‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 16 sur 33 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Hypertrophie prostatique.

Prostatectomie périnéale par voie latérale.

Homme de soixante-dix-neuf ans entre service Civiale le 26 septembre 1910, pour fréquence des mictions et urines troubles.

Début il y a six ans. Le malade est obligé de se lever la nuit pour uriner et constate que le matin au réveil le début de la miction est

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particulièrement pénible. Peu à peu la fréquence des mictions augmente jusqu’à quatre fois la nuit et toutes les heures le jour. L'année dernière en août, rétention d'urine complète qui dure trois jours. Depuis ce moment le malade doit se sonder lui-même deux fois par jour. Au mois de mars de cette année le malade est pris de fièvre avec frissons, soif intense, et doit garder le lit pendant un mois. Depuis cette crise ses urines restent troubles. Le 20 septembre nouvelle crise fébrile pour laquelle le malade entre à l'hôpital.

ANTÉCÉDENTS. — Rhumatisme articulaire aigu à vingt-deux ans.

Blennorragies à dix-neuf et vingt-neuf ans, guéries sans complications.

Depuis très longtemps, sans qu'il puisse préciser la date, il est facilement essoufflé et a souvent les jambes enflées.

Examen. -— Etat général défectueux. Langue sèche, soif vive. Pouls 104, température 38°6.

OEdème léger des pieds et des chevilles.

Quelques gros râles dans les poumons. Cœur rapide, arythmique, mais pas de localisation valvulaire.

Méat : Normal.

Urètre : Une sonde béquille n° 19 passe facilement. Longueur du canal 21 centimètres.

Vessie : On évacue aussitôt après une miction volontaire 1950 grammes d’urines très troubles. Les dernières gouttes sont du pus presque pur.

Prostate : Volumineuse, saïllante dans le rectum, un peu molle, mais régulière et bien limitée.

On sonde le malade deux fois par jour. Lavages de vessie au nitrate d'argent, ventouses, régime lacté.

28 septembre. La température est normale. Le malade se sent bien. L'œdème des jambes a presque complètement disparu. Les urines s'éclaircissent. On met le malade au régime déchloruré.

29 septembre. Epreuve du bleu de méthylène. Elimination intermittente et de courte durée. Le bleu disparaît des urines au bout de seize heures. L'intensité reste faible pendant toute l'élimination.

Le malade réclamant l'opération et son état s'étant très amélioré, on se décide à la prostatectomie.

OPÉRATION. — 30 septembre 1910. M. Cotillon.

Prostatectomie périnéale par voie latérale suivant la technique de Wilms.

La prostate est enlevée d’une pièce, mais à cause de son volume

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son extraction est très pénible. On doit l’attirer avec deux pinces à traction. Poids 108 grammes. Hémorragie assez abondante qui cède au tamponnement.

RÉSULTATS IMMÉDIATS. — Le soir, le malade est assez bien, quoique très pâle. Pouls régulier à 90. Température 37%. Urines sanglantes mais assez abondantes. Huile camphrée.

1°" octobre. Le malade est oppressé. Les urines sont sanglantes el un peu rares. Le soir, pouls 96, un peu irrégulier. Température 38 degrés. L'œdème des membres inférieurs a reparu. Caféine, huile camphrée, ventouses.

2 octobre. Malade très pâle. Les urines contiennent moins de sang mais sont peu abondantes. Dyspnée intense. La poitrine est pleine de gros râles humides perceptibles jusqu'aux sommets. Cœur très arythmique. OEdème des deux jambes remontant aux genoux. Température 39 degrés. Pouls 98, mal frappé, avec des arrêts fréquents. Huile camphrée, caféine, ventouses sèches et scarifiées.

3 octobre. Le malade est très faible, toujours très oppressé. Ablation des mèches. Il y a un peu de pus au fond de la plaie. Lavage au permanganate. Les urines ne contiennent plus de sang mais sont très rares. L’œdème remonte aux cuisses. Le soir, la température tombe à 37 degrés. Pouls à 92 avec arrêts fréquents. Le malade a du hoquet.

4 octobre. Mort à six heures et demie du matin.

AUTOPSIE. — N'a pu être faite.

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