‹ Résultats éloignés du traitement d'attaque novarséno-bismuthique écourté et non consolidé dans la syphilis précoceChapitre 37 sur 40 · C. — Début de la période secondaire · texte numérisé non relu

C. — Début de la période secondaire

1 homme 1 irrég. nég. 4 an nég. aucun 1 femme 1 écourt. nég. 4 ans et nég. aucun 7 mois 4 homme 1 insufi. nég. 22 mois nég. aucun 4 » 1 irrég. nég. 11 mois + + + + aucun 1 régul.

(1) Les traitements insuffisants sont ceux qui ne comportent que quelques injections le 9144 ou de bismuth. Pour fixer les idées nous avons appelé dans ce tableau « série insuffiante d’injections » une série dans laquelle la dose totale de 914 ne dépasse pas 3 grammes. \u-dessus de 3 grammes de 914, nous avons dit « série écourtée ».

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Le tableau 1 comprend les malades qui ont suivi régulièrement une ou deux séries d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques. Il nous montre que :

19 Cinq malades ont suivi deux séries régulières d’injections. Ils n’ont eu aucun accident syphilitique et leurs séro-réactions sont restées négatives après la suspension du traitement, dans les années où ils sont restés sous notre surveillance, c’est-à-dire pendant deux ans (obs. V et VI), vingt-sept mois (obs. I) et trois ans et neuf mois (obs. XIV bis et XIVter).

Ces cinq malades avaient commencé leur traitement, l’un à la période pré-sérologique (obs. [), les deux autres à la période sérologique du chancre (obs. V et VI) et les derniers au début de la période secondaire (obs. XIV bus et XIV ter).

20 Deux malades ont reçu deux séries d’injections suivies régulièrement. La première série fut normale, la seconde fut écourtée. Ces deux malades, comme les précédents, n’ont eu aucun accident syphilitique et leurs séro-réactions sont restées négatives, après la suspension du traitement, pendant le temps où nous avons pu les observer, c’est-à-dire pendant plus de trous ans pour le malade de l'observation IT et pendant près de six ans pour la malade de l'observation XV.

Ces deux malades avaient commencé leur traitement, l’un à la période pré-sérologique (obs. IT), l’autre au début de la période secondaire (obs. XV).

39 Deux malades, soignés à la période sérologique

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du chancre, ont reçu une première série régulière d’in- Jections conjuguées novarséno-bismuthiques qui réduisit leurs séro-réactions ; puis six semaines à deux mois après, ils ont reçu, l’un (obs. VII) une série écourtée d’injections de Sulfarsénol seul, et l’autre (obs. VIÏIT), une série mixte d’injections bismuthomercurtelles.

Ces deux malades ont été observés pendant quatorze mois (obs. VIT) et près de trois ans (obs. VIIT). Ils n’ont eu pendant ce laps de temps aucun accident syphilitique et leurs séro-réactions sont restées négalives.

40 Si nous examinons les résultats observés lorsque les malades n’ont reçu qu’une seule série régulière d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques et ont suspendu ensuite leur traitement, nous voyons que sur onze malades, deux seulement ont eu des séro-réactions qui sont devenues positives sans accidents syphilitiques après deux ans et demi d'observation. L'un de ces malades (obs. XIX) a commencé son traitement au début de la période secondaire. Ses séro-réactions avaient été réduites après le traitement Au moment où elles sont redevenues positives, le liquide céphalo-rachidien était normal. L'autre malade avait commencé son traitement à la période pré-sérologique.

Le ta bleau II comprendles malades qui ont reçu une série écourtée, ou insuffisante, ou une ou deux séries Lucien, Paul Gaïllerand 6

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irrégulières d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques.

Sur dix-huit malades,six ont eu des séro-réactions positives après des temps d’observation variant de un an à quatre ans après la suspension du traitement.

Parmi ces six malades, deux ont eu des accidents secondaires.

Ces traitements écourtés ou irréguliers sont donc insuffisants, comme nous le pensions. Ils peuvent même être dangereux pour l’avenir des malades.

Notons toutefois que les douze autres malades dont certains avaient reçu un traitement insuffisant, ont eu des séro-réactions qui, positives avant le traitement, sont devenues négatives après des doses minimes de 914 et de bismuth et le sont restées de deux à cinq années pendant lesquelles nous avons pu observerles malades.

Ceci nous prouve une fois de plus que tous les syphihitiques ne sont pas égaux devant le traitement.

Nous pouvons maintenant répondre aux questions posées au début de ce travail : peut-on écourter le traitement d’attaque ; peut-on supprimer le traitement de consolidation de la syphilis soignée précocement grâce à une thérapeutique aussi intensive qu’il est possible de la faire, sans exposer les malades à des accidents graves ?

D’après nos observations, le traitement d'attaque écourté s’est montré efficace lorsque les malades ont reçu dans la période primo-secondaire de la syphilis, deux séries régulières d’injections conjuguées novarséno-bismuthiques.

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Est-ce à dire que ce traitement est suffisant à lui seul pour stériliser définitivement une syphilis traitée à son début ?

C’est possible, mais ce fait ne saurait être démontré que par des observations plus nombreuses et suivies pendant plus longtemps.

Il faut d’ailleurs compter avec l'inégalité, déjà signalée, des syphilitiques devant le traitement. Aussi nous croyons nécessaire d'utiliser un traitement de consolidation même après un traitement d'attaque qui a été commencé par deux séries mixtes novarsénobismuthiques.

Mais les documents réunis dans ce travail, tendent à montrer que ce traitement de consolidation ne doit pas nécessairement être aussi prolongé qu’on le fait actuellement.

Notons enfin, que les résultats favorables obtenus après les deux séries mixtes novarséno-bismuthiques initiales ne nécessitent pas des doses de 914 et de bismuth supérieures aux doses maxima usuelles.

Le succès est surbordonné :

19 à l’emploi conjugué des deux médications ;

20 à l’emploi d’une posologie considérée habituellement comme normale ;

30 à la régularité du traitement.

Le traitement mixte conjugué novarséno-bismuthique, institué précocement, constitue donc un traitement intensif, peu nocif, avec lequel il nous paraît possible de réduire la durée totale du traitement actuellement

employé dans une syphilis récente.

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