‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 29 sur 33 · NS · texte numérisé non relu

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En novembre 1908, Lioukoumovitch (1), à la Société d'urologie russe, présentant un rapport sur l'opération de Wilms, déclarait que par ce procédé on provoquait une grave hémorragie venant des gros vaisseaux du périnée qu'on ne peut facilement pincer à cause de l'étroitesse et de la profondeur de la plaie, en même temps qu'une hémorragie de la loge prostatique. De plus, il insistait sur la déchirure facile du rectum à cause de la nécessité de déployer une force assez grande dans l'énucléation de la prostate, ce qui expose aux échappées involontaires. Mais Lioukoumovitch avait rédigé ces conclusions après des expérimentations sur le cadavre.

Nous devons dire que nous n'avons jamais constaté d'hémorragie opératoire abondante. Jamais nous n'avons placé ou vu placer une pince, et le suintement sanguin obligatoire a toujours cédé au tamponnement.

. Quant à la blessure du rectum au cours de l’intervention, nous l’avons nous-même causée une fois. Mais nous avons déjà expliqué qu’elle était en grande partie due au sommeil défectueux du malade qui poussait, et à ce fait que le rectum, mal préparé, était plein de matières (obs. VIT).

La suture faite à la fin de l'opération lâcha les jours suivants, mais néanmoins Ja fistule ainsi formée guérit bien et complètement.

COMPLICATIONS POST-OPÉRATOIRES. — Aémorragie. Nous avons eu deux cas d’hémorragie tardive. Une fois au huitième jour, chez le malade de l'observation V qui est mort secondairement, ainsi que nous l'avons vu. Elle avait duré deux jours et était abondante.

(4) Lioukoumovitch. Vratchevnaia Gazeta, du 22 février 4909.

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Une autre fois, au neuvième jour, chez un malade qui, outre son hypertrophie, présentait 60 petits cailloux dans sa vessie {obs. VIT). Cette hémorragie légère coïncidait avec l'issue par la plaie de trois petits calculs qu'on avait omis d'enlever au cours de l'opération. Elle se reproduisit deux fois, trois jours, puis neuf jours après la première. Chaque fois le sang disparut après des lavages chauds.

Plaie rectale. C'est chez ce malade également que noùs avons constaté une plaie secondaire du rectum dix jours après l'opération. La petite fistule rectale siégeait à 4 centimètres environ de l'anus et fut causée vraisemblablement comme nous l'avons déjà indiqué par les passages répétés de la sonde montée sur mandrin. Elle guérit seule, vite et complètement. |

Orchite. Nous l'avons rencontrée assez souvent, trois fois (obs. VIII, X, XII), sur nos seize cas. Deux fois elle fut très légère et disparut rapidement. Chez le troisième malade, au contraire, survenue très lard, au dix-huitième jour, elle suppura et nécessita la castration.

Complications pulmonaires. Comme dans toutes les opérations sur des hommes souvent très âgés, nous avons constaté la grande fréquence des complications pulmonaires, banales du reste, bronchites, congestion pulmonaire, pleuro-pneumonies. Le meilleur traitement, sitôt que le malade commence à mieux aller, c'est le lever précoce. |

Réouverture de la vessie. Cette complication assez sérieuse, car elle prolonge la durée de la sonde à demeure, a été rencontrée trois fois (obs. IX, XIII, XV). Chaque fois, c’est en faisant des efforis pour aller à la selle que le malade a senti que les urines repassaient par la plaie, une fois vingt-deux jours après l'opération, les deux autres fpis

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vingt-trois jours. Il est certain qu'ici comme dans la prostatectomie hypogastrique, la vessie après l’ablation de la sonde à demeure, en se contractant à nouveau, déchire facilement la mince paroi qui s’est reformée. Ces réouvertures guérissent, du reste, toujours complètement et nous n'avons rencontré aucun cas de fistule persistante.

Cellulite. Escarres. Un dernier point sur lequel nous voulons insister est le suivant. Une certaine quantité d'urine, tout au moins pendant les premiers jours, ne passe pas dans le drain, mais filtre le long de sa paroi extérieure, se répandant sur la plaie. Malgré ce fait, même avec des urines infectées, et onze de nos malades étaient dans ces conditions, nous n’avons jamais constaté d’infection de la plaie, jamais de cellulite. Une complication qui s’est reproduite plusieurs fois, par exemple, ce sont des petites escarres fessières et sacrées, dues au contact de l'urine. Elles n’ont jamais eu de conséquences sérieuses

et ont toujours guéri parfaitement surtout avec des lavages au permanganate.

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