CHAPITRE II
L’autorité n’est qu’une avance de Dieu A la Société.
Les hommes, aujourd’hui, s’enfoncent dans une méprise qui est un océan d’erreurs. Ils s’imaginent que la Révolution apporte le bonheur au monde, tandis quelle est sur le point de le faire périr...
En outre, pour fonder la civilisation nouvelle, ils comptent sur une liberté que la Révolution annonce, et cette liberté les conduit à la mort! Car ce qu’ils nomment de la sorte, n’est point la liberté, mais leur orgueil...
Disons donc quelques mots sur l’Autorité dans son rapport avec la liberté réelle.
L’autorité dût-elle se rétablir complètement chez nous, ne comptons plus tout à fait sur elle. Elle est le point auquel la liberté doit atteindre ; elle est de moins en moins celui sur lequel la liberté doit s’appuyer. A l’avenir, il serait insuffisant d’établir la liberté avec l’ordre, comme on l’a pu jusqu'à ce jour; il faudra en outre établir l’ordre avec la liberté. Si l’on parvient à traverser les dangers effrayants de l’Epoque, les gouvernements euxmèmes le sentiront.
' Ilormi notre grande misère, n’est-ce pas autant de pfcrdu pour la nature humaine, d établir toute la Société par l’autorité? Le jour où celle-ci se relire, ne faut-il pas reprendre en sous-œuvre celle-là ? Evidemment. Mais telle est la position qui nous est faite par la Chute. Il a bien fallu
APPENDICE. 463
protéger l’homme enfant, l’empêcher de mourir. Seulement, on ne peut l’empêcher d’agir.
Puisqu’il importe de faire une si grande part à notre liberté, que l’Eglise devienne donc plus puissante que jamais !
Et, toutefois , il serait à désirer aujourd’hui que l’Autorité primitive pût revenir ! ce serait preuve que nous sommes encore au temps des petits soins et qu’on nous considère comme des enfants. Car si la liberté du bien ne nous sauve, avouons que la dissolution est là.
A l’aide de l’autorité, maintenons donc au jour le jour ce que nous pourrons. Ramenons la paix, emprisonnons l’orgueil, donnons un dernier coup de main à l'homme. Car bientôt il n’y aura au fond d’autre autorité que celle que la Société aura d'elle-mèmo amassée dans l’ordre moral. Et si celte autorité là n’est pas assez puissante, la Société succombera.
En ce jour on se rappellera les Rois!.. En traversant les servitudes de la liberté , les hommes nommeront heureux les temps où les Rois régnaient pleinement et paisiblement sur la terre. Mais l’orgueil fait que les hommes ne comprennent plus...
Oui, ce monde fut créé pour la liberté, c’est-à-dire, pour le mérite, c’est-à-dire, pour qu’un être autre que l’Eternel subsistât et prit part à l’amour infini. Mais la Chute en a contrarié le cours : bien que tout ne soit fait encore qu’en vue de protéger cette liberté morale, de la développer et de la dispenser suivant ses forces*
Car tout ce que n’a pas fait la liberté par coopération, est faible de soi, et de moindre valeur pour Dieu. A cause de la Chute, ce monde est bien souvent comme l’ombre d’un monde.
APPENDICE
L’autorité, ne l’oublions plus, n’est qu’une avance que Dieu a faite à la Société. Nous rappelons ces choses afin que si l’autorité réussissait encore à nous sauver et à nous rétablir, nous sachions qu’il faudrait l'entourer de tout notre amour et compter avant tout sur le concours des consciences.