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CHAPITRE I

Point de vue important dans la marche des choses.

La création n’est qu’une avance, et il faut que l’homme se forme.

Ceux qui ne comprennent pas ce point, n’auront jamais la grande notion de la liberté. Dès lors toutes leurs idées sur ce monde seront fausses.

A cette heure, la question jadis posée devant Adam, semble être offerte à la Société. Ceile-ci, jusqu’à présent, a pu se former à l’abri du Pouvoir. A la faveur de ce moyen étranger, la nature humaine s’est soutenue.

Malheureusement nous quittons les langes de l’autorité. Parlons en thèse générale, car il faudra brusquement les reprendre si l’orgueil ne veut pas céder...

On dirait que l’arbre du pouvoir du bien et du mal vient d’ètre de nouveau offert à la Société. Résistera-t-elle à cette seconde épreuve? Rappelons-nous tout ce qu’il a fallu pour établir la Société, môme à l’aide de l’autorité! Ici tout sera autrement difficile. Et cependant, si l’humaine nature le voulait, elle pourrait, avec la grâce de Dieu, s’élever à cette gloire d’arriver à une Société de

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vertu, c’est-à-dire de liberté, au lieu de rester une Société d’autorité.

11 est fort à craiodre, à cette heure, que la recrudescence de l’orgueil qui a amené la Révolution, ne rende impraticable ce plan de Dieu sur nous ! La liberté voudra couler en abondance, parce que son temps était venu, mais c’est le mal qui affluera et non le bien. Comme tout eut été magnifique sans l’orgueil, qui replie sur l’homme les forces qui devaient s’élancer vers Dieu !

il fallait que la liberté allât elle-même au-devant de la loi, et s’identifiât avec elle; au lieu de s’approprier la loi, de se l’attribuer et de la déchirer.

Sans l’orgueil, il ne s’agissait plus d’établir l’ordre malgré la liberté; mais à l’aide de la liberté! Ces dixhuit siècles de christianisme ont fait d’avance ce qu’ils ont pu dans la nature humaine pour l’amener jusque-là. En ce jour, elle vivra souvent sur les forces que le passé lui a ménagées...

L’autorité s’en va. Bientôt la Société moderne ne dépendra que d’elle-mèmc; le temps heureux de la préservation semble loucher à sa fin. Alors la mesure de notre vertu sera celle de notre existence.

Si nous avons recueilli dans le christianisme assez de vie, nous nous sauverons. Si nous n’en avons pas assez recueilli, nous périrons sous celle épreuve, que Dieu avait d’abord offerte à Adam, qu’il semble offrir aujourd’hui à la fille d’Adam, à la Société humaine...

APPENDICE

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