BULLETIN N
Résultats de la culture d'orge à deux rangs de semence importée par le Gouvernement du Canada.
Par Wu SAUNDERS, DIRECTEUR, FERMES EXPÉRIMENTALES,
Ce sujet excite en ce moment un profond intérêt chez beaucoup de cultivateurs du Canada, plus particulièrement chez ceux des comtés de l'Ontario où l’orge est depuis nombre d'années une des récoltes principales, et un grand nombre ont exprimé le désir de connaître les résultats des nombreux essais effectués l’année passée, surtout de ceux de la variété importée pour semence par le Gouvernement. Le présent bulletin contient ces résultats, autant qu’il nous a été posible de les réunir, d'après les rapports reçus d'à peu près la moitié des agriculteurs qui ont pris part à l’essai,
Lorsque, sur la recommandation du ministre de l’agriculture, le Gouvernement eut décidé, en février 1890, d’affecter dans le budget la somme de $25,000 à l’achat en Angleterre d'orge à deux rangs de semence pour le Canada, la nouvelle en fut reçue avec approbation générale, La perspective d’un tarif douanier assez élevé pour exclure des Etats-Unis la plus grande partie de la récolte d'orge du Canada a porté les Canadiens à penser que le plus sage était pour eux de
chercher ailleurs des débouchés, et le seul autre pays qui veuille de notre orge était la Grande-Bretagne, Beaucoup sont sous l'impression qu'on ne peut aucunement vendre en Angleterre pour la fabrication de la bière une orge qui pèserait moins de 56 livres le boisseau, ce chiffre étant en Angleterre le poids type du boisseau de ce grain. Il n’en est point ainsi. On vendra sur le marché anglais à peu près toute espèce d'orge, quelque pauvre même qu’en soit la qualité; mais le prix qu’on en recevra correspondra à la qualité, et l'orge inférieure du Canada y trouvera la concurrence des énormes quantités d’orges inférieures arrivant en Angleterre de Russie et d’autres pays de l’Europe, où la main-d'œuvre agricole coûte bien moins que dans ce pays-ci. Puisqu’il en coûte autant pour le transport en Angleterre d’un boisseau d'orge de qualité inférieure que pour celui d’un boisseau de qualité supérieure, et qu’il ne s’agit pas de savoir si on peut vendre, mais si on peut .e faireavec profit, —le cultivateur en Canada peut compter, comme devant lui revenir, seulement le prix de vente en Angleterre moins le coût du transport et de la commission ; aussi, quand le prix est bas en Angleterre, le prix le plus élevé qu’on puisse obtenir ici, ne rémunère plus le producteur.
Les qualités inférieures d'orge, la plupart d’orge à six rangs, sont fort employées à nourrir les animaux et à la distillation ; les qualités supérieures de l'orge à deux rangs sont en demande pour la fabrication du malt et de la bière, et les meilleures se cotent à des prix élevés. En règle générale, plus le grain est pesant et plein, plus il se vend cher, le poids des orges à malter variant entre 52 et 56 livres le boisseau, mais atteignant quelquefois 57 livres. Il y a toutefois d’autres considérations à part le poids, d’après lesquelles les acheteurs se guident pour choisir l’orge à malter, telles que la tendre consistence de la farincet le peu d'épaisseur de l'enveloppe ; mais la valeur d’une orge d’une nouvelle provenance quelconque ne peut être mieux déterminée que par la qualité de la bière qu'on en obtient. Les analyses chimiques ont fait voir que les orges de qualité supérieure sont invariablement pauvres en albuminoïdes ou produits azotés ; or, comme il a été constaté que les orges à six rangs récoltées dans l'Ontario ont un taux peu élevé d'azote, et par suite sont d’une qualité supérieure aux mêmes variétés d'orge cultivées dans les Etats-Unis ou en Russie, et comme il est tout à fait probable que ce caractère du grain provient des conditions climatologiques,—nous avons bien lieu d'espérer que les orges à deux rangs cultivées dans
essaie vateserrtiaus had"