OBSERVATION III
Suture bout à bout du cubital, Isolement des éléments du paquet vasculo-nerveux. Résultats complètement négatifs pour le cubital.
R.. F., soldat. Blessure par balle de l'épaule droite. Orifice
d'entrée au niveau de l’extrémité antérieure du pli de Paisselle, orifice de sortie à la face interne du bras à trois centimètres au-dessus du pli de l’aisselle.
Le 2 mai 1915, à l'hôpital physiothérapique de Vienne, on a constaté que le bras est en demi-flexion, la main est fléchie sur l’avant-bras, les doigts en demi-flexion. Troubles trophiques caractérisés par une coloration violacée des doigts et de la main et une desquamation foliacée. On constate une atrophie du bras de trois centimètres relevée à quinze centimètres de la pointe de l’olécrâne et une atrophie de deux centimètres de l’avant-bras, à dix centimètres de la pointe de l’olécrâne, Ù
La sensibilité est très diminuée surtout à l’avant-bras et à la main (face palmaire et dorsale). La flexion comme l’extension volontaires de la main sont impossibles. Ankylose partielle du coude (angle d’extension 150°, angle de flexion 95°). A l'hôpital physiothérapique de Vienne, on pratique la galvanisation de tous les muscles de l’avant-bras.
Electrodiagnostic. — R. D. complète pour tous les muscles de l’avant-bras tant pour le radial que pour le cubital et le médian. Elle est caractérisée pour le radial par l’ablation de la contractilité faradique et une contractilité galvanique augmentée avec secousse lente. Le biceps, le brachial antérieur, le deltoïde réagissent normalement. Le triceps a une contractilité faradique abolie et une contractilité galvanique diminuée et lente.
Intervention le 10 septembre 1915. — Incision longitudinale dans le creux de l’aisselle, dans le paquet vasculonerveux. Libération laborieuse des éléments nerveux que l’on retrouve : le médian à peu près intact, ainsi que le musculo-cutané, le cubital nettement sectionné avec deux médians, l’un terminal, l’autre distal, qui se perdent dans un tissu cicatriciel, le radial est encerclé dans la cicatrice, mais sa continuité n’est pas interrompue, ainsi que celle du circonflexe. Le cubital est étiré par ses deux extrémités et suturé au fil de soie. Tous les éléments du paquet vasculonerveux sont isolés. Suture continue de la plaie au fil de
soie. Petit drain.
LAMAUES
Le 27 septembre 1915, la sensibilité n’est pas modifiée. En ce qui concerne la motricité le malade a recouvré les mouvements d’extension de la main peu prononcés il est vrai.
Actuellement, le malade a récupéré toutes les fonctions du membre blessé, sauf celles commandées par le cubital, dont la régénération paraît être nulle.
SUTURE DU MEDIAN