‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 15 sur 33 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Hypertrophie prostatique.

Prostatectomie périnéale par voie latérale.

Homme de soixante-cinq ans, entre service Civiale, le 1° septembre 1910, pour rétention d'urine complète.

Début il y a dix ans par fréquence des mictions qui surviennent toutes les heures le jour et trois ou quatre fois la nuit. Cette fréquence va en augmentant jusqu'à dix à douze fois la nuit. Depuis huit mois quand le malade reste trop longtemps sans uriner il éprouve de violentes douleurs dans la vessie et une difficulté très

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grande pour commencer à uriner, mais jamais de rétention complète.

Le 28 août 1910, après un refroidissement, rétention complète. Il reste deux jours ainsi en n'émettant que quelques gouttes d'urine. 11 va à Tenon le 30. On évacue de sa vessie environ un litre et demi d’urines claires au dire du malade. Le 31 il vient à la consultation de Civiale, mais en retard. Il reste donc ainsi toute la journée urinant par gouttes avec beaucoup de difficulté. Il est admis dans le service le lendemain matin.

ANTÉCÉDENTS. — Jamais de maladie grave antérieure. Ni blennorragie, ni syphilis Hémorroïdes depuis trente et un ans, saignent habituellement. Constipation opimiâtre.

ExamEN. — Malade maigre, d'aspect peu vigoureux.

Méat : Normal.

Urètre : Une sonde béquille n° 21 passe facilement. Longueur du canal 20 centimètres.

Vessie : est distendue par une volumineuse rétention qu’on évacue en partie en remplaçant le liquide évacué par de l’oxycyanure. Nitrate d'argent à la fin, car les urines sont troubles.

Prostate : très volumineuse, dure, à surface un peu bosselée, mais bien limitée. Hémorroïdes procidentes partiellement irréductibles. On sonde le malade quatre fois par jour.

Du 13 au 23 septembre, la température oscille entre 39 et ho degrés. Congestion pulmonaire double. Ventouses sèches et scarifiées.

Le 25 septembre, Cystoscopie. Vessie à colonnes Saillie prostatique volumineuse. Épreuve du bleu de méthylène, élimination un peu irrégulière, mais non prolongée. Le malade n’a toujours pas de mictions. On le sonde trois fois par jour; urines à peu près claires.

OPÉRarton. — 28 septembre 1910. M. Baudet.

Prostatectomie périnéale par voie latérale suivant la technique de Wilms. La prostate très volumineuse est difficile à amener dans la plaie et doit être luxée au moyen de pinces à traction. Poids 108 grammes, Hémorragie légère qui cède de suite au tamponnement.

RÉSULTATS IMMMÉDIATS. — 29 septembre, température 38 degrés. le tube fonctionne bien. Urines sanglantes.

30 septembre. Ablation des mèches. Le soir, température 38°. Le malade est un peu faible et tousse. Ventouses, huile camphrée.

2 octobre. Température toujours autour de 38 degrés. Le tube

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fonctionne bien. Les urines ne contiennent plus de sang, mais sont très troubles. Lavage vésical par la verge.

5 octobre. La température est tombée à 37 degrés. Les urines sont claires. Ablation du tube, mise en place de la sonde à demeure.

8 octobre. Elévation de température à 39, 40°2. On constate une orchite gauche. La fièvre baisse ensuite graduellement et la température est normale le 11 octobre.

15 octobre. Le malade, qui se sent bien, se lève. État général excellent. Bon appétit.

17 octobre. Nouvelle élévation de température à 38 et 39 degrés. Bronchite avec un peu de congestion à la base gauche. Urines de nouveau troubles, foncées, un peu rares. Ventouses. Régime lacté. Urotropine.

22 octobre. La température est redevenue normale. Ablation de la sonde à demeure, la plaie périnéale est presque cicatrisée. Les urines sont encore légèrement troubles. La bronchite persiste. Le malade est ventousé tous les deux jours.

RESULTATS ÉLOIGNÉS. — À partir de ce moment le malade qui est parfaitement continent dans le décubitus dorsal, présente une incontinence complète quand il est levé. Dans toute la journée il na pas une seule miction volontaire. On le dilate aux Béniqués Jusqu'au n° 38, mais sans aucune amélioration.

Il quitte l'hôpital le 7 décembre avec un appareil de réserve.

Revu le 10 mars 1911, le malade est en très bon état, mais l'incontinence est complète, même la nuit. Le gland présente de petites ulcérations dues au contact permanent de l'urine. On passe facilement une sonde bougie n° 18. La capacité vésicale est de 200 centimètres cubes environ. La sonde retirée le liquide s'écoule sans que le malade puisse s’y opposer. À gauche le testicule est encore un peu sensible.

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