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CHAPITRE LVI

Dernier regard sur le pas^é.

Je ne viens pas défendre l’ancien Régime, le roi et la noblesse : je viens plutôt les accuser! Averti par le temps, nous pouvons dire que la Société est frappée et s’en va à cause des erreurs et des vices qu’ils ont laissés pénétrer dans son sein.

Si les nations ne se fondent et ne s’élèvent que par leurs aristocraties, elles ne retombent que par elles... Si la royauté fût toujours restée royale, la Révolution et les passions des hommes ne l’eussent peut-être pas renversée. Si la noblesse fut toujours restée noble, la seconde classe ne l’eut certainement pas détrônée. La force, perdue par la vertu, s’est tournée du côté du mal.

Le peuple ici n’a jamais tort.. Ses mœurs ne sont que les nôtres, et ses crimes sont nos châtiments. Les peuples ne sont ici que les derniers coupables, puisque les rois ont été faits pour les défendre et les conduire.

Les révolutions remontent à l’époque où les rois s’af-

l’aristocratie.

franchirent de cette Juridiction spirituelle de l’Eglise, qui plaçait avant tout, pour condition de leur pouvoir, la Justice immuable. Dès lors, après le schisme en religion, on vit le schisme en politique, puis le déisme dans l’Etat, enfin l’athéisme actuel...

Où puiser la souveraineté si l’on détruit sous les yeux de la foule le canal ostensible par où elle descend jusqu’à nous? La royauté et l’aristocratie se sont fait plus de mai que ne leur en ont fait les révolutionnaires. Elles ont coupé ici la racine qui les portait.

Elles avaient durant quatorze siècles élevé la plus noble civilisation de la terre. Leur mérite devant Dieu et devant les hommes demeurera le plus grand qui ail été obtenu dans ce monde, après celui de l’Eglise; et les populations de l’Europe ne rencontreront point les frontières de la reconnaissance quelles doivent à l’une et à l’autre ! Cependant on se demande si elles ne tenaient pas de Dieu assez de dons pour résister à la grande tempête soulevée par l’orgueil !

11 est utile de savoir si elles ont fait tout ce que le Ciel attendait d’elles ; si le sang de Jésus-Christ devait tarir dans leur âme favorisée ; si elles ont épuisé en elles la force des temps modernes, la force remise à l’homme, celle du bien en ce monde, en un mol, la portée de la création...

Toutefois, si les temps ne sont pas accomplis, nous ne sortirons de cette situation extraordinaire que par la Foi, par l’exemple, et par l’autorité. Hommes du libéralisme, en vain vous tenteriez une révolution. Ne touchez pas de la sorte aux événements, ils sont là pour vous instruire ! Ne travaillez à l’ordre que par l’ordre. Les institutions ne ressusciteront que par la force des mœurs !

L’avenir ne peut sortir d’une forme de gouvernement

qui affermit l’orgueil universel... Suffit-il à la Société moderne qu’un expédient chaque jour l’empêche de périr ? Est-ce là le dénouement légitime de la civilisation, l’accomplissement de l’histoire? Un plus grand nombre dames, car là est toute la question, marchentelles maintenant au salut éternel?. Les hommes ne veulent plus obéir : or, quand il n’existera plus de Rois en Europe, nous-mêmes nous n’existerons plus.. La paix ne sortira point des sources qui ont vomi le désordre et l'envie. L’autorité ne sera point ressuscitée par ceux qui l’ont mise à mort; personne ne dispose de quatorze siècles de respect, et l’agiotage n’hérite pas de la gloire. L’Autorité est morte; la Foi, l’honneur et le respect sont morts 1 vous n’avez à la main que des gouvernements de mort.. Les choses peuvent vous paraître se maintenir : prenez garde ! vous ne vivez que sur l’acquis, et la France s’en va...

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