‹ Restauration françaiseChapitre 82 sur 197 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Ou catholique ou socialiste.

Il faut être catholique ou socialiste. Toute question n’a que deux terrpes. Ou le mal est dans la nature humaine, ou il vient de la Société. Tout est là.

S’il n’est pas dans la nature humaine, égalité de tous les hommes, absurdité de la peine, vanité de la religion, iniquité des pouvoirs. Le socialisme s’élève tout d’un jet, car il est en plein sur son droit. Oui, si l’homme est parfait, cette terre est le but. Et prenez garde, cette idée traverse tout, elle embrasse l’économique aussi bien que la politique1.

Catholique, ce monde est vrai : tout redevient conforme

(I) Toute la politique se balance entre ces deux idées : ou l'honnne nuit bon, de 14 la liberté, l'égalité des droits, l'illégitimité du Code pénal et de l’autorité. Ou l'homme uait mauvais, de 14 la répression, l'éducation, la légitimité de la peine et celle des pouvoirs. La question religieuse est toute la question politique.

l’ordre social.

aux faits, à la longue pratique des siècles. Socialiste, rieo n’est encore : le monde a erré six mille ans, il s’est trompé de fond en comble... Mais alors que deviennent la Providence et la Perfection éternelle ? Dieu , qu’a-t-il fait de la création ? où prend-elle sa raison d’èlre ?

Ou catholique ou socialiste. Entre les deux extrémilés de l’échelle flotte la masse des esprits flasques, tous gradués suivant la bévue de leurs passions. Une question ne s’arrête pas en chemin. Qu’il n’y ait au monde qu’un seul catholique et un seul socialiste, il n’en faut pas davantage !

P.-J. Proudhon est en ce moment l’homme le plus utile de France. Pour résoudre le problème, il faudra bien monter jusqu’en haut ! 11 faudra bien savoir si l’homme est tout fait, si la nature est toute prête, si cette vie est notre but, comme le dit Proudhon ; ou bien si l’homme se forme, s’il doit s’affranchir du mal, si le capital se fonde par le mérite, et si celte vie n’est qu’un moyen, comme le dit la Foi. Quelle révélation sortira d’une telle époque1, si notre civilisation résiste !

Le peuple n’a pas toute la sottise qu’on lui croit. Il ne remuera pas cent questions. Dans son bon sens, il apercevra aussitôt si le travail est attrayant, ou bien s’il est une peine. Le reste lui viendra delà...

O hommes d’Etat! votre rationalisme n’est que la métaphysique du socialisme. Ce dernier est dans le même point de vue que vous. Tel vous faisiez sortir l’Homme de l’Ab-

(1J Quand on aura fini de parler, il faudra traiter la question. Il s'agira de savoir, les yeux sur les faits, laquelle est vraie de la doctrine de la Chute, ou de celle de l'immaculée conception de l’homme...

Des temps approchent dont votre pensée est bien loin 1

solu , tel il le reçoit entre les bras du temps. Son économique est la vôtre.

Vous sentez bien que le peuple n’ira point monter dans toutes vos idées, pour redescendre ensuite sur une pratique qu’il peut juger en face. Il n’ira pas s’engager dans votre science, quand les faits la traitent pour lui. 11 partira juste du point auquel vous ne vouliez pas qu’il arrive. Jouir! il comprend cela d’un mot.

11 faut bien espérer que Dieu viendra nous secourir ! Alors selon votre expression triviale, ô philosophe! mais que les faits vous renverront, le Rationalisme n’en aura pas pour vingt ans « dans le ventre. »

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