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CHAPITRE LVII

Dernier espoir dans le présent.

Les événements pourront seuls et nous sauver et nous instruire. Rien n’est mûr pour la vérité... Attendons que la Providence parle. Peut-être avant que la France succombe, Dieu lui accordera-t-il encore un grand Gouvernement... Mais quand? Veillons alors à sa durée : après lui, le néant de l’Europe elle-même..

l’aristocratie.

Quand ce moment sera venu, comment s’ouvriront an vrai Roi les portes de la France? Elles s’ouvriront par la main de Dieu ! Il y a dans la société humaine des situations qui sont hors de la puissance et même de la pensée de l'homme : alors Dieu ne lui demande que de se rendre à la vérité, puis d’obéir...

La Révolution nous a mis dans une de ces situations.

Au reste, ce n’est point vous qui faites ni qui défaites les Etals. Un jour le bien viendra à la suite de la prière, comme est venue la punition en Février à la suite du mal. . . Les hommes ne croiront donc jamais qu’ils sont subordonnés à la Toute-puissance, que Dieu s’est réservé la vie, l'éducation, le châtiment et le salut des nations !

Pour le moment, hâtons-nous de rétablir, à l’aide de la vertu, une aristocratie véritable. Nous ne presserons les événements que par la prière et par le bien. Toute autre entreprise deviendrait le signal d’un irréparable malheur. ••

Les peuples de la Révolution ne sont plus maitres de briser le cercle dans lequel ils se sont enfermés. Il faut que la Révolution s’use d’elle-mème jusqu’au point marqué. Le Légilimisme s’abuse quand il croit pouvoir, en ce moment, imprimer à la France la direction qui nous conduirait au salut.

Cela va lui sembler singulier : il faut qu’il achève de se dérévolutionner lui-mcme. Sous Louis-Philippe, il eût voulu, avec ftl. deGenoude, le suffrage universel; sous le Gouvernement provisoire, avec M. de La Ro'chejaqnelein, l’appel au peuple; sous le Président, avec M. Berryer, le gouvernement parlementaire; avec à peu près tous ses membres, il veut encore le gallicanisme et

•. PRAKÇ. H

même il compte sur le libéralisme ; avec bon nombre, il veut réforme hypothécaire, luxe, industrialisme, crédit, banque agricole, liberté de la presse, etc. ! Il faut que toutes ces erreurs tombent. Il faut que des événements, qu’il est impossible encore d’indiquer, ramènent la lumière sur ces points importants !

Il faut que la Noble opinion achève d’apprendre ce que c’est que La Révolution, qu’elle-mème a laissée germer au cœur de l’ancienne France, et plus lard éclater et régner sur nous. Car la Révolution s'est formée sur les hauteurs, comme la foudre dans les nues, avant de frapper la terre. Il est indispensable, aussi , que la France achève elle-même de se désabuser, et qu’en un mot, partout l’erreur soit comme battue d’avance. L’appui des légitimistes suffirait-il , en ce moment , pour mettre le Roi sur le trône?. Paix!... Il faut qu’il arrive éclatant de puissance et rayonnant de bonté ! Toute sa force, tout son empire sur l’opinion sera dans cette loyauté de l’aveu du Gouvernement juste et puissant qu’exige letat de la France!

Transactions et promesses n’amènent que mépris : elles seraient , en outre, impuissantes. L’homme au contraire est ébloui par la franchise, et prêt à suivre l’àme dont il a reconnu la grandeur !

Il faut tout avouer. Dans ce chaos étrange que l’on prend pour un monde naissant, les légitimistes ont seuls les yeux tournés vers la lumière, et néanmoins ils seront encore impuissants... Pourquoi? sinon parce qu’ils espèrent mettre le navire à flot avec une partie des moyens qui le retiennent dans la vase. II faut qu’un grand secours nous vienne de Celui qui, avant de créer le monde, a séparé la clarté des ténèbres !

l’aristocratie.

En ce moment, nous ne pouvons réellement agir qu’en rentrant un à un dans la Foi, c’est-à-dire dans le bien et dans la vérité entière'.

S’il faut dire toute sa pensée : A notre anarchie actuelle va succéder le despotisme; et le remède au despotisme sera le Droit divin...

(1} On compromettra tout si l’on veut que la vérité se baisse pour entrer chez nous. Le mal alors serait irréparable, et le Roi ne pourrait rentrer que lorsqu’il n'y aurait plus de légitimistes en France.

Le gallicanisme et le libéralisme sont les deux mauvaises cordes de l’arc, et par malheur nous ne voulons pas les changer! Nous prétendons toujours asseoir l’autorité sur les deux plus dangereuses négations de l’autorité dont notre époque puisse souffrir I

Persister dans notre méfiance à l’égard du St- Père, détenteur de la vérité, et des ordres religieux, ses derniers défenseurs, pour se confier follement aux mensonges du libéralisme; prétendre comme ce deruier, que lu souveraineté vient du peuple, que Dieu doit être écarté de la politique, et l’Eglise séparée de l’Etat, c'est-à-dire livrée à la Révolution, est-ce sérieusement s’élever assez haut dans la politique, pour venir au secours des peuples?

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