‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 79 sur 84 · I. — FRÉQUENCE GÉNÉRALE DES HERNIES · texte numérisé non relu

I. — FRÉQUENCE GÉNÉRALE DES HERNIES

A. Suivant les sexes. — 743.^3 cas de hernies observées dans le sexe masculin, 2534 cas dans le sexe féminin, donnent la proportion de 3 à l'unité pour la relation des sujets masculins aux sujets féminins atteints de hernies.

B. Suivant les variétés de hernies. — 1. Hernies inguinales. — Dans le sexe masculin, 96 0/0 des sujets de tout âge qui présentent des hernies simples ou multiples, sont atteints de hernies inguinales.

2. Sur 6220 cas de hernies inguinales observées chez l'homme, 4526 étaient des hernies inguinales doubles, 1042, des hernies inguinales simples; la hernie inguinale double est donc à la hernie inguinale simple, chez l'homme, comme 4,34 est à l'unité. — Ce résultat, qui est vérifié par l'examen de tous les groupements successifs où nous avons résumé nos observations, est en contradiction absolue avec ceux de toutes les autres statistiques de hernies. C'est la nécessité de le contrôler par un nombre suffisant d'observations qui m'a surtout conduit à recueillir et à vérifier moi-même tous les éléments de cette statistique : jusqu'à ce qu'un autre auteur m'apporte un nombre au moins égal de faits recueillis par lui-même et infirmant les miens, je ne puis admettre sur ce point aucune contradiction. Il résulte donc des chiffres que j'ai établis, que dans V immense majorité des cas, la hernie inguinale est iin processus double évoluant simultanément ou successivement des deux côtés sur le mêine sujet.

3. Les hernies inguinales droites sont aux hernies inguinales gauches, comme 1,46 est à l'unité.

4. En cas de hernies inguinales doubles, dans la majorité des cas, 42,2 0/0 chez l'adulte, 65,3 0/0 chez l'adolescent, les hernies droite et gauche ont le même volume. Quand les hernies sont inégales, c'est le plus souvent la hernie droite qui l'emporte en volume.

5. Les hernies inguinales de gros ou de moyen volume sont d'une observation bien plus commune que les petites : cela est surtout manifeste pour les hernies simples, ce qui permet d'affirmer qu'un grand nombre de petites hernies unilatérales échappent à l'examen, et que, par conséquent, la prépondérance numérique de hernies inguinales doubles sur les hernies simples est moins élevée en réalité qu'elle ne parait dans la statistique.

6. Il est impossible, par l'examen sur le vivant, d'arriver à reconnaître dans tous les cas l'origine congénitale, c'est-à-dire péritonéo-vaginale d'une hernie inguinale. Je n'ai pu constater avec certitude que 479 cas de hernies inguinales congénitales, 216 au-dessus, 263 au-dessous de quinze ans, dont 166 compliqués d'ectopies testiculaires, et 68 d'autres malformations également congénitales. Le côté droit présente une prédisposition manifeste pour la hernie congénitale qui est très rarement bilatérale. Les hernies congénitales de la variété vaginale funiculaire, qui sont très nombreuses, sont impossibles à distinguer des hernies acquises.

7. Nous n'avons aucun moyen de distinguer d'une manière certaine, sur le vivant, les hernies inguinales directes de celles qui appartiennent à la variété oblique externe.

8. Dans le sexe féminin, la hernie inguinale simple ou double, seule ou associée à d'autres hernies, s'observe sur ■ii,(^ 0/0 des sujets de tout âge atteints de hernie; la hernie inguinale simple est environ trois fois plus commune que la double dans l'enfance, ■2 fois plus fréquente seulement dans l'adolescence et l'âge adulte.

!). La liernie crurale est rare dans le sexe masculin; elle ne se rencontre que chez 6,6 0/0 des sujets atteints de hernies, et elle est le plus souvent associée à d'autres hernies, presque toujours, à des hernies inguinales. La hernie crurale double présente à peu près la même fréquence que la crurale simple; elle est relativement peu commune, la hernie crurale droite s'observe un peu plus souvent que celle du côté gauche.

10. Dans le sexe féminin, la hernie crurale ne se rencontre que sur 37,1 0/0 des sujets atteints de hernie; elle est donc moins fréquente que la hernie inguinale; le soin que j'ai mis à établir avec certitude le diagnostic dans tous les cas, permet de donner ce résultat comme certain : le rapport de fréquence de la hernie inguinale à la hernie crurale est comme 1,35 est à l'unité.

La hernie crurale, dans un certain nombre de cas, s'échappe directement en avant des vaisseaux fémoraux.

11. La combinaison d'une hernie inguinale avec une hernie crurale du côté opposé est assez commune, surtout dans le sexe masculin; l'association la plus ordinaire est celle de la hernie crurale droite avec l'inguinale gauche. Ces faits, comme les suivants, sont presque toujours méconnus ou faussement interprétés par les bandagistes et même par les médecins.

12. La coexistence, uni- ou bilatérale, d'une hernie inguinale et d'une hernie crurale siégeant du même côté et formant une même tumeur herniaire, constitue le plus souvent la lésion que j'ai décrite sous le nom de distension de Vaine. Elle est beaucoup plus commune dans le sexe masculin, où j'en ai observé 207 cas, que chez la femme où je n'ai pu en rencontrer que 19 exemples. La distension de l'aine peut être simple (ce qui est très rare, je ne l'ai rencontrée que 9 fois), double (86 cas chez l'homme) ou associée à une autre hernie siégeant du côté opposé. La combinaison la plus commune est celle de la distension droite avec une hernie inguinale gauche (hernie inguinale double, crurale droite, 69 cas).

Il ne faut pas confondre la distension de l'aine qui est le type des hernies de faiblesse, avec l'existence simultanée de deux hernies indépendantes, l'une inguinale, l'autre crurale, siégeant du même côté : cette dernière disposition est rare.

13. La hernie ombilicale, dans le sexe masculin, représente 5,46 0/0 des hernies existantes seulement; 27,.34 0/0 chez la femme. Au-dessus de quinze ans, chez l'homme, la hernie ombi-

licale est presque toujours accompagnée d'autres liernies (1 19 cas sur 13 i); au-dessous de cet âge, elle coexiste avec une ou deux hernies inguinales dans un peu moins de la moitié des cas. Elle s'observe presque toujours seule chez la femme. Chez l'enfant, elle s'associe souvent, dans l'un et l'autre sexe, à Véventralion sus-ombilicale.

14. Les hernies de la ligne blanche et les hernies épigastriques sont beaucoup plus communes qu'on ne le croit généralement. Elles représentent dans ma statistique 1,37 0/0 du chitTre total des hernies, tandis qu'elles n'entrent que pour 0,096 0/0 dans celle de Macready. Elles sont beaucoup plus communes chez l'homme que chez la femme, parfois multiples (j'en ai vu quatre superposées sur la ligne blanche), et paraissent être les restes de cette aplasie de la ligne blanche qui constitue l'éventration susombilicale dans le jeune âge.

15. Les lafarocëlcs, au nombre de i29 chez la femme, de 0 seulement chez l'homme, un cas de hernie obluratrice, 2 de hernies lombaires, 4 hernies hypogastriques, 4 hernies cicatricielles complètent ce relevé qui comprend 13 483 hernies observées sur 7433 sujets masculins de tout âge; 3317 hernies seulement reconnues sur 2534 sujets du sexe féminin. La proportion des hernies à ceux qui les portent dans le sexe masculin est comme 2 est à l'unité, dans le sexe féminin comme 1,3 est à l'unité.

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