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CHAPITRE XVI

Le Capital est toujours en proportion de la vertu.

Le fait étant donné, toutes les conclusions en découlent.

Pour entretenir sans capital une nation, il faut que la masse des hommes soit en proie à un travail exténuant; c’est ici l’esclavage. Lorsque celte nation s’élève sur un capital plus étendu, déjà une partie de la population peut entrer dans les fondions libérales; c’est ici le moyen-âge. Enfin, lorsque cette nation s’assied sur un capital de plus

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en plus suffisant, les hommes, n’étant point obligés do donner toutes les heures du jour à l’entretien du corps, en peuvent consacrer quelques-unes à l’entretien de lame ; c’est à ce but que tend la civilisation.

Dans le Capital, comprenons la science qui, sans loisir, n’existerait pas; la moralité, sans laquelle le travail, incapable , et les besoins , insatiables , .ne feraient pas de Capital ; le sang, sans la richesse duquel la science, le travail et le capital ne sauraient être employés. Le Capital est comme une conscience où retentissent toutes les fonctions de l’àme, depuis l’intention qui commence l’acte, jusqu’à la résolution qui l’accomplit.

Etudions tout, nous entrerons dans cette idée, la plus simple et la plus profonde de ('Economique : la vertu est la source du Capital, le vice en est la destruction. On n’épargne qu’après avoir pu vivre; quand pour vivre on absorbe tout, on établit la perpétuelle impossibilité du Capital.

Le sûr moyen d’arrêter une nation dans sa marche serait de faire rentrer le Capital dans le néant, en disant au travail de tout consommer et en nommant l’épargne un vice; c’est-à-dire, en éteignant la morale. Par ce chemin, il faut trois pas pour rentrer dans la barbarie, c’està-dire dans la misère, dans l’anéantissement du peuple.

Le sur moyen d’améliorer la condition d’un peuple, est d’en accroitre le Capital. Si l’on faisait l’histoire du Capital, ce serait celle de la civilisation elle-même. Or, toujours le Capital augmente en proportion de la vertu ; il s’accroît par la même puissance que la nature humaine dans l’homme! Si les nations chrétiennes, exclusivement, ont environ cinq fois plus de Capital que les plus riches nations antiques, si leur population est plus du triple sur

le même emplacement, c’est par cela même qu’elles sont les nations chrétiennes.

Telle est la prospérité d’an peuple, telle est sa quantité de capital ; et telle sa quantité de capital, telle est la quantité de sa vertu, ou l’abondance divine en lui. L’Economique n’est que le champ de la morale.

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