PARALYSIE DU CUBITAL
Troubles de la motilité et de la préhension. — Ce qui frappe tout de suite l’attention dans une paralysie cubitale, c’est l'aspect de la main. Les espaces intermétacarpiens sont creusés en véritables gouttieres par suite de la paralysie des interosseux.
Mais l'attitude la plus remarquable est celle de la griffe cubitale. Les deux dernières phalanges des deux derniers doigts sont fléchies pendant que la phalange basale est en hyperextension. Cette attitude est due à la paralysie des interosseux qui sont fléchisseurs de la première phalange et extenseurs des deux dernières.
Dans les lésions hautes ou les lésions au niveau du bras, la griffe cubitale est moins marquée, car l’ac-
tion des deux faisceaux internes du fléchisseur profond est paralysée. La flexion des deux dernières phalanges n’est donc plus régie que par le fléchisseur superficiel.
Les mouvements de latéralité des doigts n'existent plus, sauf pour l'index, et le petit doigt est porté en adduction.
Mais le mouvement le plus troublé dans une paralysie cubitale est l’adduction du pouce. Celle-ci est encore possible en ce sens que le pouce peut encore se rapprocher du bord externe de l’index, mais ce qui met bien en évidence le trouble de ce mouvement, c’est le signe du journal décrit par J. Froment.
Lorsqu'on demande à un blessé de saisir un journal des deux mains et d'exercer sur celui-ci des tractions divergentes, on voit du côté sain le pouce s’appliquer fortement en extension sur le journal le long de l’index, tandis que du côté malade le pouce met sa dernière phalange en flexion et saisit le journal du bout des doigts.
On se rend compte, d’après ces troubles de motilités qu'ici encore les mouvements de préhension seront bien gênés. Nous avons encore emprunté pour ce paragraphe nos données dans l’article de J. Froment.
A cause de la griffe qui, d’ailleurs, est souvent douloureuse au contact d’objets durs, le blessé ne pourra saisir des objets volumineux, ses deux derniers doigts étant complètement inutilisables. Par contre, par suite de l'intégrité des trois premiers doigts la pince longue à branche droite et la pince
Le
courbe sont éncore possibles et le blessé pourra saisir des objets de petit volume. Mais, par contre, la pince à mors plat est fortement touchée, ce qui est mis en évidence par le signe du journal. Aussi tous les actes où cette pince entre en jeu (action de tourner une clef dans une serrure, découper avec un couteau dans une assiette) seront très difficultueux, le blessé finissant presque toujours par laisser échapper la clef ou le couteau qu’il ne peut maintenir.
Réaction de dégénérescence. — Complète pour tous les muscles innervés par le cubital.
Troubles de la sensibilité. — Ils occupent tout le territoire cutané du cubital. L’anesthésie complète n'existe que sur le bord interne de l’auriculaire et de la main, pour le resté on a seulement de l’hypoesthésie. | .. Troubles trophiques. — Ici encore la peau est rouge violacée. Elle est froide, la température s’abaisse de plusieurs degrés. La sueur n’est plus sécrétée. On rencontre ici encore plus fréquemment que pour le médian, de petites plaies atones. Celles-ci sont d’autant plus fréquentes qu’elles sont souvent provoquées par des brûlures, l’anesthésie à la chaleur étant com-
plète pour le petit doigt.