtres !

Or, l’homme est libre, mais la Société ne l’est pas : elle

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