CHAPITRE XXVI
De l'homme qui crée du Capital.
Si le Capital est la substance même de la civilisation, s’il est l’agent de la prospérité des peuples, sachons qui le produit, ou l’entretient quand il existe.
Le Capital étant un produit épargné et employé, tout homme qui ne produit pas ne concourt pas au capital ; et tout homme qui n’épargne pas le détruit, puisqu’il
consomme. Il le détruit en la limite de sa sphère économique, comme celui qui travaille l’accroit en la mesure de la sienne.
Le cultivateur produit du capital lorsqu’au lieu d’employei* son produit à embellir son vêlement et ses meubles, à enrichir sa table et son logement, il l’emploie à remettre dans son sol du travail, de l’engrais ou des#onstruclions de plus.
Le manufacturier produit du capital lorsqu’au lieu d’appliquer son excédant aux dépenses de sa personne ou de sa maison, il l’ajoute aux capitaux avec lesquels il fera travailler un ou deux ouvriers de plus.
Le rentier produit du capital lorsqu’au lieu d’employer scs rentes aux consommations improductives des goûts de superfluité, il les met à augmenter son propre capital, la production de ses domaines, ou le nombre de ceux- qui y trouvent du pain et du travail de plus.
D’ici l’on voit qui détruit du capital. La capacité de produire du capital, chez une nation, n’est que la simplicité des coutumes et l’amour du travail. Développez les passions, la paresse et la vanité chez un peuple, vous le menez à sa ruine économique. L’épargne étant la source du capital, et le capital la source de l’amélioration du peuple, l’épargne est donc la première vertu sociale, la grande vertu populaire. Le reste est vanité.
La paresse ne produit pas, la passion consomme, et la vanité brûle tout. Détournant la richesse .de son but, la présomption en mène le courant au déversoir de la consommation improductive. Tout capital formé en dehors des richesses nécessaires à l’entretien du corps et aux progrès de lame, est un prélèvement sur ce que les producteurs de ces richesses eussent dû épargner pour en faire du capital.
LE CAPITAL