CONCLUSIONS
Les résultats éloignés de la suture des nerfs médian et cubital après leur section par plaie de guerre sont encore aujourd'hui bien imparfaits.
Les observations que nous avons recueillies dans le service de M. le Professeur Bérard et les faits colligés dans les travaux de Gosset, Cestan, etc., montrent que dans ces sutures on doit réaliser autant que possible les conditions suivantes :
1° Toutes les fois qu’on le pourra, pratiquer la suture d'emblée, avant le stade d'infection confirmée de la plaie, c’est-à-dire lorsque les blessés seront traités dans les vingt-quatre, tente-six premières heures par résection large de tous les tissus nécrosés ou suspects, on devra pratiquer en même temps la suture des nerfs sectionnés et si possible l'isolement des nerfs suturés dans une gaine musculaire.
2° Cette suture doit être encore tentée lorsqu'on interviendra précocement, même dans une plaie modérément infectée, à condition que les deux extrémités du nerf sectionné ne soient, pas gravement altérées. *
Doi
3° Dans ces sutures précoces comme dans les sutures tardives, on aura soin de réséquer toujours la portion suspecte de chaque extrémité du nerf (névrome, étranglement cicatriciel, etc.) Une perte de substance de quatre à cinq centimètres au niveau du bras permet leur affrontement direct sans tractions excessives en utilisant la flexion de l’avant-bras sur le bras à angle droit.
4° Quand la suture directe des deux extrémités est impossible à cause de leur écartement, il faut employer la greffe du nerf vivant si possible de préférence à la greffe de nerf conservé. Ces greffes, malgré leurs résultats médiocres sont préférables aux anastomoses latérales du nerf sectionné à un nerf voisin sain ou lui-même déjà reconstitué.
5° Les opérations de greffe plus que celles de suture nécessitent naturellement un milieu et un foyer opératoire aussi aseptique que possible. Dès que ces conditions d’asepsie seront réalisées il n’y aura aucun intérêt à différer la suture du nerf.
En effet, lorsque celle-ci est pratiquée au bout de six mois, un an et plus, il s’est produit dans les muscles innervés par le nerf sectionné des troubles trophiques et des rétractions cicatricielles qui s’opposent à leur bon fonctionnement, même quand le nerf a été
suturé.