‹ Résultats éloignés des résections du poignet pour tuberculoseChapitre 16 sur 47 · LUE ARR · texte numérisé non relu

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En 1850, Bonnet, de Lyon, recherchant l'abolition des mouvements du poignet, l’ankylose, coupait net les tendons des radiaux et du cubital postérieur pour pénétrer en plein l'articulation (tout en conservant néanmoins, lui aussi, les tendons des extenseurs).

C’est Maisonneuve qui, le premier, en 1852 alors qu’il était chirurgien à l'Hôpital Cochin, employa l’incision médio-dorsale pour une résection totale : incision tongue de vingt centimètres, sur l’avant-bras et la main -: rejet des tendons des extenseurs d’un côté ou de l’autre de la plaie — mise à nu de l’articulation radio-carpienne, son ouverture au bistouri et résection des extrémités des radius et cubitus — ensuite extirpation des huit os du carne. Les ré: sultats immédiats de cette opération audacieuse furent excellents mais plus tard, il y eût récidive de la maladie.

Simon, chirurgien de l'Hôpital Saint-Thomas, à Londres, usa en 1854 du procédé de Maisonneuve, en y ajoutant une seconde incision, palmaire.

Chassaignac recommanda l’incision unique sur le bord cubital.

En Angleterre, au moment de l’engouement pour les ré. sections dans ce pays, en 1853, Fergusson fit une résection carpienne, et une totale — en 1856 il en fit deux totales — Sianley en 1854 usait d’une méthode barbare, « coupant tous les tendons transversalement » pour néaétrer facilement l'articulation, il les recousait ensuite. Il eût un bon résultat et deux récidives pour trois résections partielles — Butcher en 1855 pratiqua une résection totale suivie de mort, et une résection carpienne avec bon résultat. F coupait aussi tous les tendons, épargrant cependant ceux du. pouce, et son incision était une incision semi-lupaire commençant au côté interne du long extenseur et se

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prolongeant vers le cubitus. — Enfin Erichsen, et Wrest de Birmingham, firent également des résections du poignet à la même époque.

En Allemagne où règnait un même engouemeut, Heufelder en 1857 adoptait un procédé absolument identique à celui décrit par Velpeau en 1838 — Danzel publia en 1862 son procédé dans les « Archives für Klinische chirürgia ». « I fait, nous dit GUICHARD, une incision longitudinale d’environ six centimètres, dont le milieu correspond à l’apophyse styloïde radiale. Il tombe sur les tendons du long supinateur et de l’extenseur du pouce, qu’il écarte, puis il dénude le radius et le divise avec la scie à chaîne. Faisant alors saillir le cubitus en dehors de la plaie, il le dénude et le coupe avec la scie ordinaire. Il enlève ensuite les os du carpe malades. C’est là le point faible de l'opération, d’après Danze! lui-même, car on risque de laisser des parties malades du carpe. Au moment où Danzel désinsère le long supinateur, il décolle, avec le tendon, un petit morceau de périoste ; c’est ainsi qu'OLLIER lui reconnaît le mérite d’avoir ébauché l’idée de « la méthode soys-périostée » — Esmarck, Billroth pratiquèrent aussi la résection du . poignet, vers le même moment.

… C’est alors que LISTER publia ses travaux. Ses beaux résultats, obtenus d'emblée, étonnèrent à côté des insuccès antérieurs dont il comprit de suite des causes : le fait d’abord de laisser dans l'articulation des parties cariées empêchant la guérison — la section des tendons indispensables aux mouvements des doigts — le manque d’aseptie. Il créa alors l’antisepsie. Et, de 1862 à 1865, il pratiqua avec un brillant succès quinze résections du poignet, chiffre formidable à l’époque et pour un même chirurgien — il eût deux morts, dues à la phtisie, un insuccès, deux non-guérisons et dix guérisons. Son procédé fût décrit en 1865 dans « The Lancet » : On excision of the wrist Joint for caries ; supé-

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rieur à ceux de ses contemporains ce procédé comprenait une double incision, incision dorso-radiale et incision latéro-cüubitale combinées de façon à ce que tous les tendons extenseurs et l’abducteur du pouce puissent être éloignés du champ opératoire, laquelle ouvrait largement l’articulation — ; puis LISTER indiquait pour les tendons des radiaux ce que Danzel recommandait pour le long supinateur quand on réséquait en même temps les os de l’avantbras. OLLIER dit plus tard de LiSTER : « S'il avait eu l’idée de conserver la continuité des tendons avec la gaîne péristéo-capsulaire on n'aurait pas eu à modifier beaucoup son procédé... » L'opération terminée, LISTER étendait sur la plaie opératoire un morceau de protective un peu plus grand qu’elle, qu’il recouvrait de gaze imbibée d’une solution phéniquée. Il recouvrait ce pansement profond de gaze plusieurs fois doublée, sur la couche la plus externe de laquelle il mettait un morceau de mackintosh englobant le {out : c'était son « pansement. antiseptique ». La maïn et l'avant-bras étaient immobilisés au moyen d’une « attelle spéciale » : l’avant-bras en pronation et la main en demiextension reposant par sa face palmaire sur l’attelle... un bandage consolidait l'installation. L’extrémité des doigts devait demeurer libre, car Lister attribuait une grosse part de réussite à la mobilisation précoce des doigts. Le pansement ne restait qu’une semaine au maximum.

Pendant ce même temps, de 1862 également à 1864, Vanzetti en Italie pratiquait cinq fois, et avec succès, l’opéation. usant, d’après Verneuil, de la technique de Maisonneuve.

Puis voicilen France l’apparition des quelques défenseurs de la résection

Legouest — Verneuil qui fit la résection carpienne pour tumeur blanche en 1867, et eut une récidive — et surtout Bæœckel et Ollier.

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Bœckel pratiqua sa première résection du poignet en 1862, et suivit à peu près le procédé de Danzel avec cependant une incision plus dorsale (dans l'axe du deuxième métacarpien). Il rencontra les tendons du deuxième radial externe et du long extenseur du pouce; il désinserra le premier, ef divisa le second, mais seulement pour des raisons pathologiques car d’après lui on pouvait facilement le ménager. Il rasa ensuite les os exactement avec le bistouri et la gouge rugine, sans être gêné par les autres tendons. Cette résection pratiquée pour carie, totale exceptée le cubitus, obtint une guérison excellente. Mais quelques temps après, en 1867, Bœckel régularisa son procédé de l’incision radio-dorsale et se rallia au principe de « ia méthode sous-périostée » qu’ OLLIER donnait alors dans son « Trai. té de la Régénération des os » (1867) ; GUICHARD nous dit à ce propos : « Boœckel reconnaît deux défauts à son manuel opératoire de 1862 : 1° l’extirpation du carpe est peu sûre et peu méthodique ; 2° il y a obiigation de dénurder trop haut le radius. Il faut alors : pouvoir extirper tout le carpe —— pouvoir retrancher une lame aussi mince que possible des os de l’avant-bras — ménager ïes tendons.

Son nouveau precédé comprendra alors quatre temps

1° Dégagement des parties molles. Prendre la partie dorsale du deuxième métacarpien. De la base de cet os et dans la direction de son axe, faire une incision qui se termine à deux ou trois centimètres au-dessus de l’extrémité inférieure du radius. Décoller la gaîne du deuxième radial externe et la détacher du pouce ; n’ouvrir sa gaîne qu’au point de jonction des fibres musculaires et tendineuses, ce qui offre peu d’inconvénients. Décoller ce muscle du radius avec la rugine. Dégager de chaque côté la face dorsale du radius.

2° Désarticulation du carpe. Ouvrir l'articulation radiocarpienne. Fléchir fortement la main, en l'inclinant du côté du cubitus pour faire saillir le carpe dans la plaie, et

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dégager suc ses deux faces. On peut couper le crochet unciformien et le laisser. Laisser le trapèze et le pisiforme, si c'est possible. Désarticulation carpo-métacarpienne, avec je bistouri et la gouge.

3° Enucléation du trapèze, avec une forte pince à griffes, et évidement à la gouge du pisiforme si c’est nécessaire. - :

4° Résection des os de l’avant-bras. Faire saillir le radius et le cubitus par la plaie dorsale, et achever leur dégagement jusqu’à la hauteur voulue.

* Ce procédé ne sacrifie que le tendon du deuxième radial externe (ce qui entraînera un reproche d'OLxIER) ; celui du long supinateur est détaché de son insertion, mais reste en communication avec le périoste et les parties molles. Le tendon du long extenseur du pouce est dénudé dans une petite étendue seulement, vers la naisance des fibres mus-

culaires ».

Si nous avons insisté ainsi sur Bœckel et sa technique

c'est que ce chirurgien fût le premier à embrasser, tout-à-

fait, pratiquement les données d'OLLtEr sur le pouvoir du

périoste dans la régénération osseuse : c’est ainsi qu’il eût soin de conserver les relations des principaux tendons avec la gaîne périostique.

Avant de relater la technique vraie d'OLLIER, étudions ‘es résuitats anatomique et fonctionnel obtenus par la résection.

Il. QUEL EST LE RESULTAT ANATOMIQUE OBTENU ?.….

EXAMEN ANATOMIQUE. — Cet examen se faisait surtout autrefois par la simple inspection et par la palpation de l’ar-

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ticulation néoformée; mais c'était beaucoup trop simpliste et les résultats anatomiques obtenus de cette façon demeu-, raient bien imprécis. k

OLLIER adjoignit à cette méthode celle des autopsies qui n'avait pour ainsi dire jamais été pratiquée encore relativement au poignet : il eût l’occasion de faire trois autopsies de ses anciens réséqués, et obtint ainsi des données précises sur le mode de reconstitution de l’articulation du poignet; nous rappellerons ces données

« Nous avons constaté d’abord l'implantation très régulière des muscles qui avaient été détachés (radiaux) et le rétablissement des rapports des tendons de la région dorsale.

Quant au carpe, bien que les os courts, entourés de cartilages et privés de gaîne périostique sur une grande partie de leur surface, soient dans de moins bonnes conditions que les os longs des membres au point de vue de leur reconstitution ultérieure, le périoste ne pouvant reproduire que ce qu’il recouvre normalement, ou peut obtenir par l’ablation sous-périostée des masses osseuses ou ostéo-fibreuses plus petites sans doute que le parties enlevées mais très précieuses pour le maintien de la forme et le rétablissement des fonctions de l’organe.

Cette néo-formation se fait d’une manière irregulière. Les os, qui composent.les deux rangées du carpe, sont rem: placées par une masse ostéo-fibreuse dans laquelle on ne reconnaît pas à la dissection les formes des différents os enlevés. Ce sont des grains osseux disséminés dans une gangue fibreuse assez épaisse et assez résistante pour servir de point d'appui à la main, et assez souple pour permettre à cet organe de se mouvoir sur l’avant-bras. Le degré de cette teconStitution est subordonné, comme dans toutes es resections et extirpations osseuses, à l’âge du sujet et aux conditions anatomiques de la gaîne péristée-capsulaire : de là des degrés dans la solidité et l'utilité des articulations

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nouvelles qu’un traitement post-opératoire bien ordonné devra perfectionner de plus en plus.

Ces masses osseuses ou ostéo-fibreuses restent mobiles sur les radius d’une part et sur les métacarpiens de l’autre, et augmentent par cela même la souplesse de la néarthrose.

Le pisiforme se reproduit très bien, et forme une masse osseuse indépendante qui ressemble plus encore qu’à l’état normal à un os sésamoïde.. »

Cette reconstitution peut cependant présenter quelques variations (subordonnées, nous dit OLLIER, à l’âge du sujet ei à la condition anatomique de la gaîne péristéo-capsu laire) : et ce sont ces variations qui entraînent les différences que l’on trouve, en particulier, dans la forme de la main qui peut être plus ou moins grande, plus ou moins épaisse, etc... sans que cela nuise pourtant à sa solidité.

EXAMEN RADIOGRAPHIQUE, — C’est un moyen de compléter l’examen anatomique, La radiographie fit son apparition vers la fin de la carrière d'OLLIER seulement, et c’est pourquoi il s’en est peu servi : sa collection contient quelques clichés, mais elles sont plus ou moins au point et difficiles à lire.

Mais lorsque nous avons revus, maintenant, les anciens réséqués d'OLLIER, nous avons fait des radiographies dans différentes positions de l'articulation, nous les présenterons avec les observations.

Grâce à elles nous avons eu des renseignements précieux sur la forme anatomique de la néarthose et sur les quelques variations qu’elle peut présenter.

Disons tout de suite que quelque soit le degré d’ankylose obtenu jamais nous n'avons vu au poignet d’ankylose osseuse vraie.

Les extrémités antibrachinaies et métacarpiennes nous ont toujours paru séparées l’une de l’autre mais remarqua-

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