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CHAPITRE XXV

Dangers de notre fausse économique.

Notre économique est faùssée ; cette science a été faite malheureusement sous les idées du xvm® siècle. Les détails constatés sont bons; elle a analysé les éléments et fait en quelque sorte une curieuse anatomie. Mais la recomposition du corps vivant de la richesse a échappé à sa portée. Elle n’a répondu que par le scepticisme à la notion transcendante sur laquelle repose le capital. Les peuples actuellement exposés aux conseils de cette science souffriront encore de grands maux.

Tant que, bornée au point de vue païen, elle prêchera le lucre ou la richesse commerciale à l’homme, elle sèmera la pauvreté. Il faut que l’Economique se refonde sur les idées chrétiennes , c’est-à-dire sur les idées pratiques mêmes. Elle est actuellement stérilisée dans sa source et vers son résultat.

L’immoralité a déterminé une consommation improductive énorme, en dehors de toute limite économique. Ce genre de consommation appauvrit directement une nation. La pensée de la solidarité n’a même pas éclairé les bases économiques. On ne peut consommer du capital sur un point sans que sur un autre le travail ne se détruise.

Dans la stricte vertu du riche comme dans la prudente épargne du pauvre sont les sources de la richesse publique. La science disait le contraire.

Mais, par Richesses, il faut entendre celles qui satisfont les besoins de nécessité et ceux de développement, c’est-à-dire les besoins chrétiens. Quant aux richesses de vanité et de superfluité, elles sont la destruction des premières, et la destruction de la nature humaine.

On vit le capital d’un peuple se partager en deux : celui qui correspond à la production des objets de nécessité, et celui qui correspond à la production des objets de superfluité. Eh bien ! le second est autant de dérobé au premier; c’est-à-dire que le luxe est autant de prélevé sur le pain.

Quand par son imtnoralilé un peuple attire les forces de la production sur les objets de luxe, il accroît d’autant sa pénurie. Il arrive que les masses ne peuvent plus réduire leurs besoins de nécessité pour acheter ces objets de vanité : ainsi la position des campagnes. Et le moment où les ouvriers des villes ne peuvent plus se contenter des

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profils de leurs produits, est celui où l’on ne peut plus les acheter. C’est ce qui arrive à cette heure en France.

Or, toute production non demandée est une destruction de richesse; de plus, une destruction du capital et du travail affectés à celte production; enfin une destruction, par le paupérisme, de la population qu’elle suscitait : ruine sur ruine. Toute décadence est rapide.

Le danger de cette bifurcation du capital en capital légitime et en capital de luxe, est d’autant plus grand chez un peuple qu’il est plus avancé en civilisation. L’énormité de sa population lui fait une nécessité de préserver du moindre choc le plateau qui la porte. Si l’Océan reprenait un tiers du territoire de la France, où la population qui le recouvre trouverait-elle sa subsistance? Eh bien ! tel est l’événement que le luxe a fait éclater chez nous.

Que le xvme siècle vienne au secours de la population qu’il a mise sur le gouffre !

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