OBSERVATION Î
Due à la bienveillance de M. le professeur Poncer
X.. Léon, âgé de 12 ans. — Entré à l'Hôtel-Dieu le 5 décembre 1896. Sorti le 5 janvier 1897, dans le service de M. le professeur Poncet. Salle Saint-Philippe, n°17.
Pas d’antécédents héréditaires.
Une rougeole, un « coup de sang » au ventre, il y a quatre mois. Phénomenes douloureux digestifs qui, ayant recommencé il y a quinze jours, ont nécessité l’entrée à l'Hôtel-Dieu.
La veille, le malade avait beaucoup sauté et transpiré. Il fut pris de douleurs dans l’abdomen et obligé de se coucher.
Constipation opiniâtre, fièvre, frissons...
A l’entrée : langue rôtie et seche ; peau chaude et pulvérulente, ventre hypertendu et tres douloureux. A droite, empâtement facile à sentir ; æœdème léger de la peau.
Au toucher, on sent à droite un vaste plastron.
Le 5 décembre 1896, opération pratiquée par M. le professeur Poncet. — Incision classique couche par couche, muscles congestionnés et sombres. Le bistouri donne issue à un flot de pus fétide à odeur intestinale.
Le doigt introduit perçoit une vaste cavité qui se prolonge sur la ligne médiane jusqu’à la cavité de Retzius. On évacue la cavité.
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Drain debout, gaze iodoformée.
Une alerte à la fin de l’opération, par suite de mucosités dans la trachée. La respiration artificielle, l'électricité et les tractions rythmées de la langue raniment facilement le malade.
Le 6 décembre, la fièvre est tombée.
État général satisfaisant.
Le 5 janvier 1897, le malade est guéri.
Le 6 février 1898, c’est-à-dire quatorze mois après, nous écrivons à la famille du jeune X... On nous répond que l’enfant est guéri, mais a ressenti parfois des douleurs dans le ventre après avoir couru plus que d'habitude, On percevait une petite tuméfaction à la place où avait été pratiquée Popération, puis assez vite tout disparaissait. « Il n’a plus rien ressenti depuis quatre mois et se porte tout à fait bien. »
OBSERYATION IL
Due à l’obligeance de M. le professeur PoxceT
X.. Claude, vingt-cinq ans, cultivateur. Entré à l'Hôtel-Dieu le 1° juillet 1897, dans le service de M. le professeur Poncet.
Pas d’antécédents héréditaires.
Bonne santé habituelle. Aucune maladie notable.
Il ÿ à deux ans, eut une crise d'appendicite (diagnostic de son médecin) caractérisée par des vomissements, douleurs dans la fosse iliaque droite ; pas de ballonnement ni deconstipation. Les douleurs ne présentaient pas d'irradiations.
En huit jours tout fut terminé.
Il y a deux mois, nouvelle crise, avec les mêmes symptômes, enfin, quinze Jours apres, nouvelle crise qui décide le malade à une opération. Les dernières crises ont été semblables à la première et ont duré huit à dix jours au plus.
Actuellement, ce jeune homme a toutes les apparences de la santé et ne souffre pas.
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La palpation de la fosse iliaque droite est plutôt négative, Peut-être pourtant, y a-t-il profondément un noyau sensiblement mobile ; en tous cas, il n’est nullement douloureux.
Rien dans les autres organes.
Ce jeune homme demande à être opéré pour éviter la rechute de ces crises qui l’ont beaucoup effrayé.
3 Juillet. — Operation pratiquée par M. le professeur Poncet.
Éthérisation. — Incision parallèle à l’arcade crurale et remontant sur le bord de la crête iliaque, on y ajoute une petite ineision perpendiculaire de 10 centimètres de longueur. Tres grande épaisseur de la couche musculaire qui est aussi très vasculaire.
Pas d'adhérences du cœcum.
L’appendice est gros, très long. Il remonte en arrière du cœæcum, accole à lui et adhérant fortement. Il est très difficile de lisoler. On craint louverture de l'intestin. Manœuvres infructueuses qui ne sont pas prolongées.
On place un drain de gaze iodoformée dans la plaie, remontant jusqu’à l’appendice pour faciliter les adhérences et l'occlusion de l’appendice. Fermeture de l’incision avec deux plans : un péritonéal au catgut, une couche musculo-cutanée au fil d'argent, la où ressort la gaze iodoformée.
Pansement.
Le soir. Température : 37°6.
Pouls : 80 ; tres bon.
Pas de hoquet, rien d'anornal. En somme, le malade va très bien.
15 août. — À eu depuis une légère suppuration.
Plus de douleurs.
Le malade part à peu près cicatrisé.
X..., à qui nous écrivons en février 1898, six mois après opération, déclare avoir ressenti à plusieurs reprises quelques douleurs dans la fosse iliaque droite. « La durée en fut tres courte », dit-il. Depuis un mois il n’a plus rien ressenti.