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CHAPITRE XXIII

Résultats de l'abus du commerce.

Résultats de l’abus du Commerce : disette dans les choses utiles , surabondance dans les choses superflues, pénurie dans le sol et dès lors dans les masses, ruine des capitaux, c’est-à-dire paupérisme.

Quand l’Eglise nous mit en garde contre les Juifs,

LE CAPITAL. 59

contre l’usure, contre les banques, enfin contre l’abus du commerce, nous n’avons pas voulu lecouter...

Ecouterons-nous les faits? Premièrement, le commerce substituant la valeur vénale à la valeur réelle bouleverse les lois de la production. Secondement, le commerce se substituant aux besoins renverse les lois de la consommation. Troisièmement, le commerce substituant les richesses de superfluité aux richesses de nécessité détruit la population.

L’affaire du négociant n’est pas d’étre utile, mais de vendre. Le commerce n’est plus, comme dans les livres d’économie politique, celte industrie qui, transportant le produit au lieu de sa consommation, crée devant le besoin une richesse réelle. Il devient celle puissance accélérant partout la consommation par un bas prix qui vient de ruiner quelque part une branche du travail. L’institution du voyageur de commerce est un fait qui explique tout.

Le bienfait du commerce fut d’enlever l’industrie à l’état domestique. Son fléau est de s’être fait le sol des objets de luxe. C’est par ses soins, c’est pour son but que du lin valant 1 franc est converti en une dentelle de 3,000. On demande où sont les 2,999 francs de travail, c'est-à-dire de capital, entrés dans cette confection? Un peuple qui laisse le droit de transformer ainsi son capital pour les besoins païens ne risque pas de s’enrichir! Il créait une richesse pour satisfaire ses besoins de nécessité, aussitôt on la lui change en un objet de vanité.

Notre misère a commencé le jour où les hommes ont voulu s’enrichir. Les lois de la richesse ont été bouleversées dans le monde. Comme la terre ne fut pas faite en vue de fournir de l’or, les digues économiques ont été rompues, et le capital s’est perdu. Le jour où un tel fait

se produisit chez les nations antiques, elles disparurent. Les populations déshéritées du Capital allumèrent une guerre civile qui amena la destruction de ces Etats.

Les Prophètes n’ont-ils parlé que pour les Juifs? Ils ont dit la ruine des peuples que l’abus du commerce, dans ses conséquences économiques et morales, avait dissous. Les sociétés modernes auraient-elles d’autres fondements,

et l’homme reposerait-il en dehors des lois morales?

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