‹ Résultats Cliniques de la Prostatectomie PérinéaleChapitre 9 sur 33 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Hypertrophie prostatique.

Prostatectomie périnéale par voie latérale.

Homme de soixante neuf ans, entre service Civiale, le 15 juillet 1910, pour rétention d'urine et urétrorragie.

Depuis le 18 juillet au soir le malade ne peut émettre que quelques gouttes d'urine.

Le 1/4, au matin, il vient dans le service où on le sonde avec une sonde béquille n° 17. Depuis ce moment, il n'a aucune miction. Le soir il fait venir un médecin qui ne peut lui vider sa vessie et fait une fausse route. Urétrorragie. Le lendemain matin, 15 Juillet, il entre à Civiale où, après un bain, on évacue sa vessie. L'urétrorragie s'arrête dans la matinée.

Début il y a sept ans. Le malade constate que pen à peu le Jet d'urine est moins fort et moins gros. Au début de la miction, surtout le matin au réveil, il est forcé d’attendre avant que l'urine ne s'écoule. En même temps la fréquence des mictions augmente la nuit deux à trois fois, puis le jour cinq à six fois.

Il y a six ans, première crise de rétention aiguë. Le malade doit se faire sonder. Ces crises se répètent ensuite une ou deux fois par an. Urines toujours claires. :

__ Anrécépents. — Jamais de blennorragie. À dix-neuf ans, chancre mou. À trente-cinq ans, bronchite et pleurésie droite. À quarantehuit ans, zona de la cuisse gauche.

Examen. — État général excellent. Le malade paraît usé et plus vIeux que son âge.

Urètre : augmenté de longueur. Avec le mandrin on passe facilement une sonde béquille n° 18.

Vessie : présente un résidu de 8o grammes. Urines foncées, mais claires.

Prostate : Au toucher rectal.on la sent dure, lisse, bien limitée, non douloureuse, de la grosseur d’une petite orange. Le lobe droit est surtout hypertrophié.

Cystoscopie : n'est pas tentée à cause de la fausse route.

Épreuve du bleu de méthylène. Début retardé. Durée un peu prolongée, trois jours et demi.

Le 19 juillet, dans la nuit, rétention d'urine. On essaie de sonder le malade, mais il saigne. Le matin seulement on peut passer avec le mandrin. La sonde est laissée à demeure.

OPÉRATION. — 21 Juillet 1910. M. Cunéo.

Prostatectomie périnéale par voie latérale d’après la technique de Wilms. Ablation facile. La prostate pesant 65 grammes est retirée d’une pièce. Elle présente un lobe médian très développé. Hémorragie légère qui s'arrête par le tdmponnement.

RÉSULTATS IMMÉDIATS. — 21 juillet, à 5 heures du soir, température 38 degrés. Pouls 90. Très peu d'urines sanglantes. Sérum et huile camphrée.

22 juillet. Urines très sanglantes, 400 centimètres cubes environ. Température 37°6. Pouls 84.

23 juillet. Ablation des mèches. Lavage par le tube à l’eau boriquée ne ramène pas de caillots. Dans la nuit, le malade est très mouillé, le tube fonctionnait mal.

25 juillet. Ablation du tube. Mise en place d'une sonde à demeure. Les urines, assez rares, ne contiennent plus de sang, mais sont troubles.

26 juillet. Le malade paraît fatigué. La quantité d'urine augmente, 800 centimètres cubes. Température 37°6. Pouls mal frappé à 80. Respiration courte. Râles de bronchite aux deux bases. On fait mettre des ventouses. Huile camphrée.

Dans la nuit du 29 au 30, hémorragie abondante par la plaie et par la sonde.

30 Juillet. Nettoyage de la plaie. On enlève de nombreux caillots. Lavage vésical par la sonde ramène aussi les caillots. Le soir tem-

I) y Se

pérature 37°9. L'hémorragie parait arrêtée par la plaie, mais continue par la sonde.

1" août. Arrêt de l'hémorragie. Température 37 not

2 août. Malade très faible. Facies blafard. OEdème des malléoles et des jambes. On le laisse au lait. Théobromine 1 gramme.

& août. Le malade est très dyspnéique. Congestion pulmonaire bilatérale. Ventouses sèches et scarifiées. L'œdème remonte aux cuisses et aux bourses. Urines très foncées, 600 centimètres cubes, contiennent de l'albumine. Le soir, température 39°9. Malade très abattu, a de la diarrhée. Huile camphrée.

o août. L'œdème a encore augmenté. Un peu d’œdème des paupières. Température 39°6. Pouls à 84, irrégulier. Urines sanguinolentes, rares, 300 centimètres cubes à à peine. Le soir, malade violacé. Dyspnée intense. Expectoration spumeuse. Râles humides dans toute la poitrine.

6 août. Décès à 4 heures du malin.

AUTOPSIE. — 7 LObt

Le ventre est violacé au niveau de la région hypogastrique et des deux fosses iliaques. A l'ouverture de l'abdomen on relève les intesüns et on va de suite au bassin. On constate un hématome infiltrant le tissu cellulaire des parois du bassin, remontant de chaque côté en suivant le psoas et les vaisseaux iliaques primitifs jusqu'à l’articulation sacro-iliaque. On ne peut reconnaître grand’chose dans la région vésicale. Toute la région opératoire est méconnaissable, complètement putréfiée.

Vessie : ouverte, contient une très petite quantité d'urines noirâtres avec des caillots, un caillot allongé se troûve dans l’urètre.

Reins : peu volumineux, surtout le droit. De coloration gris rougeâtre. Capsule adhérente. Nombreux petits kystes à contenu clair. À la coupe, le parenchyme est induré et la couche corticale . est très diminuée.

Foie : peu modifié, un peu jaunâtre. Plaques de putréfaction.

Rate : rien de particulier.

Cœur : léger épanchement dans le péricarde. Le cœur est augmenté de volume, de coloration grisâtre. Les parois ventriculaires sont épaissies. La valvule mitrale est dure, comme cartilagineuse.

Poumons : les plèvres contiennent un épanchement assez abondant. Ils sont d’une coloration gris pâle. A la coupe, il s'écoule une sérosité abondante spumeuse. Aux deux bases, foyers de congestion.

AN pes

Page 1