‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 6 sur 84 · FRÉQUENCES GENERALES DES HERNIES SUIVANT LES SEXES · texte numérisé non relu

FRÉQUENCES GENERALES DES HERNIES SUIVANT LES SEXES

En consultant le relevé général des cas compris dans cette statistique, l'on trouve tout d'abord que sur 10 000 observations dont 9967 seulement pouvaient entrer en ligne de compte, 6220 ont été recueillies sur des hommes, 2229 sur des femmes, 1213 sur des garçons, 305 sur des filles de moins de 15 ans, soit en tout 7433 cas pour les sujets du sexe masculin et 2534 pour ceux du sexe féminin : d'où l'on peut conclure que les premiers représentent un peu moins de 75 p. 0/0 des sujets atteints de hernie, les seconds 25 p. 0/0, ou un peu plus, de ces mêmes sujets; ou bien encore que le rapport des femmes atteintes de hernie aux hommes porteurs de cette infirmité est d'environ 1 à 3.

Ce rapport qui se trouve être le même que celui qu'avait donné Monnikhofï d'Amsterdam, dans la première statistique de hernies qui ait été publiée, est un peu plus élevé que celui que Malgaigne avait déduit des relevés du Bureau central en 1836 et en 1837 ; voici quels sont ces chiffres :

En 1836, sur 2767 cas, 2203 hommes, 564 femmes;

En 1837, sur 2373 cas, 1884 hommes, 489 femmes, soit la relation de 1 à 4 entre les cas appartenant au sexe féminin et ceux appartenant au sexe masculin pour la première année, celle de 1 à 3,89 pour la seconde.

La statistique de la London Truss Society recueillie par AYernher pour les années 1860 à 1867 établit entre les cas appartenant au sexe féminin et ceux du sexe masculin une relation qui est à peu près la même; pendant ce laps de temps on a examiné à la Société des bandages :

HOMMES

FEMMES

Ilcniics inguinales

— crurales

— ombilicales

Total

— ii4 —

Ce qui donne la relation de 1 à 3,98 pour les cas de hernie du sexe féminin comparés à ceux observés dans le sexe masculin.

Dans les nouvelles tables de statistique que Jonathan Macready a dressées en se servant des relevés fournis par cette même Société pour les années 1888, 1889 et 1890, nous trouvons, en comptant les hernies inguinales, crurales, ombilicales et ventrales (ou de la ligne blanche), 18 223 cas chez l'homme, 3572 chez la femme, ce qui donne la proportion beaucoup plus faible de 1 à 5,1 pour les hernies du sexe féminin comparées à celles du sexe masculin. Cette relation se rapproche de celle de 1 à 6 indiquée par Malgaigne comme correspondant aux relevés les plus anciens de la Société des bandages.

Je crois que la proportion des cas féminins aux cas masculins qu'accuse ma statistique s'approche plus de la réalité que celle fournie par les relevés de Macready ; je la crois même inférieure à la proportion réelle : il est certain que les femmes se décident plus difficilement, et plus tard que les hommes, à consulter pour les hernies qu'elles portent. Cela tient à un sentiment de gène ou de pudeur, à la négligence plus grande que, dans les classes inférieures, elles apportent aux soins corporels, à l'état des parties sexuelles et des régions avoisinantes; cela tient surtout à ce que chez la femme la hernie est ordinairement moins douloureuse que chez l'homme et qu'elle n'est que bien moins souvent une gêne ou un obstacle dans l'exercice de la profession ou dans l'accomplissement des travaux journaliers.

Si d'autre part on considère que les accidents des hernies sont presque aussi fréquents chez la femme que chez l'homme, on arrive à conclure que les statistiques ne donnent qu'une évaluation inexacte de la fréquence relative de cette infirmité dans les deux sexes et que les hernies sont bien plus fréquentes chez la femme qu'on ne le croit généralement et que ne l'indiquent même les observations les mieux recueillies.

Nous aurons d'ailleurs à revenir sur la considération du sexe en traitant de la fréquence relative des diverses espèces de hernies et surtout des hernies envisagées dans leur rapport avec l'âge.

— '■J'ri —

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