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Mortalité.
Sur les 16 cas que nous publions, trois de nos opérés sont morts, ce qui fait une mortalité de 18,75 p. 100. Cette proportion est énorme si on la compare à celle de la prostatectomie hypogastrique qui, dans une dernière statistique de Freyer (1), est de 4,76 p. 100 (8 décès sur 168 cas).
Mais si on veut bien reprendre avec nous les observations qui précèdent, on verra qu'on peut ne pas tenir compte, comme nous allons le montrer, du décès de l’observation I,
Il nous reste donc deux décès opératoires, soit 12,5 :p. 100. Or, au début, la statistique de Freyer lui-même accusait une mortalité de 10 p. 100. Notre maître le D° Hartmann, en 1905, sur 12 observations publiées dans.
(1) Freyer. The Lancet, n° 4470, 1° mai 1909, p. 1235 à 1239.
la thèse de Boulouneix (1), avait 3 décès. En 1906, Albarran récapitulant les cas opérés, excepté ceux de Freyer, trouvait une mortalité de 17 p. 100. Enfin, Rochet et Salinier (2), réunissant 316 cas de prostatectomies hypogastriques, donnaient 16,4 p. 100 de morts. On voit donc que notre statistique, représentant le début dans la pratique d’un nouveau procédé, n’est pas si meurtrière qu'on pouvait le croire à première vue.
De nos trois décès, il faut, comme nous l'avons dit, en relrancher un, celui de l'observation I. Ce malade, âgé de soixante-six ans, en élat de rétention complète chronique, avait eu des suites opératoires excellentes. Vingt jours après l'opération, il urinait par la verge, et sa plaie périnéale était presque complètement cicatrisée. Cependant, comme :l avait un peu d’incontinence d'effort, on l'avait gardé dans le service pour le dilater, et subitement, quarante-trois Jours après l'opération, 1l meurt en une journée d’hémorragie cérébrale. Voilà certes un décès qu'on ne peut imputer à la prostatectomie.
Des deux autres morts, l’un (obs. V) était un homme de soixante-neuf ans, entré dans le service en état de rétention complète, avec urétrorragie secondaire à une fausse route. Cet homme, fatigué et très vieux pour son âge, avait une élimination défectueuse du bleu de méthylène. Huit jours après l'intervention il fait une hémorragie secondaire abondante qui dure deux jours. Les urines diminuent de quantité, l’œdème des membres inférieurs apparaît et le malade, s’affaiblissant journellelement, meurt presque anurique, d’œdème pulmonaire, À l'autopsie, on constate un hématome infiltrant les
(1) Boulouneix. Thèse Paris. Étude sur la prostatectomie transvésicale, 1905-1906,
(2) Rochet et Salinier. Lyon chirurgical {janvier 1909).
parois du petit bassin et qui peut très bien provenir de la fausse route. Quant à l’hémorragie vésicale, elle a dû persister, car on trouve un caillot allongé dans l’urètre et d’autres plus petils dans la vessie. Les reins présentent de la néphrite chronique. Il y a épanchement dans le péricarde et les plèvres, et les poumons présentent un œdème marqué.
L'autre décès (obs. XI) survint quatre jours après l’intervention, chez un homme de soixante-dix-neuf ans, profondément infecté, avec mauvaise élimination du bleu. Très shocké après l'opération, il meurt presque anurique, avec un œdème très marqué des membres inférieurs el de gros râles dans toute la poitrine. L'autopsie n'a pu être faite.
On voit que ces deux malades présentent un point commun, le mauvais fonctionnement rénal. Par quelque . méthode que ce soit, le résultat aurait été vraisemblablement le même. Ces deux opérés ne devaient pas l’être sans qu'on ait amélioré, si possible, l’état de leurs reins.
C'est dans de tels cas que triomphe la méthode de prostatectomie en deux lemps avec cystostomie préalable. Une épreuve du bleu de méthylène très mauvaise avant le drainage sus-pubien devient souvent excellente après.
SALT Complications.
Les complications peuvent naître au moment de l'intervention ou dans les jours qui suivent.
CoMPLICATIONS OPÉRATOIRES. — Ce sont l’hémorragie et la blessure du rectum.