‹ Résultats éloignés de l'Intervention Chirurgicale dans les sections anatomiques complètes des Nerfs Médian et Cubital en chirurgie de guerreChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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Signes permettant de conclure à une

restauration du nerf.

Le mécanisme de restitution histologique du nerf est connu. Il a ‘été étudié par Waller, Ranvier, Nageotte, nous ne le rappellerons pas .

Les signes indicateurs d’une restauration d’un nerf sont de trois ordres : sensitifs, moteurs, électriques.

C’est la sensibilité qui revient la première. Celle-ci s’accuse tout d’abord par des fourmillements, des élancements et des démangeaisons obligeant souvent le malade à se gratter fortement. Il existe des douleurs spontanées sur le trajet du nerf que l’on peut mettre en évidence par la pression sur le trajet du nerf, au-dessous de la suture. Les douleurs et élancements que provoque la pression du tronc nerveux au-dessous de la suture sont souvent reportées par le sujet dans le territoire cutané dyesthésique, et l’on peut suivre ainsi de semaine en semaine la progression des jeunes fibres nerveuses dans le bout périphérique.

I faudra rechercher le rétrécissement progressif des zones d’anesthésie, celles-ci étant recherchées en allant de la zone malade à la zone saine. Pour André Thomas, le meilleur mode de recherches de retour à la sensibilité serait le simple pincement. La sensibilité à ce mode d'exploration revient avant la sensibilité à la piqûre.

Mais on ne pourra pas conclure du retour de la sensibilité à une restauration complète du nerf. En effet, le tissu cicatriciel apporte souvent un obstacle au passage des cylindres-axes nouvellement formés.

D'autre part, ceux-ci ne suivent pas toujours la bonne voie conductrice et s’éparpillent au hasard, provoquant ce qu'André Thomas appelle des topoanesthésies, c’est-à-dire une localisation anormale de la sensibilité. |

Les signes musculaires apparaissent après les signes sensitifs. On voit peu à peu les muscles reprendre leur contractilité qui se manifeste par des saccades et des tremblements. L’amyotrophie disparaît peu à peu.

Mais, dans l’étude du retour de la sensibilité et de la motilité, il faudra prendre grand soin d’éliminer la sensibilité et la motilité dite de suppléance. En effet, certains muscles et certaines régions cutanées sont innervés par des filets nerveux issus de nerfs voisins. Aussi, dans la recherche de la restitutio ad integrum, il faudra examiner seulement les muscles qui sont innervés uniquement par le nerf qui a été suturé.

Nous allons maintenant étudier, en particulier pour le médian et pour le cubital, les signes qui peuvent faire conclure à leur restauration.

De

Nerf médian. — D'après Testud et Pitres, les deux mouvements qui permettent de conclure à la restauration du nerf médian sont :

1° La flexion de la deuxième phalange sur la première pour les quatre derniers doigts.

2° La flexion de la troisième phalange sur la deuxième pour l’index et le médius.

Pour rechercher ces mouvements on demandera au malade, la main étant appliquée à plat sur une table, de gratter avec la deuxième phalange de son index. Si ce mouvement est exécutable, c’est que les fléchisseurs ne sont plus paralysés.

A ces tests il faut ajouter celui de Froment, qui consiste à rechercher le retour des mouvements d’opposition. Pour cet auteur, des deux mouvements d’opposition, un seul est valable : c’est l’opposition à l'index. L'opposition à l’auriculaire n’a pas une valeur certaine, ce mouvement étant sous la dépendance du court fléchisseur qui est innervé en partie par le cubital.

Pour rechercher le mouvement d'opposition à l’index, il faut que les deux dernières phalanges de l’index soient en extension, la phalange basale étant fléchie à angle droit sur la main. C’est le mouvement qui réalise le bec de canard, le seul qui puisse faire conclure à la récupération des mouvements d’opposition.

Nerf cubital. — Pour Froment et Gardère, le premier signe qui permette de constater une restauration du cubital est le signe du cubital antérieur. Sa

HDi

recherche consiste à faire écarter fortement le pouce de la main ; pendant cet acte, le cubital antérieur se contracte indépendamment de la volonté.

Après ce signe, on devra rechercher la disparition de la griffe cubitale après s'être assuré que celle-ci n'est pas maintenue par d’autres lésions que la lésion nerveuse. On fera fléchir la première phalange de l’auriculaire et de l’annulaire, on demandera de rapprocher l’auriculaire de l’annulaire ; le premier est fixé en adduction dans la paralysie cubitale.

Mais le seul signe qui aura de la valeur au point de vue de la reprise des fonctions normales de la main, sera la recherche du signe du journal. Il est évident qu’au début, ce signe ne disparaît pas complètement, mais on constatera sa disparition progressive. D’autre part, si, pendant sa recherche on palpe le premier espace intermétacarpien, on constatera un gonflement si l’adduction a commencé à récupéer ses

fonctions.

Examen électrique. — Il aura aussi sa valeur pour conclure à la restitutio ad integrum. Mais lorsqu'on constatera que la réaction de dégénérescence tend à disparaître, les symptômes de retour à la motricité et à la sensibilité seront depuis longtemps revenus.

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