‹ Résultats éloignés de la prostate supra-pubienneChapitre 18 sur 45 · LES ÉD · texte numérisé non relu

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réservoir, dont la force plus ou moins grande conditionne l'issue de l’urine, abstraction faite de tout obstacle intermédhiaire entre la vessie et le méat. Si nous avons ainsi divisé notre sujet, c’est afin d'apporter plus de clarté, d’autant que les moyens d’investigations différent suivant les diverses constatations que l’on recherche.

Nous avons vu, et nous le rappelons afin d'insister encore sur l'interdépendance étroite de ces diverses questions, qu’une des causes de mictions fréquentes pouvait être l'insuffisance de la capacité vésicale, et nous avons dit que, si le malade pissait trop souvent, c'est que sa vessie était devenue un réservoir insuffisant.

La vraie capacité physiologique de la vessie doit être évaluée, d’après Uteau, par la quantité d'urine nécessaire à produire le besoin d’uriner. On peut évaluer cette capacité autour de 350 centimètres cubes.

Normalement, la sensibilité vésicale, nulle au contact, n’est mise en éveil que par la distension et se traduit par le besoin d’'uriner.

Nous avons vu, dans les chapitres précédents, que le besoin d’uriner était, dans l'immense majorité, conservé après l'opération, que les quelques cas d’incontinence par parésie, que l’on a signalés, ne sont en général que temporaires, et que, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l’opé-

ration, le prostatectomisé acquiert un meilleur contrôle de

son sphincter et devient un virtuose de la miction, quoique cette dernière reste, dans beaucoup de cas, impérieuse.

Afin d'apprécier avec le minimum de causes d'erreur, la capacité d'une vessie d’un prostatectomisé, 1] faut mettre en jeu la sensibilité vésicale. On doit, pour cela,

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se servir d'une seringue à embout large s’adaptant correctement au pavillon de la sonde; le piston doit être doux et hermétique: il est malheureusement souvent difficile de trouver toutes ces qualités réunies.

On introduit une sonde dans la vessie que l’on vide soigneusement, on injecte, doucement et sans saccades, un liquide antiseptique faible; nous nous sommes servi d’eau boriquée (15 gr. d’acide borique pour 1 litre d’eau stérilisée) et nous nous sommes assuré que le liquide injecté n'était ni trop chaude, ni trop froid. Nous avons recommandé aux malades de ne pas se montrer pusillanimes et de respirer franchement. Dès qu’une seringue a été vidée, nous avons écrasé avec une pince, avant de retirer l’embout, le pavillon de la sonde. Ainsi, avec un peu d’habitude, on peut aller vite, ce qui a son importance, et éviter toutes les causes d’erreur. Nous avons noté la quantité du liquide injecté et la quantité du liquide rejeté ensuite par le canal, afin, par la même occasion, de noter la présence d’un résidu ; nous avons éliminé de nos recherches les malades qui conservaient un résidu, nous. réservant d'étudier leurs cas dans le chapitre suivant.

Le point le plus délicat consiste à apprécier exactement le moment où le besoin d’uriner apparaît : c’est en effet une sensation subjective qu’accuse le malade et, comme telle, sujette à l’erreur. [Il est cependant assez facile, si l’on est attentif, de décéler le moment où le besoin d’uriner va être accusé par le malade. En effet, le doigt qui pousse le piston sent, à un certain moment, qu'il est arrêté dans sa course et qu'il est obligé, pour progresser, d'appuyer davantage. C’est qu'à ce moment la vessie s’est

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contractée, et le malade va éprouver le besoin d’uriner aussitôt après ; si d’ailleurs, on abandonne le piston de la seringue, il va être refoulé, le malade urinera dans la seringue. Il n’y a aucun intérêt à rechercher la capacité maxima réelle de la vessie et à gonfler la vessie comme une outre ; ce qu'il faut apprécier, c’est la quantité d'urine que le malade peut conserver sans que le besoin de vider la vessie se manifeste, nous avons vu d’ailleurs que peu de prostatectomisés sont susceptibles, après l'opération, de résister longtemps au besoin d’uriner.

Nos constatations, bien que ne portant que sur un petit nombre de malades, nous ont permis de voir que la moyenne de la capacité vésicale était, dans l’ensemble, inférieure à la normale. Un opéré présentait une capacité vésicale de 160 centimètres cubes. Les autres .variaient entre 250 centimètres cubes et 300. Un seul présentait une capacité sensiblement normale de 330 centimètres cubes.

Les opérés, que le Professeur Hartmann a spécialement étudiés à ce point de vue, présentent des capacités vésicales de 230, 300, 360, 400 et 450 centimètres cubes.

Tous ces résultats sont fort beaux, car une capacité vésicale de 160 centimètres cubes, bien qu'’inférieure à la normale, est malgré tout très satisfaisante.

Il ne faut pas d’ailleurs comparer la capacité vésicale d’un prostatectomisé avec celle d’un homme normal, mais 1] faut mettre en parallèle la capacité vésicale avant l'opération et celle que l’on trouve après l’opération.

Une vessie longtemps distendue peut présenter, malgré l'intervention, et en l'absence de toutes les causes sus-

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ceptibles de vicier les résultats (diverticules), une capacité supérieure à la normale ; si l'évacuation du réservoir vésical est complète, le résultat n’en est que plus beau. On trouve d’ailleurs, en général, que les vessies à capacité vésicale exagérée ont, après l’opération, une diminution de cette capacité, ce qui semble indiquer que la fibre musculaire vésicale, retrouvant sa tonicité, se laisse moins facilement distendre qu'avant l'opération.

Une des causes susceptibles de provoquer une capacité vésicale moindre que la moyenne consiste en une infection vésicale persistante. La vessie est intolérante parce qu'elle est enflammée, et le malade que nous avons examiné et qui ne présentait qu'une capacité vésicale de 160 centimètres cubes venait régulièrement se faire soigner pour une cystite rebelle que l'opération n'avait pas guérie et dont nous reparlerons en étudiant la désinfection de la vessie.

Nous retrouverons là encore, parmi les opérés à mauvais réservoir vésical, les, névropathes à pollakiurie persistante. Il y a manifestement, chez ces malades, une exagération de la sensibilité et nous pouvons citer le cas d’un malade qui, bien qu’opéré depuis plus de 5 ans, fut examiné par de nombreux chirurgiens et trouvé indemne de toute lésion ; il avait une capacité vésicale de 145 centimètres cubes, urinait toutes les heures le jour, mais, pendant son sommeil, était subitement guéri de sa pollakiurie.

On peut logiquement espérer qu’un prostatectomisé, quand il ne présente aucune lésion, ni aucune tare, qu'il est notamment indemne de toute cystite, et qu’il ne rentre pas dans la catégorie des abouliques urinaires, peut voir sa ca-

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