EXPOSE DE LA QUESTION
L’hypertrophie prostatique est, pour les homimes qui dépassent la cinquantaine, une redoutable infirmité ; selon l'expression de Freyer, « la prostate a une tendance, au déclin de la vie sexuelle, à monter en graine » et, Minet,dans une description saisissante, met en relief les terribles souffrances morales, les pénibles assujetissements, les douleurs physiques qui sont le triste apanage de ceux qui, arrivés au point culminant de leur vie publique, en plein épanouissement de leur vie privée, semblent plus que les autres souffrir par le fait de la maladie prostatique.
« Sont infirmes les prostatiques esclaves de la sonde. Manger, boire, se sonder. La sonde qui vous suit comme l'ombre, compagne obligatoire des promenades, des visites, des repas, si elle ne les supprime pas ; la propreté presque irréalisable : l’odeur d'huile et d'urine imprégnant les vêtements, l'appartement... Infirmes ceux qui urinent souvent ; infirme celui qui a la préoccupation de choisir pour sa promenade en ville les voies fournies d’urinoirs, celui qui ose à peine visiter ses amis, accepter leurs invitations, qui, au théâtre, attend impatiemment l’entr'acte. À plus forte raison, infirmes les commerçants, le magistrat, le sénateur, le diplomate dérangés et humiliés par la fréquence des besoins et plus à plaindre peut-être que les esclaves de la sonde ».
À toutes ces infirmités, d’autant plus pénibles à sup-
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porter que l’âge et la situation les aggravent, il faut ajouter les périls de toutes sortes qui, à chaque sondage, à chaque crise de rétention, menacent le prostatique dans son existence même.
Si encore ces accidents étaient rares ou bénins ; malheureusement il n’en est rien et Guyon dans ses leçons cliniques a pu dhre :
« La clinique démontre que l’hypertrophie de la prostate n’est qu'un des éléments pathologiques avec lesquels le chirurgien doit s’attendre à compter. L’impressionnabilité de cette catégorie de malades aux accidents communs à tous les urinaires est si spéciale, ils y sont si particulièrement accessibles que l’on pourrait dire en toute vérité : ils n’en meurent pas tous, mais tous en sont frappés >.
À tous ces malades, de conditions de vie si déplorables, l'esprit si affecté par leur infirmité, venus si nombreux implorer la guérison, quelle thérapeutique a-t-on appliquée ?
L’hypertrophie prostatique, maladie bénigne en ellemême, mails grave par ses conséquences et par le nombre des sujets atteints, a, de tout temps, attiré l'attention des médecins depuis Hippocrate, et, au fur et à mesure qu’elle est mieux connue, suscité des recherches et des essais thérapeutiques nombreux et variés.
Jusqu’à la fin du siècle dernier, ce problème hanta les imaginations et permit l'éclosion d’un grand nombre d'instruments originaux auxquels chaque urologue imprimait, en même temps que son nom, une forme particulière, une courbure différente de celle de son prédécesseur, ou de son concurrent, dans le but, soit de supprimer plus ou moins