IV
lV«HôteldeVille
V Panthéon.
VI'Luxembourg
VII= Palais- Bourbon. 13,0.
IX<= Opéra. 13.6.
VIII' Élvsée.
X'^ St-Laurent.
XI' Popin-
court. 17,6.
XI P Reuillv.
XIII'Gobelins [ï.l.
XIV' Observatoire. 16,8.
XV'Vaugirard 18,6.
XVPPassy.11,2.
XVII'' Batigni'"
XVIIP Mont-I
martre. 15,9.
XIX« BuUes-
Chaum'. 17.3.
XX« Ménil-
montanl.lS,9.
(1) Sur 1000 ménages composés de deux personnes au moins.
(•2) Contrats de mariage sur 1,000 mariages.
(3) Sur 1000 personnes exersant une profession.
(4) Sur 1000 habitants. M. Bertillon appelle surpeuplés les individus vivant dans des
logements où le nombre des habitants dépasse le double du nombre des pièces.
On voit d'après ce tableau que le chiffre des exemptés varie de 11 à 20 pour 1000 jeunes gens examinés suivant les arrondissements. Ce chiffre
coufirme à peu près la proportion de 12 à 13 pour lOUO que nous avons indiquée comme donnant la proportion des hernieux exemptés dans le
département de la Seine pour l'année 1881. — Il confirme la différence qui existe entre les résultats fournis par les opérations des conseils de revision en France et en Suisse. A ce que j'ai dit plus haut pour indiquer la cause de cette différence il convient d'ajouter qu'un certain nombre de hernieux en France sont conservés pour le service militaire et envoyés dans les services auxiliaires. — Cette proportion de hernieux déclarés bons pour le service, et qu'il est impossible de représenter par un chiffre, doit venir s'ajouter à celle des jeunes gens exemptés pour hernies, pour constituer l'ensemble des hernieux compris dans le contingent de chaque année. La proportion d'un hernieux sur 76 individus du sexe masculin compris entre vingt et vingt et un ans, celle de 12,8 hernieux sur 1000 individus de cet âge est donc au-dessous de la réalité, et tous les calculs que j'ai basés sur ce chiffre pour établir la fréquence générale des hernies doivent, ainsi que je l'ai dit plus haut, être considérés
comme n'ayant qu'une valeur approximative.
II. Fr(''(jnciiri' (/f.s hciirics dans les (llrcrses professiuiis. — Les statistiques de recrutement suisses donnent la répartition des conscrits exemptés pour hernie suivant les professions qu'ils exercent et indiquent la proportion de hernieux pour 1000 individus appartenant à chacune de ces professions. L'examen de ces catégories professionnelles, tel que l'a fait M. Bertillon, confirme en partie les résultats auxquels m'ont conduit à ce point de vue mes observations; nous y voyons les professions exigeant le travail debout, des efforts musculaires puissants, l'action de porter des charges et de lever des fardeaux, tenir la première place au point de vue du nombre de hernieux qu'elles comprennent; c'est ainsi que les boulangers, pâtissiers, meuniers, brasseurs, malteurs, chapeliers, blanchisseurs, teinturiers, fondeurs, serruriers présentent le contingent de hernieux le plus élevé; mais il faut remarquer que ces indications professionnelles recueillies à lâge du sei'vice militaire, bien avant l'époque de la vie où se développe le plus grand nombre des hernies acquises, ne peuvent guère être données comme représentant l'intluence réelle des professions sur le développement des hernies.
La statistique de l'Office allemand des assurances contrôles accidents, que cite M. Bertillon, nous semble encore moins apte à renseigner sur l'influence de la cause professionnelle, car ces assurances n'ont pas à relever le nombre des hernieux qu'accuse chaque profession, mais seulement le nombre des cas de hernies développées accidentellement dans chacune d'elles et entraînant une incapacité de travail plus ou moins durable. Ce document ne peut donc être utilisé que pour établir le mode de production des hernies de force. Comme dans mes relevés, les accidents survenus en cherchant à soulever ou à porter un poids trop lourd, les chutes, les éboulements, les efforts violents en un mot faits dans une fausse position y occupent la première place.
[■'irquriicc tirs (iriidmU hiiiiiolx-s. — Les statistiques nosologiques
de Paris, de Berlin, de Londres, de l'Angleterre, de l'Italie, indiquant par àye et par sexe la fréquence des décès produits par la hernie étranglée, ont été analysées avec soin par M. Bertillon, (jui est parti des chif- . fres que ces statistiques accusent, pour représenter dans des tableaux graphiques très bien faits les variations de la mortalité dépendant de cette cause. Ces courbes sont intéressantes à étudier, car elles sont à peu près parallèles aux courbes que nous avons vues figurer la fréquence •générale des hernies aux dilTérents âges dans ses rapports avec le chiffre de la population.
Comme dans mes courbes représentant la fréquence des hernies, à un maximum correspondant à la première année succède un minimum très bas se prolongeant, pour presque toutes les statistiques, jusqu'à vingt ou vingt-cinq ans ; puis la mortalité par l'étranglement se relève très rapidement, pour s'accroître sans cesse jusqu'à l'âge le plus avancé. La courbe de mortalité de l'étranglement présente néanmoins avec la courbe de fréquence des hernies les différences suivantes :
1° Le maximum initial est bien moins marqué pour la première que pour la seconde;
2° Le relèvement de la courbe, qui commence environ à Tàge de vingt ans, se continue jusqu'aux limites extrêmes de la vieillesse, pour ce qui est de la mortalité par étranglement, tandis que nous avons vu la fréquence des hernies par rapport au chiffre de la population, après avoir atteint un deuxième maximum très élevé, entre soixante-dix et soixantequinze ans, diminuer rapidement et d'une manière constante à partir de cet âge;
3" Enfin la courbe de fréquence des hernies chez la femme suit les mêmes variations que celle qui correspond au sexe masculin, mais elle reste bien au-dessous des maxima fournis par celle-ci, tandis que les courbes représentant les variations de la mortalité due à l'étranglement suivant les âges, dans le sexe masculin et dans le sexe féminin, sont presque entièrement superposables.
Telles sont les principales remarques à faire à l'occasion de ces statistiques : elles présentent un réel intérêt, mais il faut reconnaître que la manière même dont elles sont recueillies leur ôte toute valeur de détail et enlève même beaucoup de l'importance qu'on serait tenté d'attribuer à leur signification générale. Un seul tait peut en donner une idée : sait-on que, pour Paris, les décès dus à l'occlusion intestinale, aux étranglements internes, etc., ne sont pas distingués de ceux qui sont causés par l'étranglement herniaire! — D'où il résulte que, dans la même catégorie de cas ayant déterminé la raort.se trouvent compris non seulement les étranglements internes et externes, mais nombre d'atïections péritoniliques, appendicites aiguës, péritonites par perforation, péritonites septiques diverses et d'autres états qui ne peuvent être distingués des occlusions sur le vivant, que par un examen très attentif et qui n'est pas à la portée de tous les médecins dont les déclaratiçns servent à établir les statistiques officielles.
Pour ce qui est de la valeur du diagnostic même de l'étranglement herniaire, tel qu'il est communément porté, il n'est aucun chirurgien
d'hôpital qui ne soit lixé sur elle; il n'est aucun de nous qui ne voie fréquemment la constatation d'une tumeur de l'aine être l'occasion des plus colossales erreurs et des confusions les plus grossières. Pendant les deux premières années où je suis resté charfiè delà consultation des bandages au Bureau central, j'en avais constitué tout un volumineux dossier que je me suis décidé à détruire, de peur qu'il ne vînt à tomber en d'autres mains ou qu'il ne fiit par erreur livré à la publicité. C'est précisément le peu de confiance que l'on peut avoir dans les documents recueillis par n'importe qui et n'importe comment, qui m'a décidé à ne tenir compte que des faits que j'aurais moi-même rassemblés et à entreprendre le long et minutieux assemblage de chiffres dont je puis au moins garantir la rio-oureuse exactitude.