‹ Résultats éloignés des appendicites suppurées traitées par la simple incision de l'abcèsChapitre 12 sur 21 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Sociélé de chirurgie. Séance du 17 juillet 1895. Communication de M. Turrier,

L..., huit ans, enfant d'apparence chétive, a été pris plusieurs semaines avant notre visite d'accidents péritonéaux subaigus qu'une série de médecins consultés ont été unanimes à attribuer à une péritonite aiguë généralisée, Depuis quelques jours la situation s'étaitaggravée à un point tel que je trouvai le malade dans la situation suivante : les muscles émaciés, la face pâle,

amaigrie et grippée, avec un abdomen énorme, régulierement distendu comme dans la péritonite la plus intense.

Le pouls à peine perceptible, les extrémités refroidies. La percussion donne une sonorité générale, mais il existe dans la fosse iliaque droite un empâtement avec douleur localisee.

En présence de ces accidents je porte le diagnostic de péritonite généralisée d’origine appendiculaire, et le petit malade paraissait dans un état tellement précaire que je le déclarai incapable de supporter l'intervention.

Cependant sur la demande expresse des parents, et sur les instances de mon confrère le D' Jean, je consentis à intervenir et le 28 septembre 1894 à 5 heures du soir, je pratiquai rapidement, in extremis après inhalation de quelques gouttes de chloroforme une incision latérale. J'arrive directement sur le péritoine, je l’incise, et il s’en écoule environ trois litres de pus fécaloïde infect. J'introduis un doigt dans l'abdomen sans trouver aucune limite du foyer et je pus ainsi avec une longue pince remonter en haut de la région de lappendice au diaphragme, descendre en bas dans le cul-de-sac recta-vésical, et latéralement d’une fosse iliaque à Pautre. Cette simple intervention, si rapide qu'elle füt, avait fait disparaître complètement le pouls, si bien que je m'empressai de faire un tamponnement avec plusieurs paquets de gaze iodoformée.

Je fis un pansement rapide et remis le malade dans son lit, convaincu qu’il ne survivrait que quelques instants à lPopération.

Malgré cela, séance tenante, je lui fis des injections de caféine, d’éther et de sérum artificiel. Je l’entourai de boules d’eau chaude, et j'avoue que ma surprise fut grande quand le lendemain je reçus un télégramme disant que le pansement était traversé el me priant de venir le refaire.

Le petit malade était encore dans le collapsus, cependant le pouls était perceptible. Au troisième jour apparaissaient des pétéchies et une hématurie qui persista pendant cinq jours. Puis un œdème double des membres inférieurs, sans phlébite.

Des matières stercorales s’écoulèrent quelques jours par la plaie abdominale. Cependant deux mois après l'enfant était complètement guéri, sans fistule.

Aujourd’hui (juillet 1895, c’est-à-dire dix mois après) il est en parfaile santé, 3

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