‹ Résultats éloignés des appendicites suppurées traitées par la simple incision de l'abcèsChapitre 13 sur 21 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris, par le professeur DisuLaroy (1898).

Le 28 novembre 1895, dans une famille dont je suis depuis jongtemps le médecin, j'étais appelé à huit heures du matin par une dame de soixante-douze ans qui avait eu pendantla nuit de vives douleurs dans le ventre. L’avant-veille cette dame étaitsorlie comme d'habitude, elle avait été chez son dentiste, et la veilleellese sentait bien portante sans avoir ressenti le moindre trouble intestinal. Je lexamine, je constate que les douleurs abdominales ont nettement leur maximum d'intensité à la zone appendiculaire. La température était normale, mais le pouls était de mauvaise qualité, et l'expression du visage ne me satisfaisait pas : ça sentait la péritonite.

Je fais le diasnostic d’appendicite, et redoutant une septicémie péritonéale dont j'ai appris à me méfier, je décide immédiatement l'opération chirurgicale et en arrivant à lhôpital Necker, où je savais trouver mon collègue M. Routier, je lui demande de vouloir bien se charger de l'opération. Dans la journée nous allons voir la malade. La fièvre montait. I v avait une température de 38°5, le pouls n’était pas de bonne qualité, la fosse iliaque était douloureuse, moins sonore que le reste du ventre, le visage était alléré, la peritonite était menaçante, peut-être même était-elle déjà déclarée, et cependant le début des accidents ne remontait même pas à vingt-quatre heures. L'opération fut faite le soir même, fort heureusement, car la malade était en pleine période diffuse.

CNE

L’appendice était turgide et violacé, mais il ne fut pas enlevé. Je passesur les détails et sur les suites de l'opération. Cette malade âgée de soixante-douze ans a complètement guéri. Un an plus tard la cicatrice devenait douloureuse, une phlyctène se formait, s'ulcérait, et à travers les téguments on put cueillir le gros calcul appendieulaire qui avait tranquillement cheminé à travers les tissus adhérents.

Osservarions VI, VILet VIII

Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie de Paris, 1893. Communication de M. RéGNier, p. 454.

Chez deux malades traités par la simple incision des abces, etsuivis par moi, la guérison persiste depuis deux ans.

L'année derniere j'ai eu l’occasion d'intervenir chez un malade qui présentait au début des accidents de péritonite généralisée. J'ai attendu. Il y a eu localisation des phénomènes au niveau de la région cœcale, et j'ai pu ainsi pratiquer une intervention beaucoup plus sûre.

11 s'agissait d'un homme de trente-cinq ans, tuberculeux, ayant présenté antérieurement une constipation opiniâtre. En juin 1892 il fut pris subitement de douleurs violentes dans la fosse iliaque droite.

Je le vis pour la première fois le 23 juin et je constatai des signes de péritonite généralisée, vomissements, ballonnement du ventre. Pendant dix jours je m'en tins à l’expectation. Les accidents se limitèrent à la fosse iliaque droite,et il se produisit une voussure. Le 3 juillet, j'intervins en faisant une incision parallèle au muscle droit. Il y eutissue de pus mélangé de maüeres intestinales. Trois jours après les matières fécales faisaient issue par la plaie, au bout d’un mois la cicatrisalion était complète. Le malade se porte bien depuis.

ALTSNRTE

OsservarioNs IX, X, XI, XI, XEEE, XIV, XV

Sept cas d’appendicite guérie pas la simple laparotomie iliaque.

Communication au Congrès français de chirurgie par M. Mauxy de Saintes (Revue de chirurgie, 1895.)

Sur sept cas d’appendicite qu’il a eu l’occasion de traiter par la laparotomie, M. Mauny a rencontré trois fois la forme la plus simple, c’est-à-dire Pabcès iliaque, et dans ces trois cas ïl a observé une guérison rapide. Deux fois il a eu affaire à des abces abdominaux multiples plus ou moins éloignés du foyer primitif. Il a fait la laparotomie, à ouvert la collection et pratiqué le lavage et le drainage du péritoine.Ces deux malades ont guéri. Enfin, il est intervenu avec succès pour deux cas extrêmement graves, chez des malades in extremis, en pleine péritonite. L’un deux a conservé à la suite de l'intervention une fistule tercorales qui a persisté neuf moiset a guéri spontanément,

OBsErvArION XIV

Service de M. le professeur LAROYENNE.

BouizciEeR. Thèse de Lyon, novembre 1897.

Hélene M..., trente-cinq ans, ménagère, entre à la clinique le 18 mars 1897.

Antécédents : Fièvre typhoïde il y a sept ans. Consécutivement paralysie du membre supérieur droit, dont il ne reste plus trace. Six accouchements normaux. Une fausse couche.

Il y a six ans, la malade accoucha d’un enfant porteur d'une main bote. Cet enfant vécut vingt jours.

Actuellement la malade est enceinte de trois mois et demi.

Ms putes

Au début de sa grossesse elle a eu des vomissements souvent répétés pendant le premier mois.Ces vomissements avaient disparu lorsqu'il y à deux mois, ils ont de nouveau apparu en même temps que la malade éprouvait de vives douleurs dans la fosse iliaque droite. Depuis seize jours ces douleurs ont revêtu une acuilé plus marquée. Vomissements bilieux fréquents, constipation.

Le lacies de la malade est peu altéré. La langue est saburrale.

Température 39°. Douleur spontanée dans la fosse iliaque droite, et rendue beaucoup plus vive par la pression au point de Mac Burney.

On constate dans la fosse iliaque droite la présence d’une tuméfaction dont les limites exactes sont difficiles à préciser. Le toucher vaginal ne permet pas de se renseigner d'une façon certaine sur le volume et les rapports de cette tumeur.

Jusqu'au 2 avril la température s’est maintenue, le soir,vers 39° et a oscillé le matin vers 38. Les signes locaux persistent

Bon état général.

Intervention. — On intervient le 2 avril.

Incision faite dans la fosse iliaque droite un peu au-dessus de l’arcade de Fallope. Elle mesure 6 centimètres. IL sort environ 100 grammes de pus. L’appendice ne se présente pas, et après lavage on draine avec une meche de gaze. On suture avec du fil d'attente. Le soir, température 38°6.

3 avril. — Température 37°3. La malade va bien. 5 avril. — Hier soir, température 37°7. Le matin 373. 18 avril. — Depuis le 5 avril la température n’a jamais

dépassé 37°. La grossesse a continué normalement son cours et la malade quitte l’hôpital. La plaie n’est pas encore refermée. 25 mai. — La malade va bien. On constate encore un peu d’empâtement dans la fosse iliaque droite. La plaie est presque cicatrisée.

26 mai. — Plus de douleurs abdominales. La malade se plaint d'une grande faiblesse et de douleurs irradiées au bras droit.

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