‹ Résultats éloignés de l'Intervention Chirurgicale dans les sections anatomiques complètes des Nerfs Médian et Cubital en chirurgie de guerreChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

- Statistique.

Les blessures des nerfs périphériques par plaies de guerre sont excessivement fréquentes. D’après Tinel, la proportion serait de 18 à 20 0/0.

Si nous nous en tenons au membre supérieur, nous voyons d’après les statistiques que par ordre de fréquence, c’est le radial qui est le plus souvent touché, ensuite le cubital, puis le médian.

Les blessures au niveau du bras intéressent souvent le médian et le cubital à la fois, ces deux étant assez rapprochés l’un de l’autre dans cette partie du membre supérieur.

Dans la statistique que donne Tinel:

le radial: est intéressé...... 145 fois le cubital EL EP EE SD — le médian ER uns 67 —

La statistique de Dumas donne les chiffres sui-

vants :

LEEDS DAT ED NE RS AE IE 119 CD LA EE RS 142 Mann er 133

Médian et UD tale ur. 48

Enfin pour Gosset les trois nerfs principaux du bras sont touchés dans les proportions suivantes :

Médian "26. CON RPMIEE 52 fois CHDLtA RE ERSS PRES 61 — Médian et cubital........ 20 — Radials ne en Rem ete 72 — ÿ

Dans les trente-six observations que nous avons relevées dans le service de M. le Professeur Bérard nous trouvons :

le médian intéressé...... 6 fois le -CUDHAl ER ES RUE 19 — médian et cubital ..... £ 11 —

Ces derniers chiffres se rapportent seulement aux sections complètes des deux nerfs.

D’après les statistiques, le pourcentage des sections complètes dans les plaies des nerfs est le sui-

vant :

Pour DUMAS re pnRee DA te MOSS Le Tee 10 © EN DUFOUX me TOME

Dans notre travail nous nous occuperons seulement des section complètes, soit que l’on ait opéré la suture sur un nerf sectionné complètement ou sur un nerf dont les deux bouts se trouvaient réunis par une cica-

trice fibreuse dont on à pratiqué l’éxérèse.

et) 7

Signes de paralysie des nerfs médian et cubital.

Nous ne rappellerons pas les signes de paralysie des nerfs périphériques. Nous allons simplement étudier succinctement quels sont ces signes pour chacun des deux nerfs.

PARALYSIE DU MEDIAN. — SYMPTOMATOLOGIE.

Troubles de la motilité et de la préhension.

Nous distinguerons deux cas suivants que la lésion du médian se trouve au niveau du bras (lésion haute) ou au niveau de l’avant-bras (lésion basse).

C’est la lésion haute qui occasionne le plus de troubles, car c’est au niveau du bras que le médian innerve le fléchisseur commun profond.

Comme symptomatologie de cette lésion nous aurons l'impossibilité de flexion de la dernière phalange du pouce et des deux dernières phalanges de l'index. La flexion de la phalange basale de ce doigt est encore possible par suite de l’intégrité des interosseux. Le médius présente quelquefois les mêmes troubles que l'index, mais moins fréquemment, le faisceau moyen du fléchisseur commun profond étant souvent innervé par le cubital.

A ces troubles des muscles fléchisseurs, il faudra ajouter les troubles des muscles de la main, ces derniers constituant uniquement les troubles des lésions

basses.

Les mouvements d'opposition du pouce à l'index et à lauriculaire sont fortement troublés. L’opposition

normale du pouce à l’extrémité de la dernière phalange de l'index (bec de canard) est impossible, le pouce peut au plus atteindre la deuxième phalange de l’index. Pour l’opposition au petit doigt elle est presque aussi défectueuse. Elle paraît pouvoir se faire encore, mais le pouce n’est pas franchement opposé, il est trop incliné sur le bord interne, trop rapproché de la paume de la main. (Pseudo-opposition.)

Tous ces troubles de motilité vont évidemment entraîner de graves troubles de la préhension qui mettront le blessé en état d’infériorité physique beaucoup plus importante qu'il peut apparaître à première vue.

Ces troubles de préhension ont été admirablement exposés dans un artick de J. Froment, paru dans le Journal de Médecine de Lyon. Nous allons les résumer ici :

Lorsque le blessé veut saisir un objet assez volumineux (encrier, bouteille) la pince normale ne peut plus se constituer et le blessé est obligé de saisir l’objet entre les quatre derniers doigts fléchis et la face dorsale du pouce repliée sous eux en crochet. Cette préhension est encore rendue plus défectueuse par la sensibilité qui est abolie dans les trois premiers doigts. Aussi le blessé ne pourra garder un objet dans la main qu'avec le secours de la vue. La préhension des petits objets qui s'effectue avec les trois premiers doigts est encore plus troublée, la sensibilité étant en partie abolie pour ces doigts-là. Aussi lorsque l'opposition du pouce au petit doigt demeure possible par suite de l'intégrité plus ou moins relative du court

fléchisseur qu’innerve souvent le cubital, c’est entre le pouce et l’auriculaire que le malade attrapera l’objet.

La prise de la pince à mors plat est aussi moins bonne. Lorsque le blessé voudra tenir un journal dans la position de lecture, le pouce s’appliquera encore bien sur le journal, mais sous l’action de l’adducteur que ne contrebalance plus le court abducteur, il exécute un mouvement de rotation de dehors en dedans et n’adhère à l’objet que par son bord interne (signe de l’éversement du pouce). P. DESCOURT.

Troubles de la sensibilité. — La sensibilité sera troublée sur tout le territoire cutané innervé par le médian. L’anesthésie à la pression, à la piqûre, au chaud et au froid correspondra sur la face palmaire au pouce, à l’index, au médius et au bord externe de l’annulaire, ainsi qu’à la région correspondante de la paume de la main et de l’éminence thénar.

Sur la face dorsale le territoire anesthésié se rétrécit et ne correspond plus qu’aux deux dernières phalanges de l’index, du médius et du bord externe de l’annulaire.

“Amyotrophie. — Les muscles innervés par le . médian sont naturellement très atrophiés. Aussi on ‘constate un amaigrissement de l’avant-bras et l’éminence thénar, qui est la plus touchée, est remplacée

par un méplat.

Réaction de dégénérescence. — Klle existe pour tous les muscles paralysés. Au bout de quelque temps le nerf et le muscle sont inexcitables aux deux modes.

14e Troubles trophiques. — La peau du territoire paralysé revêt une couleur rouge-violacée (Glossy-Skin) qui est encore plus marquée sous l’action du froid. On a souvent des plaies atones, au niveau de l’index surtout, qui cicatrisent mal.

Causalgie. — À tous ces signes, il faut en ajouter un autre qui consiste en douleurs violentes, s’exaspérant aux différences de température, au moindre contact des doigts avec un objet et qui sont parfois si intenses que le blessé demande l’amputation de son membre.

D’après E. Leriche, ces douleurs semblent dues à la névrite des plexus sympathiques péri-artériels.

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