OBSERVATION XIV
Hypertrophie prostatique.
Prostatectomie périnéale par voie latérale.
Homme de 66 ans, entre service Civiale, le 12 octobre 1910, pour difficultés et fréquence des mictions.
Début il y a deux ans environ. Le malade est obligé de se lever la nuit pour uriner. Les mictions deviennent difficiles et fréquentes même le jour. Urines toujours claires, jamais de sang. La fré-
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quence augmentant, quatre et cinq fois la nuit et toutes les deux heures le jour, le malade vient consulter et est admis dans le service.
ExauEx. — Bon état général. Rien aux poumons ni au cœur.
Méal : Normal.
Urètre : Cathétérisme facile avec une sonde béquille n° 20. Longueur du canal : 0 centimètres. |
Vessie : Sitôt après la miction, on trouve un résidu de 60 grammes environ d’'urines claires.
Prostate : Très volumineuse, tendue, lisse, bien limitée, bombant dans le rectum.
Epreuve du bleu de méthylène. Élimination régulière. Durée : trois jours.
OPÉRATION. — 19 octobre 1910. M. Cunéo.
Prostatectomie périnéale par voie latérale suivant la technique de Wilms.
La prostate est enlevée d’un bloc, mais à cause de son volume on doit l'attirer dans la plaie avec des pinces à traction. Poids : 120 grammes.
RÉSULTATS IMMÉDIATS. — 20 octobre. Urines abondantes, sanglantes. Le malade a vomi beaucoup. Température, 37°6.
21 octobre. Urines encore sanglantes. Ablation des mèches. Température le soir, 38 degrés. Le malade tousse un peu. Ventouses.
23 octobre. Les urines ne contiennent plus de sang. Le tube fonctionne bien. Température normale. Le malade se sent bien.
24 octobre. Ablation du tube. Mise en place de la sonde à demeure. Purgation.
Les jours suivants, la sonde fonctionne bien, le malade s’alimente et se lève le 31 octobre.
7 novembre. Ablation de la sonde à demeure. La plaie périnéale est presque fermée.
Les jours suivants, le malade n'est pas mouillé et urine convenablement par la verge. Aucune incontinence.
11 novembre. Le malade, très constipé, fait des efforts violents en allant à la selle, et sa vessie se rouvre. Il est très mouillé toute la nuit.
12 novembre. On remet une sonde à demeure qu'on enlève le >1 novembre. Il reste une petite ouverture périnéale obturée par un bourgeon mou qu'on enlève. Cautérisation au nitrate d'argent. Pendant deux jours, le malade n’est pas mouillé et urine seule-
ment par la verge, mais il y a un peu d'incontinence le jour quand le malade est debout.
24 novembre. Sans cause apparente, la fistule périnéale se rouvre et la presque totalité des urines s'écoule par là. On remet la sonde à demeure qui est définitivement enlevée le 3 décembre.
RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. — Fermeture complète de la fistule périnéale, mais incontinence d'urine presque totale. On dilate le malade aux Béniqués jusqu’au n° 56. Grande amélioration. Les urines sont parfaitement retenues, sauf dans les efforts un peu brusques, toux, éternuement, ou quand le malade attend trop avant de satisfaire son besoin. Alors il perd involontairement quelques gouttes d'urine. C'est ainsi qu'il quitte l'hôpital le 5 janvier 1911. À ce moment, la cicatrice périnéale est souple et régulière. Le mandrin est nécessaire pour cathétériser l'urètre, mais on passe facilement une sonde n° 18. La vessie a une bonne contraclilité et le résidu est nul après garnissage à l’eau et miction volontaire. Le toucher rectal montre toutes les parties souples, sauf à gauche où on sent comme un cordon induré.
Revu le 15 juin 1911 (huit mois après l'opération). Bon état général. Mais le malade, continent la nuit, a été repris d'incontinence le jour, qui l’a forcé à se procurer un appareil de réserve. C’est peu à peu, dit-il, que l’incontinence a reparu, en même lémps qu'une difficulté très grande pour uriner. Le cathétérisme de l'urètre est impossible, même avec une sonde Nélaton. On peut passer une filiforme, mais on ne peut, en se guidant sur elle, introduire aucune bougie. Le malade va rentrer dans le service -pour subir une urétrotomie interne. Le rétrécissement siège très profondément au niveau du col vésical.