‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 77 sur 84 · TIONS F · texte numérisé non relu

TIONS F

OL'l H.

lus

MO

RTS F.

H. inguiiialps

H. crurales

H. ombilicales

H. sans désignation

Total

Ainsi pour ces quatre années, 227 opérés ont donné : Guéris : 55 = 24,2 0/0 de guérisons; — Morts : 172 := 75,8 0/0 de décès. — Pour cette période de quatre années le taxis, pratiqué dans les hôpitaux de Paris avec 116 cas seulement, avait donné :

\. Traité de chirurrjie de Diiplay et Reclus, t. VI, p. 686, hernies.

Guérison : 111 = 94,25 0/0; — Décès : 5 = 5,74 0/0.

Cette énorme mortalité consécutive à l'opération a certainement bien diminué sous la double influence des progrès de la technique opératoire et de l'emploi des précautions antiseptiques d'une part, et de l'autre par la précision plus grande qu'ont prise les indications et par l'adoption, comme une règle formelle, de la conduite qui consiste à opérer sans aucun retard. C'est ainsi que des statistiques récentes, celle de Tscherning, de Copenhague, celle de Hagedorn, de Magdebourg, sont arrivées à ne plus fournir que 20 et même 14 pour 100 de mortalité inhérente à l'opération. Sans que je puisse donner un chiffre précis, cette proportion de 20 0/0 de décès, pour l'opération de la hernie étranglée, me parait correspondre à peu près à l'état actuel dans les hôpitaux de Paris; elle y représente, je crois, le minimum de mortalité imputable à l'opération; encore faut-il faire observer qu'un nombre important de cas qui eussent été traités et guéris autrefois par le taxis sont actuellement soumis à l'opération d'emblée, et que la proportion des cas traités, et traités avec succès, par l'opération s'est ainsi accrue très notablement aux dépens des cas traités par le taxis; ceux-ci, dans la pratique des hôpitaux, ne représentent plus aujourd'hui qu'une quantité négligeable.

Ainsi en adoptant la proportion de 20 0/0 comme représentant la mortalité à la suite de l'opération, celle de 5 0/0 pour les cas traités par le taxis ou soumis à d'autres moyens de traitement (ce dernier chiffre dans la statistique de M. Husson représente la proportion de mortaUté imputable au taxis), nous arriverions, pour notre statistique, à l'évaluation suivante :

Sur 10 000 hernieux, ont présenté des accidents environ. . 330

Opérés, guéris 91

Opérés, morts, environ 18

Non opérés, guéris -13

Non opérés, morts, environ 10

Ainsi la mortalité dépendant de l'étranglement herniaire ne s'élèverait même pas aux 3 millièmes du chiffre des hernieux,

Je me hâte de dire que cette évaluation est tout à fait insuffisante et que le chiffre de mortalité auquel elle aboutit est de beaucoup inférieur à la réalité :

1" Parmi les hernieux qui entrent dans cette statistique, il en est un très grand nombre qui, ayant ou n'ayant pas eu d'accidents antérieurs au moment où je les ai examinés, étaient encore destinés à en avoir et à y succomber; ils auraient donc accru, dans une proportion qui ne saurait être fixée, mais assurément notable, le nombre des opérés et celui des morts.

2° Ainsi que je viens de le dire, en admettant le chiffre de 20 pour 100 comme représentant la proportion de la mortalité inhérente à l'opération, il faudrait l'adapter aussi aux indications modernes; d'accord avec ces dernières, plus de 91 individus, sur 331 présentant des accidents, auraient été soumis d'emblée à l'opération ; il faudrait par conséquent relever dans ma statistique le chiffre des opérations et aussi celui des cas mortels qui en dépendent dans les proportions d'un cinquième au moins de ces cas.

3'^ La statistique de M. Husson indique la proportion de 5 0/0 comme représentant la mortalité due au taxis; on peut la conserver sous toutes réserves. Mais ce qu'on ne saurait que bien difficilement évaluer, c'est le nombre des accidents herniaires, qui se terminent par la mort lorsqu'ils ne sont pas traités régulièrement ou lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes. Les cas de ce genre entrent dans ma statistique pour une part importante, presque égale à celle des accidents traités par l'opération. Parmi les malades qui appartiennent à cette classe, il en est qui succombent chez eux, ou qui refusent de se laisser opérer : nous avons cité le cas de deux d'entre eux qui ont guéri, mais combien y en a-t-il qui meurent? Tous ces cas doivent accroître dans une certaine mesure, probablement même dans une assez large part, le nombre des hernieux qui succombent par le fait de leur hernie.

i'^ Les documents que j'ai recueillis ne peuvent donner aucune idée des dangers que les malades courent par le fait de la péritonite herniaire. Nous savons que celle-ci est un accident relativement peu commun (38 cas sur 331 cas d'accidents herniaires), survenant dans des conditions déterminées, dans des hernies volumineuses, contenant généralement de l'épiploon et presque toujours irréductibles antérieurement, en totalité ou en partie : mais nous ignorons la proportion de chances fatales que cette complication entraîne et le nombre des malades auxquels elle peut coûter la vie ; cette proportion, dans les très grosses hernies, surtout dans les hernies ombilicales irréductibles, doit être considérable.

5" Les hernies enfin déterminent la mort ou abrègent l'existence de bien des manières qui échappent absolument à une évaluation numérique. La sénilité prématurée, la déchéance organique précoce, l'aggravation des maladies etdes états pathologiques intercurrents et concomitants sont les modes les plus ordinaires suivant lesquels s'exerce cette influence des hernies sur la durée de l'existence des hernieux.

On voit combien les chiffres sont impuissants à représenter les

dangers auxquels exposent les hernies. Cependant, pour ce qui est de l'étranglement herniaire, on peut risquer une approximation, et celle qui paraît résulter des faits que j'ai observés et recueillis et des calculs basés sur ces faits, semble indiquer que l'étranglement herniaire, tant par lui-même que par les opérations qu'il nécessite, n'arrive pas à causer la mort d'un individu sur cent qui sont atteints de hernies.

Je crois donc pouvoir conclure, malgré Tétonnement et les contraditions que ne manqueront pas de provoquer ces propositions :

1'' Que les hernies sont plus nuisibles par l'infirmité qu'elles constituent que par les dangers auxquels expose leur étranglement;

2' Qu'envisagée d'une manière générale et tout à fait en dehors des indications qui sont inhérentes à chaque cas particulier, l'opération de la cure radicale ne peut se justifier qu'à la condition d'être d'une innocuité absolue et de ne déterminer qu'une mortalité inappréciable et dans tous les cas bien inférieure à la proportion d'un centième;

3° Que même appliquée aux hernies volumineuses, aux hernies incoercibles, irréductibles, et pajr conséquent aux cas les plus graves, si cette opération détermine une mortalité analogue à celle qu'accusent certaines statistiques modernes ', cette opération, dans les cas de ce genre, devrait être proscrite comme exposant ceux sur lesquels on la pratique à des risques de beaucoup supérieurs à ceux quils encourent du fait de leur hernie;

4" Qu'au point de vue des dangers particuliers auxquels elles exposent, les hernies crurales, surtout chez la femme, les hernies inguinales congénitales ou présumées telles chez l'homme, les hernies ombilicales de l'adulte doivent indiquer d'une manière plus spéciale l'opération de la cure radicale.

1. La statistique réunie par Kramer dans VArchiv fur klinische Chh'urf/ie (1895, t. L, p. 260) sur les résultats de l'opération dans les cas de hernies volumineuses, a donné, sur 240 opérations récentes, 24 morts, c'est-à-dire 10 pour cent de mortalité.

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