INTRODUCTION
Plusieurs méthodes s'offrent aux chirurgiens qui désirent pratiquer une opération plastique sur un moignon d’avant-bras.
Tout d’abord la cinématisation, qui a pour but suivant la définition de son créateur, VANGHETTI, d’utiliser les contractions musculaires et musculo-tendineuses en transformant les muscles contenus dans le moignon en véritables moteurs plastiques capables de communiquer leurs mouvements à un appareil prothétique. C’est une vitalisation du moïignon.
Parmi les différents procédés de cinématisation :il en est un, indiqué par DALISCH en 1877, qui se sert pour animer l'appareil de prothèse des mouvements de pronation et de supination de l’avant-bras.
Dans ces dernières années KRUKENBERG et PUTTI eurent l’idée d’utiliser directement sans appareil les mouvements de rotation du radius sur le cubitus.
CADENAT a réuni sous le nom d’opération par «individualisation » osseuse tous les procédés imaginés par KRUKENBERG et PUTTI et consistant à séparer le radius du cubitus sur une longueur variable et à les recouvrir de peau, de façon à transformer le moignon en une véritable pince radio-cubitale susceptible d'accomplir les actes de préhension par l’effet des mouvements de pronation et de supination. Ces opérations
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très primitives, n’ont, somme toute, qu’un but esthétique.
En 1835, BALLir de Berlin, dentiste et technicien, a imaginé d'utiliser le mouvement de l'épaule et du thorax pour la flexion du coude et l'extension des doigts à l’aide de courroies attachées au tronc. C’est la première main mobilisable. C’est sur ce principe que sont construites les mains de EICHLER, PETERSEN, COLLIN et CARNES. En 1867, le comte de BEAUFORT lance la «prothèse du pauvre», une main de BALLIF simplifiée permettant la préhension d'objets légers, mais incapable de travaux longs et durs.
Un progrès de plus fut réalisé par CHARRIÈRE et DariIscH qui en 1877 emploient l'extension et la flexion du moignon pour les mouvements correspondants des doigts. Leur second modèle utilise les mouvements de pronation et de supination pour les mouvements des doigts, prothèse que DALLIF employait lui-même dans ses travaux. Ces appareils emploient la force même du moignon ce qui permet des mouvements indépendants de ceux de l'épaule, mais on n’emploie pas les muscles fléchisseurs et extenseurs du moïignon qui s’atrophient.
Les autres inventeurs n’ont fait que modifier ou améliorer ces différents modèles: ainsi pour faciliter les travaux manuels on a remplacé la main artificielle esthétique par des crochets, des pinces, etc...
L'idée d'employer les forces musculaires du moignon se trouve déjà dans la brochure de BEAUFORT. « Recherches sur la prothèse des membres, Paris 1867 », mais on n’a pas fait une opération semblable ; il mentionne l'essai d’un chirurgien qui a réuni les tendons
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du moignon par des ficelles aux doigts d’une main artificielle. Ce n’est qu’en 1896 que VANGHETTI, praticien d'Empoli, eut l’idée d'employer le moignon d’amputation pour mobiliser les mains. Il publia en 1898 une monographie, après des études expérimentales sur des poulets. D’après ses indications, CECI, chirurgien à Pise, fit la première intervention de ce genre le 21 décembre 1900, après amputation du bras pour un sarcome. Ce malade fut présenté en 1905 au Congrès National Italien de chirurgie muni d’une prothèse construite par REpini. CECI a fait trois opérations avec deux résultats favorables mais la méthode était assez compliquée et n’intéressait personne, car la capacité de travail restait trop restreinte. |
En 1909, ELGART‘ publie un travail « Amputatio humeri osteoplastica et antebrachii tenoplastica », et il conseille de réunir des anses tendineuse du moignon à des prothèses. Il a opéré un cas, mais sans résultat.
Les travaux furent repris pendant la guerre lorsqu'il fallait trouver des prothèses utilisables pour les amputés d’avant-bras. En Allemagne F. SAUERBRUCH publie en 1916 un travail «Die willkürlich bewegliche Hand», dans lequel il donne la description de son procédé sans avoir connu auparavant les travaux de ses prédécesseurs. Il fait de même des moteurs à anse musculaire ou tendineuse et obtient des résultats satisfaisants. À sa suite une quantité de chirurgiens allemands ont appliqué ce procédé: Von WREDEN, Et- GART, PAYR, BLENCKE, etc... En Italie ce sont DE FRAN- CESCO, COTIVILLA, PIERI, PELLEGRINI, SCALONE, etc... qui emploient un procédé presque identique.
Dans ces différents procédés il manque à la main arti-