EVACUATION DE LA VESSIE
S1 le rétablissement de la miction spontanée, et l’améhoration de la pollakiurie sont, pour les malades, les meilleures preuves de l'efficacité de l’intervention, le chirurgien, par contre, voit surtout la réussite de l’opération dans l’évacuation intégrale de la vessie. Il sait, en effet, tous les
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dangers qui menacent le prostatique du fait de la rétention et il ne peut envisager le succès complet, que si tout résidu a disparu et définitivement.
En 1890, Vignard écrivait dans sa thèse :
« … I] importe d'établir, avec le plus grand soin, dans le cas où la miction volontaire a été rétablie par l’opération, si ce retour des fonctions vésicales a persisté ; pareil résultat, en effet, est obtenu, à chaque instant, sans opération, soit par un cathétérisme, répété régulièrement pendant quelques jours, soit par l’emploi de la sonde à demeure. Il est d’un intérêt extrême de savoir, non seulement si le malade urine volontairement, mais s’il vide complètement sa vessie, sans quoi, l'opération n’aura donné qu’un succès incomplet, plus dangereux peut-être qu’un échec. Car, au risque de paraître paradoxal, nous prétendons que la rétention complète chronique est moins grave que la rétention incomplète. Le prostatique qui ne peut uriner spontanément est obligé par là même de se sonder d’une façon régulière et, s’il le fait aseptiquement, son état de santé restera normal, les effets de la rétention seront annihilés.
« Celui, au contraire, qui peut volontairement vider une partie de sa vessie, illusionné par la quantité d’urine souvent exagérée qu'il rend chaque jour, sera conduit à négliger l'usage du cathéter, et cela, malgré les recommandations expresses qu’on n’aura pas manqué de lui faire. A la faveur de cette stase urinaire permanente, la vessie se disteñd et, peu à peu, s’établissent des lésions irrémédiables des organes urinaires supérieurs. Îl se produit peu à peu une insuffisance rénale, laquelle se traduit cliniquement surtout par des troubles digestifs et un état général que Guyon
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a appelé forme aseptique de la cachexie urinaire. Mais, ce qui fait la gravité exceptionnelle de la rétention incomplète avec distension, c’est que les malades qui en sont atteints sont, par là même, prédisposés d’une facon remarquable à une infection rapide et complète de tout leur appareil urinaire.
« Il n’est donc nullement avantageux pour un malade de voir sa rétention complète transformée en rétention incomplète ».
Un prostatectomisé, pour être guéri complètement, doit ne plus avoir besoin d’être sondé, sans quoi, le bénéfice qu’il retirera de l’opération ne pourra être que minime et souvent illusoire.
Or, il faut bien reconnaître que la persistance d’un certain degré de rétention est assez souvent mentionnée dans les observations relatives aux suites éloignées de la prostatectomie.
Macdonald, sur 110 prostatectomisés, en signale 61 qui conservent un résidu, et parmi les causes, 1l cite, dans 4 cas, une barre médiane dans la région cervicale ; dans 3 cas, un rétrécissement de l’urètre ; dans 12 cas, un certain degré d’atonie vésicale.
Swinford Edwards, sur 59 malades suivis, a trouvé la persistance d’un petit résidu chez 11 anciens opérés.
Brongersma, parmi 139 malades examinés à fond à : ce point de vue, signale 12 malades ayant une rétention vésicale de 25 à 130 centimètres cubes.
MM. André et Grandineau citent les cas de 4 prostatectomisés ayant conservé une rétention variant de 75 à 300 grammes.
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M. Pasteau signale l'existence relativement fréquente de petites rétentions persistantes de 20 à 30 centimètres cubes.
Parmi les observations particulièrement démonstratives de la persistance d’une rétention post-opératoire, nous avons recueilli le cas d’un malade, que nous a signalé M. le Professeur Legueu.
C. G..., âgé de 67 ans, chef de chaufferie dans un grand magasin de nouveautés, avait été hospitalité à l’hôpital Necker, en 1898, pour coliques néphrétiques, il n’a, d’aileurs, Jamais présenté de calculs vésicaux.
Depuis 1910, le malade était gêné par sa prostate ; mictions fréquentes, particulièrement la nuit, et incomplètes, un petit résidu persistant après la miction. Il entre à l'hôpital, le 10 novembre 1915, pour rétention complète datant de 24 heures.
Prostatectomie hypogastrique le 19 novembre 1915. La convalescence est normale jusqu’au 9 décembre 1915, le malade faisant une orchiépididymite double, suppurée à gauche, et guérissant après trois interventions.
Le malade sort guéri à la fin de la sixième semaine. La miction est rétablie, les urines sont claires, l’état génital est très bon, la vessie se vide complètement ; pas d’incontinence, ni de pollakiurie. ;
Le résultats se maintiennent parfaits.
En novembre 1921, le malade fait une hémiplégie gauche après ictus.
Subitement, le 12 février 1924, soit 8 ans et 3 mois environ après son opération, le malade fait une crise de rétention complète, qui l’étonne d’autant plus que la miction, jusque-là, s’était maintenue parfaite, et depuis ce moment-là, aucune urine ne put être émise
spontanément.
Le malade revient à l'hôpital le 19 février 1924. Le toucher
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