INTRODUCTION
C’est à M. Leclerc que nous devons le sujet de cette thèse. Nous avons été son interne cette année et nous l’avons maintes fois entendu parler, dans son service de clinique chirurgicale, des différentes interventions curatives du cancer du rectum. Qu'il nous soit permis de le remercier des conseils qu’il nous'a prodigués et des observations qu'il a mises à notre disposition.
Nous avons pris connaissance du rapport de M. Schwartz, au congrès de chirurgie de 1925, rapport auquel notre maître se proposait d'apporter des éléments de discussion ; nous avons trouvé là l’occasion d'écrire ces quelques pages.
Notre intention n’est pas de trancher catégoriquement pour une. méthode ou pour une autre; nous n’entrerons pas davantage dans le détail des techniques -— il en existe beaucoup et elles ont été très bien décrites par leurs auteurs — nous voudrions essayer de tirer quelques conclusions des résultats éloignés, obtenus dans le service de M. Leclerc, par l’extirpation basse des cancers ano-rectaux.
Depuis quelques années il semble que les chirurgiens essayent d’aborder le rectum cancéreux, de plus en plus par la voie abdomino-périnéale, délaissant presque systématiquement les voies périnéo-
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coccygiennes et sacrées. Du moins c’est ce qui ressort des articles d'auteurs connus, de M. Schwartz entre autres.
Dans son rapport au congrès, résumant l'opinion de beaucoup de chirurgiens français, il a fait une étude remarquable des résultats éloignés de l’exérèse du cancer du rectum où il appuie ses arguments moins sur des statistiques que sur des considérations anatomo-pathologiques. Nous n’avons pas la prétention de critiquer cet éminent chirurgien ; notre but est seulement d'exposer quelques réflexions que nous ont suggéré son article et un certain nombre d’observations de M. Leclerc.
Nous produirons en effet, dans cette thèse, une statistique d’opérations pratiquées par voies basses. Elle n’est pas très importante, mais elle a le mérite de ne comprendre que les cas qu’on a pu suivre, et une juste proportion d’amputations et de résections. Les résultats ont été dans l’ensemble suffisamment bons, pour qu’il nous soit permis de penser que si théoriquement, l’abdomino-périnéale est l’intervention de choix, pratiquement, et dans beaucoup de circonstances, les méthodes basses donnent de véritables et durables succès.
Nous sommes d'avis également, de pratiquer des résections toutes les fois que le siège du néoplasme ne s’y opposera pas ; il a paru à certains chirurgiens que cette méthode augmentait les risques opératoires et les changes de recidives ; ce n’est pas impossible, et nous verrons ce qu'en pense la majorité, mais comme l’a bien fait remarquer le professeur Villard,
RTS
quel ennui pour le malade que cette incontinence de son nouvel anus |
Après un court exposé historique du traitement chirurgical du cancer du rectum, nous étudierons donc les résultats comparés que donnent les voies combinées et les voies basses, les amputations et es résectionsi, utilisant pour cela les statistiques et les données de l'anatomie pathologique. Nous concluerons par l’indication des différentes méthodes suivant les cas cliniques.